Site clair (Changer
 
  Critiques  
 
  Livres  
 
  Intervenants  
 
  Prix littéraires  
 
  Adaptations  
    Fiche livre     Connexion adhérent
Espace

Stephen BAXTER

Titre original : Manifold: Space, 2001

Cycle : Les Univers multiples  vol.

Traduction de Sylvie DENIS & Roland C. WAGNER
Illustration de Alain BRION

FLEUVE NOIR / FLEUVE Éditions, coll. Rendez-vous ailleurs n° (49)
Dépôt légal : novembre 2007
564 pages, catégorie / prix : 22 €
ISBN : 978-2-265-08562-6   
Genre : Science Fiction 



    Quatrième de couverture    
     Grâce aux recherches de l'ancien astronaute Reid Malenfant, certains pays ont poursuivi leur projet d'expansion dans la galaxie, à partir d'une base lunaire. Nemoto, une scientifique japonaise, vient de découvrir une activité extraterrestre non loin de la Terre. Les « Gaijin  », comme elle les a baptisés, sont des machines auto-réplicantes. Grâce à ces créatures énigmatiques, un petit groupe d'humains va découvrir le voyage dans le temps et l'espace à l'aide de portails temporels disposés à travers le système solaire.
     Mais pourquoi ces extraterrestres sont-ils si soudainement apparus  ? Y aurait-il d'autres civilisations  ? Ce premier contact est-il une menace  ? Ou une clé pour l'avenir de l'humanité  ?
     Reid Malenfant reprend du scaphandre après ses aventures dans Temps, et remonte aux origines de notre univers.

     Stephen Baxter est né à Liverpool en 1957. Ingénieur et mathématicien, il a été enseignant avant de se consacrer pleinement à l'écriture en 1995. Auteur d'une quinzaine de romans, il est l'un des plus grands écrivains de SF aujourd'hui. Mêlant space opera, hard science, aéronautique ou encore histoire, il a raflé des dizaines de prix dont le British SF, le John W. Campbell et le Philip K. Dick Award pour Les Vaisseaux du temps. Il est également un nouvelliste accompli, avec plus d'une centaine de textes, dont beaucoup ont aussi été récompensés.
 
    Critiques    
     Il n'est pas nécessaire d'avoir lu le premier (et excellent — cf. critique in Bifrost n°46) volume pour apprécier celui-ci. Ceux qui l'auront lu risquent même d'être déstabilisés en pensant lire la suite chronologique de ce premier opus. Or, on y retrouve Reid Malenfant alors qu'il rêve encore à l'espace ; il est toujours ce promoteur du retraitement de minerai des astéroïdes.

     Cette fois, l'intrigue s'articule autour d'une autre réponse apportée au paradoxe de Fermi : si la vie intelligente est un phénomène susceptible d'apparaître ailleurs, alors, depuis le temps qu'elle existe, la Galaxie aurait déjà dû être colonisée, voire plusieurs fois.

     Précisément, la scientifique japonaise Nemoto a découvert les traces d'une activité extraterrestre aux abords du système solaire. Reid Malenfant découvre ainsi une espèce mécanique auto-réplicante baptisée les Gaijin (étrangers en japonais) dont une entité le mène à travers des portes débouchant sur d'autres mondes. Cette technologie permet bientôt à des groupes d'humains de voyager à travers l'espace et de coloniser nombre de planètes et satellites du système solaire, Mercure, Io, Titan..., sachant qu'aucun d'eux ne retrouvera, du fait des déplacements relativistes, sa terre d'origine.

     On est bien un peu perdu en s'efforçant de suivre, à des périodes différentes non chronologiques étalées sur un millénaire, Malenfant, bien sûr, mais également Franck Paulis, ingénieur aussi cynique que riche, Madeleine Meacher, grande voyageuse, Carole Lerner, la première à se poser sur Vénus, Dorothy Chaum, pasteur, et bien d'autres, sans parler de l'intrigante Nemoto à l'exceptionnelle longévité, qui nourrit une rancœur tenace envers les extraterrestres. Les Gaijin se contentent de piller les ressources de la ceinture de Kuiper, devant l'humanité impuissante : Nemoto sait que le jour où l'humanité en aura besoin, il n'y aura plus rien. Mais ils ont permis à l'humain d'essaimer dans l'espace et se révèlent juste désireux de nous observer et nous comprendre. Ils fuient aussi une menace autrement plus terrible. Derrière eux se profilent d'autres espèces, comme les Incendiaires, dont les voiliers solaires progressent grâce aux explosions des étoiles sur leur passage.

     On est bien un peu perdu par ces tribulations en apparence éparpillées mais toujours époustouflé par l'inventivité de Baxter qui agite nombre de concepts scientifiques avec méthode et rigueur, jusqu'à les pousser dans des retranchements inattendus.

     Comme souvent chez cet auteur, mais contrairement au premier volume, la vie n'est pas une exception ; elle apparaît dans les conditions les plus extrêmes et se décline sous les formes les plus inattendues. Toujours interpellé par les questions d'évolution, Baxter confronte les explorateurs à des Néandertaliens ressuscités par les Gaijin, puis montre une humanité régressant jusqu'au mode tribal, ou des colonies à l'agonie suite au manque de ressources, peut-être pour mieux rappeler que l'expansion de notre espèce dans l'espace demeure problématique voire vouée à l'échec. Et c'est ainsi que, l'air de rien, Baxter récupère son propos dans les cinquante dernières pages en expliquant pourquoi les preuves de vie extraterrestre sont apparues seulement maintenant. Le paradoxe de Fermi se trouve expliqué et immédiatement dépassé en même temps qu'il ouvre des horizons encore plus vastes sur l'évolution et le destin non seulement de l'humanité mais de toute espèce évoluée. On en reste époustouflé.

     En dépit d'un milieu un peu brouillon, ce roman est remarquable par les interrogations métaphysiques qu'il suscite et le sense of wonder qu'il véhicule de bout en bout. Magistral, une fois encore.

Claude ECKEN (lui écrire)
Première parution : 1/1/2008 dans Bifrost 49
Mise en ligne le : 28/1/2009


 

 
Écrire aux webmestres       © nooSFere, 1999-2017. Tous droits réservés.

NooSFere est une encyclopédie et une base de données bibliographique.
Nous ne sommes ni libraire ni éditeur, nous ne vendons pas de livres.
Vie privée et cookies