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100 mots pour voyager en Science-Fiction

François ROUILLER

Science Fiction  - Illustration de François ROUILLER
LES EMPÊCHEURS DE PENSER EN ROND, dépôt légal : juin 2006
546 pages, catégorie / prix : 18 €, ISBN : 2-84671-115-1
Couverture

    Quatrième de couverture    
     La science-fiction est à l'étroit sur son rayon. Impossible de ramener son imaginaire à quelques stéréotypes, entre l'obus de Jules Verne et les effets spéciaux de Star Wars. La culture « SF » gagne aujourd'hui le cinéma, la bande dessinée, les jeux vidéo, la musique, la publicité, l'art, le vocabulaire, les croyances. Pour explorer cette galaxie en expansion, voici, plutôt qu'un inventaire promis à rapide péremption, une invitation au voyage. Un voyage hors des pistes convenues, entre quotidien et futur, planètes exotiques et idées fécondes.

     François Rouiller est critique et illustrateur de science-fiction.


    Prix obtenus    

    Listes de références proposées par cet ouvrage :    
Conseils de lecture / Bibliothèque idéale
100 mots pour voyager en science-fiction
 
    Critiques    
     La science-fiction est partout. Elle n'est plus uniquement cette distraction issue des pulps magazines qui colportaient un sense of wonder aventureux auquel ses détracteurs la réduisent souvent encore pour mieux la vouer aux gémonies. Elle colonise notre quotidien par le biais de la littérature, de la bande dessinée, de la musique, de l'art, de la publicité, du grand et petit écran, des jeux vidéo... Elle est loisir, mode d'expression, manifestation de la modernité et des craintes que cette modernité suscite, support de spéculations scientifiques et philosophiques, sujet d'étude, argument de secte... La liste est longue et loin d'être achevée. C'est du moins le point de vue que défend François Rouiller, à qui l'on doit par ailleurs un excellent essai sur la drogue dans la science-fiction (Stups & fiction, Encrage 2002) et un ouvrage d'illustrations humoristiques (Après-demain, cent vues imprenables sur le futur, l'Atalante 2002).

     Dans ce nouvel ouvrage, aussi indispensable aux profanes qu'aux connaisseurs, l'illustrateur/critique/auteur helvète démontre de manière fort convaincante et amusante que la science-fiction est finalement un vaste espace de liberté et de créativité. Ainsi, sur une trame imposée de 100 mots (de « ADN » à « Zut »), nous offre-t-il un panorama subjectif sans être gratuit, cultivé sans être exhaustif, méthodique sans être trop rigide pour illustrer cette démonstration. Les amateurs d'encyclopédies et de dictionnaires en seront pour leurs frais et se consoleront avec les seules concessions faites à la forme classique de l'exercice : les entrées Concentré, Guides et Frontières qui proposent pour la première, une micro bibliothèque idéale de 56 titres, pour la deuxième une liste d'ouvrages de référence en français et en anglais, accompagnée d'un bref recensement des sites consultables sur Internet, et, pour la troisième, quelques éléments pour mieux cerner les champs respectifs de la S-F, du fantastique, du merveilleux/fantasy et du surréalisme. Ils se réjouiront aussi de savoir que l'ouvrage est doté d'un avant-propos, d'une conclusion, de notes et d'un index, l'ensemble ne manquant pas de pertinence. Certains esprits chagrins pointeront sans doute des manques inhérents à leurs marottes, ou déploreront l'absence de leur auteur fétiche. Tous les autres se régaleront de l'aperçu sur cette « culture S-F » et des réflexions personnelles proposées en toute liberté par un auteur à l'érudition partageuse.

     Signalons enfin que l'ouvrage de François Rouiller recèle quelques perles savoureuses. Ruez-vous notamment sur l'article rédigé sous l'entrée Rumeur et, pour le plaisir, goûtez cette allusion — pêchée dans l'article Amateur — à la très sérieuse ( ?) analyse psychanalytique d'Alexandre Hougron (Science-fiction et société, collection « Sociologie d'aujourd'hui », PUF, 2000) qui épingle les lecteurs de science-fiction « comme de jeunes hommes, tous relativement immatures, et, pour certains, peu doués et mal à l'aise dans toute forme de communication », et le même d'ajouter : « ils sont la preuve vivante que la fascination croît de manière proportionnelle avec le refoulement. » Si si.

     Bref, si vous êtes définitivement allergique aux ouvrages théoriques à la formulation académique, si vous dédaignez les guides de lecture routiniers, les dictionnaires et les encyclopédies raisonnés trop raisonnables, le livre de François Rouiller propose une alternative décomplexée, amusante et non dépourvue de rigueur afin de découvrir ou de redécouvrir la science-fiction. Un livre dont l'objectif avoué est de donner envie, ce qu'il réussit pleinement.

Laurent LELEU
Première parution : 1/10/2006
dans Bifrost 44
Mise en ligne le : 21/6/2008


     Invitation au voyage

     S'il existe un livre à mettre entre toutes les mains, c'est bien celui-ci. Ce qui n'est ni « une encyclopédie, ni un glossaire ni un catalogue chronologique » se pose d'emblée comme un des meilleurs ouvrages critiques consacrés à l'univers de la science-fiction.

     Déjà auteur d'une imposante étude sur les drogues et les toxicomanies dans la science-fiction (Stups & Fiction, Encrage, 2002), le pharmacien de Saint-Légier poursuit l'exploration de sa littérature favorite. A sa façon.

     S'inspirant du Dictionnaire encyclopédique de Voltaire, 100 mots pour voyager en science-fiction est construit autour de mots-clés. Mais point d'entrée sous « robots » ou « Verne » ou « voyages dans le temps », ce qui semblerait logique. « Les découpages thématiques ou nominatifs, lot de tout dictionnaire raisonné de la science-fiction, ont certes le mérite de bien cerner leur objet. Mais ils prêchent les convaincus et rebutent les profanes. » Fort de ce constat, François Rouiller étonne par des entrées inattendues telles que « Presse-citron », « Trop », « Pire », « Vapeur », « Zut ».

     Chaque article est construit de la même manière. D'abord, une mise en bouche générale. Puis, l'analyse détaillée d'une œuvre forte de la SF (récit, film, BD, musique, jouet, arts plastiques, etc.). Enfin, une conclusion qui ramène à l'universel. Le tout donne un modèle d'érudition, sans avoir l'air d'y toucher. S'instruire en s'amusant, qu'y a t il de plus agréable ?

     Le titre ne ment pas. C'est bien d'un voyage qu'il s'agit. Quelle somme de références citées, dans tous les domaines : littérature, cinéma, jeux vidéo, peinture, illustration. Néophytes, laissez tomber les encyclopédies indigestes ! 100 mots pour voyager en science-fiction vous apportera la connaissance nécessaire et vous posera de vraies questions, à l'exemple de celle-ci, issue de l'article « Prothèse » : « Combien de parties de nous-mêmes peut-on remplacer par des artefacts sans morceler notre âme ? ».

     Avec ce livre, François Rouiller se montre une fois encore un des meilleurs vulgarisateurs des littératures de l'imaginaire.

Jean-François THOMAS (lui écrire)
Première parution : 7/11/2006
24 heures
Mise en ligne le : 19/12/2008


     Ce n'est pas un dictionnaire que nous offre Rouiller. Ni un guide. Mais une suite de cent courts articles, de deux pages (« sables », « testament », ou « trop »), à dix (« pire » et « prophétie »), aux titres parfois évidents (« amateur », « cycle » ou « espace ») mais le plus souvent improbables. Quelques articles traitent de la SF en général, de sa définition par Versins (« trois ») à la psychopathologie du fan imaginée par un sociologue au propos controuvé (« collection ») via les récupérations par quelques gourous (« sectes ») ou l'histoire des pulps (« enfance »). Mais la plupart du temps, chacun traite d'une œuvre, rarement plus. Avec une sélection très clairement subjective. Côté romans, on trouve Dune (« tout »), La Guerre des Mondes (« témoins »), les Yeux géants de Michel Jeury (« dissolution »), La Parabole du semeur et celle des talents d'Octavia E Butler (« religion »), Camp de concentration de Thomas Disch (« épidémie »), Transparences d'Ayerdhal (« allégories »), Forteresse de Georges Panchard (« horlogerie »), Le Monde vert de Brian Aldiss rapproché de la Chronique du pays des mères d'Elisabeth Vonarburg (« possible ») ou Un autre monde de J.H. Rosny aîné (« invisible »). Plus Simak, Brussolo, Eschbach, Bear ou Lem. Et pour compléter ce bel éclectisme, Bienvenue à Gattaca (« ADN »), La Planète des Singes (« conte ») ou un Wallace et Gromit (« drôle »), Les Gardiens (« super ») et une BD urugayenne (« sauvage »), le « presse-citron » du designer Philippe Starck, un clip de Björk aux côtés de THX 1138 et de 2001 (« blanc »), des disques de Dave Greenslade (« Pentateuque ») ou d'Hubert Félix Thiéfaine (« poésie »), un lot de jeux vidéo (« jeu »), des dessins de Garry Larson (« malheur ») et des tableaux de Roland Cat (« ruines »), etc. Des nouvelles aussi, d'Andrevon (« ruines » de nouveau) à Raphaël Aloysius Lafferty (« drôle »). Et Totalement inhumaine de Jean-Michel Truong, (« essai »). Et tout Alejandro Jodorowsky («  enchanteur »). Et des légendes urbaines (« rumeur »). On n'en finirait pas d'énumérer : l'index occupe d'ailleurs vingt-trois pages.

     Certes, ce n'est pas un ouvrage exhaustif. Mais cette constatation ne saurait comporter ni reproches ni regrets. Parce que c'est fin, précis, à la fois plein d'empathie et fort distancié. Que ça réveille des souvenirs. Que ça fait relire d'un autre œil ce que l'on croyait connaître, et découvrir nombre de choses. Que c'est si intelligent dans sa limpidité qu'on a l'impression de l'être soi-même un peu plus au moment de refermer le volume après une lecture forcenée ou un picorage aléatoire. D'autres fourniront une somme factuelle. Ce qu'on a là est peut-être moins immédiatement utile. Mais absolument passionnant.

Éric VIAL (lui écrire)
Première parution : 1/6/2006
dans Galaxies 40
Mise en ligne le : 16/2/2009


 
Base mise à jour le 17 juillet 2017.
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