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Le Temps du voyage

Roland C. WAGNER



Illustration de Philippe CAZA

L'ATALANTE (Nantes, France), coll. La Dentelle du Cygne n° (115)
Dépôt légal : février 2005
384 pages, catégorie / prix : 5
ISBN : 2-84172-296-1   
Genre : Science-Fiction



    Quatrième de couverture    
     Ab Skhy, agent des « porteurs-de-qualité », l'autorité du système solaire, débarque sur Sanfran, à cinquante années de voyage de la Terre. Sa mission : enquêter sur les « Charlatans », une mystérieuse organisation, peut-être une espèce extraterrestre, dont l'apparition s'accompagne de progrès technologiques parmi les mondes colonisés sous influence terrienne.
     Le voyage commence qui conduira Ab Skhy de monde en monde, parmi des communautés disparates aux mœurs étranges ou trop familières, accompagné d'un télépathe immortel, d'un loup de mer et d'une aventurière « klepte ».
     Cependant Cheval Fou, le cerveau animal enchâssé dans l'astronef qui relie Safran à la Terre, reçoit d'un congénère un message d'alerte : « Les porteurs-de-qualité ont décidé de se débarrasser de nous. »
     Insolite, émouvant, Le temps du voyage est un space opéra picaresque dans la veine de Jack Vance à qui il rend hommage.
 
    Critiques    
     La Terre, surpeuplée, s'est tournée vers la colonisation d'autres planètes par le biais de voyages « aller simple » en hibernation cryogénique qui s'étalent sur plusieurs siècles — d'où l'émergence de colonies humaines qui, petit à petit, se détachent de la planète-mère pour devenir complètement étrangères car trop éloignées de l'influence terrestre... Bien sûr, la Terre essaye de venir en aide à ses colonies, mais plus la planète est distante, plus elle est « oubliée », livrée à elle-même, notamment du point de vue des ressources scientifiques et technologiques. Les voyages interstellaires sont tellement lents que seules des IA à base de cerveaux d'animaux sont capables de les effectuer d'un bout à l'autre en toute conscience. Cheval Fou est une de ces IA, pilote enchâssé dans l'astronef Crome Syrcus. Outre le ravitaillement pour une de ses lointaines planètes, située à plus de cinquante années-lumière de la Terre, Cheval Fou transporte dans ses flans Ab Skhy, agent des « Porteurs de qualité », l'autorité qui gère le système solaire et ses colonies. Une autorité assez inquiète pour envoyer un de ses agents sur le terrain. Car Ab Skhy doit enquêter sur une nouvelle alarmante : la sphère d'influence terrestre est petit à petit grignotée par une organisation mystérieuse, les « Charlatans », possiblement une race extraterrestre, qui marque sa présence par un bond technologique important sur des planètes pour certaines à peine sorties de l'âge médiéval. Les Charlatans sont-ils hostiles à l'espèce humaine ? L'invasion ou pire, l'extinction, guettent-elles le système solaire ? Sautant de monde en monde à la poursuite de cette entité insaisissable au cours d'un voyage fabuleux, Ab Skhy va découvrir les réponses à toutes ces questions, et bien davantage encore...

     Inutile de revenir sur la carrière de Roland C. Wagner. Vieux routard de la S-F française, c'est en professionnel chevronné de l'écriture qu'il nous livre ici un roman qui remplit haut la main la charte du space opera. Oui, certes, tous les tropes sont respectés : technologie, nombre de planètes visitées, diversités des races extraterrestres rencontrées, voyages dans l'espace, bagarres et poursuites, rebondissements et coups fourrés. Même l'équipe dont s'entoure le héros respecte les quotas homme/femme, humain/extraterrestre, couleur de peau. Tout est carré, net, sans bavure. C'est bien là le problème. Car à vouloir à tout prix faire un space op' techniquement parfait, Wagner en oublie quelque peu le côté émotionnel. Si on gratte la surface des mots, on s'aperçoit qu'il n'y a pas grand-chose en dessous, rien qui retienne l'attention, rien qui suscite véritablement un intérêt plus que poli. Une enfilade de phrases certes non dépourvues de sens, mais dégagées de tout pathos, de tout ce qui pourrait éveiller un écho dans le cœur du lecteur, qui pourrait le faire vibrer, lui donner envie de s'investir, de se projeter dans les personnages ou l'action. Sans grande saveur, inodore et incolore, Le Temps du voyage s'oublie aussi vite qu'il se lit — ce qui ne signifie pas qu'il ne se lise pas avec plaisir. On en vient à regretter l'innocence délicate et enthousiaste d'un Tem, ou la fougue et le cynisme de La Saison de la sorcière. Pour la détente et rien de plus, donc, et c'est un peu dommage...

Sandrine GRENIER
Première parution : 1/7/2005 dans Bifrost 39
Mise en ligne le : 14/8/2006


     Depuis des millénaires, la Terre a lentement colonisé les systèmes stellaires de son environnement immédiat. Mais avec des vaisseaux qui n'atteignent que le quart de la vitesse de la lumière, le seul contact qu'entretient la planète-mère avec ses rejetons est l'envoi de ravitaillement technologique deux ou trois fois par siècle...

     Tout commence avec Ab Skhy, agent secret de la Terre dissimulé dans la cargaison qu'apporte sur Sanfran Cheval Fou, vaisseau qui tient son nom de l'origine animale de son cerveau enchâssé. Sa mission : percer le mystère de l'origine des Charlatans, qui, venus d'on ne sait où, répandent leur verroterie high tech. Très vite il rencontre Sly, humain présent depuis la colonisation et rendu immortel par des formes de vie locales, puis se trouve entraîné dans un périple interplanétaire hautement imprévu. En compagnie d'un disparate groupe d'amis qui s'agglutinent autour de lui au gré de l'intrigue.

     On retrouve dans ce livre le Roland Wagner auteur de space opera, celui qu'on connaissait déjà via Le Chant du Cosmos (chez le même éditeur) ou Aventuriers des Étoiles (chez Mnémos, réédition complétée d'un roman paru au Fleuve Noir). Avec le même goût pour l'humour, et pour des planètes bucoliques mais civilisées, parées de couleurs plus que de violence. Si elle répugne à Ab Skhy, la violence n'est pas éludée ; un passage fort du roman est celui où, arraché à un paresseux périple d'auberge en auberge au rythme des caravanes, il est enrôlé de force dans une guerre de tranchées. Si le space opera, au-delà du postulat technophile du voyage interstellaire, se complaît souvent dans la description de civilisations primitives, Wagner entreprend ici de montrer comme primitif le XXe siècle (vu de l'an 4000).

     Encore assez peu fréquent pour être notable, ce n'est toutefois pas nouveau. Iain M. Banks, en particulier, a souvent parsemé son cycle de La Culture de planètes (étrangères à la Culture elle-même) qui présentent un niveau de développement, économique et moral, lamentablement comparable au nôtre. On relèvera dans Le Temps du voyage plusieurs autres parallèles avec Banks : le récit conté du point de vue de la société technologiquement et moralement inférieure ; les instructions cachées dans le cerveau d'un protagoniste ; la tension entre voyage plus lent que la lumière et portes dans l'espace (ce dernier commentaire s'appliquant au plus récent des romans de Iain M. Banks, The Algebraist, dont il est à peu près certain que Roland Wagner n'a pas eu connaissance — nous parlons ici de Zeitgeist plutôt que d'influence).

     Wagner a pour lui une langue qui fait flirter poésie et gouaille, une ambiance éminemment sympathique, le recours à des sources onomastiques hétéroclites (comme le rock garage turc — authentique) ; et réciproquement un certain défaut d'originalité et de cruauté. Ou de profondeur d'Ab Skhy. On en tiendra pour responsables les manipulations subies avant son départ de la Terre, et le retour vers celle-là n'étant pas accompli en fin de volume, on flairera la suite. Attendue avec impatience.

Pascal J. THOMAS (lui écrire)
Première parution : 1/6/2005 dans Galaxies 37
Mise en ligne le : 22/1/2009


 
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