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Le Combat d'hiver

Jean-Claude MOURLEVAT



Illustration de Henri GALERON

GALLIMARD Jeunesse (Paris, France)
Dépôt légal : septembre 2006
336 pages, catégorie / prix : 15 €
ISBN : 2-07-057482-2   



    Quatrième de couverture    
Le combat d'hiver est celui de quatre adolescents, évadés de leur orphelinat-prison, pour reprendre la lutte perdue par leurs parents, quinze ans plus tôt.
Ont-ils la moindre chance d'échapper aux terribles « hommes-chiens » lancés à leur poursuite dans les montagnes glacées ? Pourront-ils compter sur l'aide généreuse du « peuple-cheval » ? Survivront-ils à la barbarie des jeux du cirque réinventés par la Phalange ?
Leur combat, hymne grandiose au courage et à la liberté, est de ceux qu'on dit perdus d'avance. Et pourtant.

La puissance et la grâce
d'une grande aventure signée
Jean-Claude Mourlevat.
 
    Critiques    
     Milena et Helen vivent dans l'internat des filles, Bartolomeo et Milos dans celui des garçons. D'une rencontre fortuite, sur le chemin de la « colline des consoleuses », va naître un immense espoir et un bouleversement radical dans le pays.

     Quatorze ans plus tôt, la Phalange s'est emparée du pouvoir pour instaurer un régime de terreur. Une chape de tristesse et de suspicion pèse depuis sur le pays, entretenue par une milice omniprésente, chargée d'espionner et de juguler toute ébauche de protestation civique. Opposants et résistants ont tous été éliminés, leurs enfants ont été parqués dans des orphelinats aux règles draconiennes. Pourtant, dans le régime totalitaire le plus sévère, il existe toujours quelques failles. Il s'agit ici du système des consoleuses : de braves femmes chargées de consoler les orphelins deux ou trois fois par an, lors de visites strictement rationnées. Conçu pour libérer de temps à autre la soupape affective des enfants, cet arrangement à la fois doux et cruel va pourtant permettre à Milena et Bartolomeo de s'enfuir ensemble — en bravant les punitions de l'internat : chaque fois qu'un enfant sort, un autre est mis au cachot et n'en sortira que lors du retour du premier. Un odieux système d'otage et de chantage affectif, auxquels les deux jeunes gens, dans leur désespoir et dans leur égoïsme adolescent, décident d'échapper malgré tout. Dans leur fuite, ils seront bientôt suivis par Helen et Milos — puis par quantité d'autres enfants. Milena, fille d'une fameuse cantatrice qui enflammait autrefois l'esprit de Résistance, et Bartolomeo, fils du leader de l'opposition, trouveront refuge dans la capitale, dans l'anonymat d'un grand restaurant, tandis qu'Helen et Milos tenteront de s'enfuir par la montagne. Rattrapés par les effrayants homme-chiens, ils seront séparés, Milos envoyé dans un camp d'entraînement pour les nouveaux jeux du cirque de la Phalange...

     Sous une illustration de couverture qui sert de manière admirable son propos (une vue de ville ancienne la nuit, avec la neige tombant sur ses ponts), Le Combat d'hiver offre à lire à un jeune lectorat le récit à la fois rude et tendre de la lutte pour la libération. Où sommes-nous ? Apparemment dans un pays du Sud, peut-être l'Italie. Le régime en place rappelle le fascisme, le décor vieillot pourrait être celui des années 30. D'où proviennent les inquiétants homme-chiens ? Et les adorables homme-chevaux, cruciaux pour l'achèvement de la révolution ? Considérée uniquement du « petit bout de la lorgnette », du point de vue d'adolescents qui ont été tenue à l'écart du monde depuis leur petite enfance, cette culture, ce pays, ne nous sont pas expliqués. Uchronie, ou bien quoi ? Peu importe : la Phalange est un symbole, tout comme cette capitale engourdie par le froid de l'hiver, sous un ciel gris. L'important, ce sont les quatre enfants, cinq peut-être en comptant Basile, le jeune homme-cheval. Cinq destins exemplaires mais réalistes, qui permettent de saisir au plus près les événements menant à une renaissance.

     Nous n'aurons qu'un unique regret : que, stylistiquement, cet auteur déjà bien connu dans le domaine jeunesse (il a notamment publié le beau conte L'Enfant Océan et une fantasy originale en deux volumes, La Rivière à l'envers), ne soit pas mieux conseillé. Son recours systématique à des métaphores éculées finit par lasser, trop de clichés dans les comparaisons tend à donner une impression de platitude, et c'est fort dommage, car son style s'avère pour le reste très évocateur. Demeure en tout cas un roman original et attachant, au propos d'une grande justesse.

André-François RUAUD (lui écrire)
Première parution : 1/1/2007 dans Bifrost 45
Mise en ligne le : 24/5/2008


 

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