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Qushmarrah

Glen COOK

Titre original : The Tower of Fear, 1990

Traduction de Frank REICHERT
Illustration de Didier GRAFFET

L'ATALANTE (Nantes, France), coll. La Dentelle du Cygne n° (159)
Dépôt légal : janvier 2007
448 pages, catégorie / prix : 20 €
ISBN : 978-2-84172-357-7   
Genre : Fantasy



    Quatrième de couverture    
     Qushmarrah, cité fière et florissante, conquise par trahison, occupée depuis six ans par les Hérodiens. Qushmarrah, cité résistante, hantée par le retour possible de son maître assassiné, le prêtre-sorcier Nakar. Une ville aux nerfs portés à vif par les enlèvements récurrents d'enfants de six ans. Une ville en attente de la déflagration qui ne manquera pas de se produire.
     Dans un univers qui n'est pas celui de la Compagnie noire, non plus celui où Hérod serait Rome et Qushmarrah Carthage, à l'issue d'une guerre Punique, Glen Cook prend un malin plaisir à brouiller les pistes, inverser les rôles et redistribuer les alliances. Guerriers du désert, cohortes de soldatesque et leurs généraux, tueurs fous, kidnappeurs, sorcières et résistants s'affrontent, se trahissent et s'entre-tuent dans un récit échevelé à la manière incisive d'un grand styliste de la fantasy.
 
    Critiques    

     Comme le résume très bien le quatrième de couverture : « dans un univers qui n’est pas celui de la Compagnie noire, non plus celui où Hérod serait Rome et Qushmarrah Carthage, à l’issue d’une guerre punique, Glen Cook prend un malin plaisir à brouiller les pistes, inverser les rôles et redistribuer les alliances ». 


     Il y a six ans, la mort du sorcier Nakar l'Abominable, maître de Qushmarrah, permettait aux armées hérodiennes d'occuper la ville. Une victoire obtenue grâce à la trahison des Dartars, anciens alliés des qushmarrhiens devenus auxiliaires de l'armée d'occupation. Sous des dehors de triomphe, l'alliance des deux vainqueurs est cependant fragilisée par la défiance qui règne entre eux. Le tableau se complexifie encore avec les « Vivants », ces résistants cherchant à chasser les envahisseurs ; avec la Sorcière qui essaye de ressusciter son mari Nakar et renvoyer ainsi les occupants chez eux ; ou encore avec Azel, tueur professionnel sous les ordres d’on ne sait qui. Au milieu de tout ça, les habitants de la cité tentent de survivre sans s'occuper de qui les dirige. Dans ce climat très lourd et propice à une explosion, de mystérieux rapts d'enfants ont lieu...

     Glen Cook, surtout connu pour son cycle « La Compagnie noire » et pour sa série de polar humoristique à la sauce fantasy « Garrett, détective privé », nous montre cette fois encore tout son talent pour créer une atmosphère singulière et envoûtante. Qushmarrah est une cité complexe pleine de factions prêtes à se sauter à la gorge, une vraie bombe à retardement où le lecteur assiste à la montée en pression. La plume de l'auteur renforce cette impression puisqu'il conçoit une authentique ville vivante avec son passé pesant, son présent complexe et son futur incertain. De plus, la prolifération de protagonistes, de seconds rôles, engendre un climat de complots, d’intrigues et de non-dits très efficace. Grâce à tous ces ingrédients, on s'immerge totalement dans cette atmosphère conflictuelle.

     L'autre intérêt de l'ouvrage réside dans son anti-manichéisme. En effet, il est souvent reproché à la fantasy d'être une littérature simpliste, opposant deux camps : les gentils contre les méchants. Or si Glen Cook avait déjà prouvé qu'il ne suivait pas cette idée avec la Compagnie noire, il récidive ici. L'auteur ne centre pas le récit sur la famille d’Arif (un des enfants kidnappés) mais on suit aussi son kidnappeur, les commanditaires du rapt et toutes les autres factions en présence. Ainsi les « méchants » ne sont pas simplement « méchants » mais ils ont aussi leur vie propre avec ce qu’elle comporte d’hésitations, d’espoirs et de frustrations. Du coup, certains actes que l’on peut penser ignobles paraissent presque justifiés par la situation.

     Seule ombre au tableau : le caractère des personnages. En effet, si l'écrivain arrive à singulariser le grand nombre de héros grâce à une approche originale (on change de protagonistes à chaque paragraphe), il ne réussit pas à tous les rendre plausibles pour autant puisque certains demeurent trop caricaturaux. Ce défaut, même s'il est mineur, nuit au réalisme de l'œuvre.

     En conclusion, Qushmarrah conte l’histoire de l'occupation d'une ville, d’une révolte. Un cocktail explosif, où personne ne sait ce qui va se passer quelques pages plus loin. Une ambiance très particulière pour un résultat réussi.


Gaëtan DRIESSEN
Première parution : 4/5/2009 nooSFere


 
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