Site clair (Changer
 
  Critiques  
 
  Livres  
 
  Intervenants  
 
  Prix littéraires  
 
  Adaptations  
    Fiche livre     Connexion adhérent
Le Jeune homme, la mort et le temps

Richard MATHESON

Titre original : Somewhere in Time / Bid Time Return, 1975

Traduction de Ronald BLUNDEN
Illustration de Stéphane DUMONT

DENOËL (Paris, France), coll. Présence du futur n° 230
Dépôt légal : 1er trimestre 1977
336 pages, catégorie / prix : 3
ISBN : néant
Format : 11,0 x 18,0 cm  
Genre : Science-Fiction


Autres éditions
   DENOËL, 1990
   in Légendes de la nuit, 2003
   GALLIMARD, 2000
   in Par-delà la légende, 2014

    Quatrième de couverture    
     A trente-six ans, il n'a plus que quelques mois à vivre. Que peut-il faire face à son désespoir ? Le voici échouant dans un viel hôtel au bord de la mer, où il trouve la photographie d'une jeune femme ravissante, qui fût actrice à la fin du XIXe siècle. Il tombe amoureux du portrait et cherche à découvrir la vie de cette actrice qui, comme lui, ne s'est jamais mariée. Et, peu à peu, cette curiosité passionnée devient un véritable lien, un véritable amour. Mais comment va-t-il pouvoir rejoindre sa bien-aimée ?
     Une superbe histoire d'amour. Un insolite voyage dans le temps qui devient un extraordinaire itinéraire romantique.

    Prix obtenus    
World Fantasy, roman, 1976

    Cité dans les pages thématiques suivantes :     

    Cité dans les Conseils de lecture / Bibliothèque idéale des oeuvres suivantes :    

    Adaptations (cinéma, télévision, BD, théâtre, radio, jeu vidéo, ....)    
Quelque part dans le temps , 1980, Jeannot Szwarc
 
    Critiques    

     Pas une nouvelle brève, mais un gros roman de 330 pages ; pas un sujet-choc, mais l'exploitation minutieuse d'un thème traditionnel à cheval entre la s-f et le fantastique ; pas la moindre trace de morbide, de suspense, d'effets faciles, mais la coulée sereine d'un récit romantique : décidément, pour son retour, Matheson prend le contre-pied de tout ce à quoi son nom et sa célébrité étaient attachés. Courage, ou suprême habileté ? Qu'importe... Cette toute simple histoire d'un homme atteint d'une maladie incurable et qui plonge deux jours dans le passé proche (1896) par la seule force de sa pensée, pour y vivre les débuts d'un impossible amour avec une jeune actrice vue en photo, est une belle réussite, qu'entachent à peine quelques maladresses (il est peu probable que le narrateur ait pu écrire toutes ces pages au cours de ses deux journées au XIXe siècle) et quelques longueurs (notamment l'épisode avec les hommes de main). « Après 1960, Matheson a substitué le métier à l'imagination » (Dorémieux, préface aux Mondes macabres de Richard Matheson) ; « Une page est tournée » (R. Stragliati, in « La grande anthologie du fantastique »). Sans doute, mais Big time return n'incite pas à le regretter.

Jean-Pierre ANDREVON (lui écrire)
Première parution : 1/7/1977 dans Fiction 282
Mise en ligne le : 8/4/2012

 
    Critiques des autres éditions ou de la série    

 
Edition GALLIMARD, Folio SF (2003)


     Atteint d'une incurable tumeur au cerveau, Richard Collier, un scénariste de télévision californien, quitte un beau jour le peu qui le retient encore dans sa vie « d'avant » et part au hasard des routes au volant de sa voiture. Collier va bientôt mourir, il le sait, c'est une affaire de mois, de semaines peut-être. Alors il veut s'offrir un peu de solitude pour méditer sur une vie qu'il voit parsemée d'échecs : il ne s'est jamais épanoui dans son travail, et n'a jamais pu se décider à écrire quoi que ce soit de sérieux. Pire, il n'a jamais rencontré l'amour, le vrai : à trente-six ans, Richard ne s'est jamais marié, et alors que la fin est proche, il souffre plus que jamais de son célibat.

     Dans un hôtel de la côte au faste suranné, Richard tombe en adoration devant la photographie d'une jeune femme. Il s'agit d'Elise McKenna, une célèbre actrice qui séjourna dans cet hôtel durant l'une de ses tournées. Seul problème : c'était en 1896, trois quarts de siècle plus tôt... Mais ce n'est pas suffisant pour faire renoncer Richard. En créant les conditions propices, il pense pouvoir rejoindre Elise par-delà la frontière du temps, car de troublantes coïncidences lui font pressentir qu'il a effectivement vécu une histoire d'amour avec elle, avant même sa propre naissance...

     Eh oui, c'est à bien des points de vue un roman fantastique. Je me remémore avec un sourire la préface qu'Alain Dorémieux écrivit pour l'un de ses remarquables Territoires de l'Inquiétude (anthologies publiées dans les années 90 par la défunte collection Présence du Fantastique chez Denoël), où il stigmatisait l'hypocrisie — le terme est de lui — des éditeurs de SF qui faisaient alors pudiquement passer des romans fantastiques pour de la science-fiction, parce que cela faisait plus sérieux. Et d'illustrer son propos par l'exemple du Jeune homme, la mort et le temps (paru initialement en Présence du Futur), l'un des romans les plus appréciés de Richard Matheson (lauréat du World Fantasy Award), auteur trans-genres s'il en est.

     On retrouve dans ce récit l'extrême souci de la forme que Matheson manifeste dans ses nouvelles (rappelons qu'en 1975, il a la quasi-totalité de sa production de nouvelliste derrière lui). Le Jeune homme, la mort et le temps se présente classiquement comme le manuscrit de Richard Collier, publié à titre posthume par son frère. Le texte commence à la façon d'un simple journal de bord, où le narrateur relate dans un style concis et sec les stricts événements de son voyage. C'est au moment de sa rencontre virtuelle avec Elise (par le biais de son portrait) que le récit s'emballe, au rythme des émotions du narrateur, pour se rapprocher par moments du roman d'amour victorien dans ce qu'il a de plus typique, tout en baignant dans une atmosphère troublante, où le fantasme se superpose à la réalité, puis se substitue à elle : le narrateur entraîne alors le lecteur dans une espèce de transe que le moindre accident risque d'interrompre brutalement à tout instant. Un rêve dont on ne veut surtout pas se réveiller.

     Richard — le narrateur — emprunte-t-il plus que son prénom à Richard — l'auteur ? Si le Richard de la fiction est plus jeune que son créateur, ils partagent en tous cas la même profession (même si à la différence de son personnage, Matheson a mené une importante carrière littéraire en plus de ses activités scénaristiques)...

     Les commentaires et les annotations du frère du narrateur n'ont de cesse de persuader le lecteur que l'ensemble du récit qu'il est a sous les yeux n'est que la conséquence des hallucinations psychotiques provoquées par la maladie de Richard. La fleur bleue qui croît secrètement en chacun de nous ne saurait se satisfaire de telles explications ! Car ce roman est l'une des plus belles histoires d'amour de la littérature de genre, et même de la littérature tout court, au point qu'une anthologie récente reprend la première scène entre Elise et Richard comme exemple de rencontre amoureuse. Si l'on voulait situer ce roman par rapport à une autre œuvre de SF, ce serait le pendant tragique d'Une porte sur l'été (de Robert Heinlein), ce qui n'est assurément pas une mince référence. Si le destin du narrateur est scellé dès les premières pages, je ne peux cependant m'empêcher de penser qu'il est dommage d'avoir insisté sur l'idée de mort dans la traduction du titre, car tout le roman me semble être avant tout une magnifique leçon d'optimisme, un hymne à la vie, même. Et une nouvelle preuve que les histoires d'amour qui finissent mal sont souvent les plus belles...

Julien RAYMOND (lui écrire)
Première parution : 14/10/2003
nooSFere




 
retour en haut de page
Dans la nooSFere : 64078 livres, 61636 photos de couvertures, 58722 quatrièmes.
8048 critiques, 35115 intervenant·e·s, 1340 photographies, 3682 Adaptations.
 
Vie privée et cookies/RGPD
A propos de l'association. Nous écrire.
NooSFere est une encyclopédie et une base de données bibliographique.
Nous ne sommes ni libraire ni éditeur, nous ne vendons pas de livres. Trouver une librairie !
© nooSFere, 1999-2019. Tous droits réservés.