Site clair (Changer
 
  Critiques  
 
  Livres  
 
  Intervenants  
 
  Prix littéraires  
 
  Adaptations  
    Fiche livre     Connexion adhérent
Sculpteurs de ciel

Alexander JABLOKOV

Titre original : Carve the sky, 1991

Cycle : Sculpteurs de ciel (omnibus)

Traduction de Bernard SIGAUD

GALLIMARD (Paris, France), coll. Folio SF n° 291
Dépôt légal : septembre 2007
480 pages, catégorie / prix : F9
ISBN : 978-2-07-034406-2   
Genre : Science-Fiction

Couverture : Art Montes De Oca / Getty Images.



    Quatrième de couverture    
     Lord Monboddo et son sénéchal Anton Lindgren mettent la main, par hasard, sur une statuette du Christ qui semble être l'œuvre du génial Karl Ozaki, mort il y a vingt ans.
     C'est le début d'une folle course-poursuite à travers tout le système solaire, à la recherche de la masse de ngomite d'où ont été extraits les quelques morceaux incrustés dans la statuette. Mais ils ne sont pas les seuls à vouloir la récupérer : ce minéral rarissime aurait été synthétisé par une race extraterrestre maintenant disparue et il attise les convoitises des différentes colonies humaines du système qui voient là l'occasion de prendre un avantage certain sur leurs rivaux.
     Trahison, meurtre, réflexion sur l'art, menace à l'échelle du système solaire... Sculpteurs de ciel est un space opera qui a su fusionner l'aventure débridée et une ambition esthétique rare.

     Né aux États-Unis en 1956, Alexander Jablokov a publié une trentaine de textes courts et cinq romans dont deux ont été traduits en français : Le projet Nimbus et, surtout, Sculpteurs de ciel qui, au début des années 1990, contribua au renouveau du space opera.
 
    Critiques    
     Premier roman d'Alexander Jablokov, si l'on fait abstraction de la parution de A Deeper Sea dans Asimov's SF Magazine, Sculpteurs de ciel est un ouvrage qui intrigue autant qu'il suscite l'agacement. Assertion contradictoire, me direz-vous, pourtant tel est bien l'état d'esprit, brut de décoffrage, qui prévaut une fois la dernière page tournée. Et puis progressivement, le sentiment jusqu'alors sous-jacent d'avoir lu un roman plus profond qu'il n'y paraît s'impose. Pas facile en fin de compte de chroniquer Sculpteurs de ciel, aussi va-t-on débuter en donnant un aperçu de l'histoire. Nous sommes au vingt-quatrième siècle. Grâce à la découverte de la ngnomite — une matière synthétique très rare et coûteuse, créée par une espèce extraterrestre disparue — , l'humanité a conquis les étoiles et s'est installée sur quelques mondes du système solaire. Cependant, une guerre froide a distendu, pour des raisons sur lesquelles l'auteur ne s'appesantit pas, les rapports entre la Terre, ses partenaires de la Lune et de Mars, et l'alliance technique formée essentiellement par les colonies des satellites joviens. Afin d'éviter un éventuel réchauffement fatal, les deux blocs ont donc convenus d'une zone tampon entre eux, logiquement située dans la ceinture d'astéroïdes qui sépare les planètes intérieures de leurs voisines géantes. La cohabitation demeure pourtant délicate et ce qui semblait impossible jusque-là, la guerre, devient de plus en plus pensable à mesure que les incidents se multiplient.

     C'est dans ce contexte qu'échoit entre les mains de Lord Monboddo, célèbre collectionneur d'art, et de son sénéchal Anton Lindgren, une curieuse statuette représentant le Christ. L'objet leur pose rapidement deux problèmes : des éclats de ngnomite appartenant à un morceau de taille beaucoup plus conséquente sont intégrés à l'œuvre et celle-ci porte la marque indéniable de l'artiste Karl Ozaki ; impossibilité notoire puisque celui-ci est mort dans un accident quelques années auparavant. A qui profite l'apocryphe ? Pour les deux hommes, il ne fait rapidement aucun doute : pour mettre la main sur le filon de ngnomite, il faut retrouver l'artiste, quel qu'il soit. Evidemment, les obstacles ne vont pas manquer de se dresser pendant leur périple entre la Terre et la ceinture d'astéroïdes, des tours modernes de Boston à un colossal jardin minéral à la japonaise sur fond étoilé.

     On l'aura compris à la lecture de ce bref résumé, Sculpteurs de ciel s'offre donc au lecteur sous la forme d'une enquête très balisée qui s'inscrit dans un univers de space opera de la plus belle eau. Il est cependant utile de préciser que cette investigation est narrée sur un rythme franchement nonchalant — on est loin de l'aventure débridée annoncée par la quatrième de couverture — qui s'abandonne, à l'occasion pour notre plus grand plaisir, sur quelques flamboyances mémorables, et laisse dans l'ombre de nombreux aspects du contexte. Rien de neuf sous le soleil, est-on tenté d'affirmer pendant un instant. Pourtant, cette apparence s'avère un leurre qui masque un enjeu autrement plus essentiel et une réflexion profonde sur la création artistique et le rôle de l'art. Ainsi l'enquête finit-elle par relever davantage de la quête mystique et également esthétique, au sens philosophique du terme. Là se trouve le cœur de ce roman ; un joyau brut qu'il convient de libérer de ses scories sans oublier que « les images sacrées peuvent aider l'esprit à se concentrer, mais elles peuvent aussi le tromper. Le danger est toujours là, mais nous flirtons avec le danger ».

Laurent LELEU
Première parution : 1/1/2008 dans Bifrost 49
Mise en ligne le : 27/1/2009


 

Dans la nooSFere : 62668 livres, 58986 photos de couvertures, 57158 quatrièmes.
7958 critiques, 34395 intervenant·e·s, 1334 photographies, 3656 Adaptations.
 
Vie privée et cookies/RGPD
A propos de l'association. Nous écrire.
NooSFere est une encyclopédie et une base de données bibliographique.
Nous ne sommes ni libraire ni éditeur, nous ne vendons pas de livres. Trouver une librairie !
© nooSFere, 1999-2018. Tous droits réservés.