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La Dernière colonie

John SCALZI

Titre original : The Last Colony, 2007

Cycle : Le Vieil homme et la guerre  vol.

Traduction de Mikael CABON
Illustration de Didier FLORENTZ

L'ATALANTE (Nantes, France), coll. La Dentelle du Cygne n° (200)
Dépôt légal : juin 2008, Achevé d'imprimer : juin 2008
384 pages, catégorie / prix : 5
ISBN : 978-2-84172-409-3
Format : 13,0 x 18,0 cm  
Genre : Science-Fiction



    Quatrième de couverture    
     Je m'appelle John Perry. J'ai quatre-vingt-huit ans, dont soixante-quinze passés sur Terre, six dans les Forces de défense coloniale et bientôt huit comme colon sur la planète où je vis avec ma femme Jane, ex-lieutenant des Brigades fantômes, et ma fille adoptive Zoé. Ce monde, nous le quittons demain pour nous en aller fonder la nouvelle colonie de Roanoke.
     Étrange colonie, Roanoke, condamnée à l'isolement, un pion dans le jeu que mène l'arrogante Union coloniale contre les quatre cent douze espèces extraterrestres du Conclave. L'enjeu ? La survie d'une communauté de pionniers, mais aussi l'avenir de l'espèce humaine dans la Galaxie.
     La Dernière Colonie conclut la trilogie du Vieil Homme et la guerre.
 
    Critiques    
     Retirés des Forces Speciales, John Perry et Jane Sagan se sont installés à la direction d'un village tranquille sur une planète agricole, accompagnés de leur fille adoptive Zoé. Mais le général Rybicki vient les chercher pour diriger une implantation sur une nouvelle planète alors que l'ennemi de l'Union Coloniale, le Conclave, a interdit aux humains de nouvelles installations sous peine de destruction totale.
     L'Union Coloniale n'a pas dit toute la vérité lors de l'implantation et un double jeu diplomatique et militaire va commencer pour sauver la colonie.

     Dernier tome de la trilogie de John Scalzi commencée avec Le vieil homme et la guerre, La dernière colonie ne surprendra pas le lecteur : mêmes personnages, mêmes ennemis, mêmes enjeux. L'action guerrière pure a par contre laissé la place (à part une scène de combat finale peu convaincante) aux intrigues diplomatiques, sans pour autant ajouter une véritable réflexion au roman : il y avait certainement beaucoup à dire sur l'attitude guerrière de l'Union Coloniale et de la colonisation à marche forcée, mais ce sujet est à peine effleuré, malgré la présence de deux personnages ambigus, le général Gau, chef du Conclave, et le général Szilard des Forces Spéciales. On remarquera d'ailleurs qu'à l'exception de Zoé et de l'assistante de Perry, tous les personnages intéressants du livre sont des militaires, les quelques civils présents se révélant soit fourbes soit stupides.

     Reste un space-opera sympathique lorgnant sur ceux de l'âge d'or, écrit d'un style fluide et procurant un bon moment de distraction. Dommage et frustrant car la série promettait mieux.



René-Marc DOLHEN
Première parution : 25/9/2008 nooSFere


     Le coupable se nomme Didier Florentz. Je sais, la délation, c'est pas joli joli, mais il faut bien reconnaître que cette couverture non plus. Ses récidives chez l'Atalante, notamment pour les romans de Jack Campbell, étant tout aussi hideuses et ridicules, il est bien temps de livrer le nom du grand responsable de tout ça au juste courroux des lecteurs. En ce qui me concerne, on tient là un futur lauréat des Razzies...

     Mais passons, et parlons plutôt du roman : La Dernière colonie, ou le troisième et dernier tome de la trilogie entamée par Le Vieil homme et la guerre (cf. la critique des deux premiers opus dans le Bifrost n°48). Enfin, « dernier », « trilogie », faut voir — il reste probablement de quoi faire et un quatrième opus, Zoe's Tale, est d'ores et déjà paru outre-Atlantique (mais il s'agirait, semble-t-il, plus ou moins d'une « variation » de celui-ci). Quoi qu'il en soit, nous y retrouvons le sympathique « vieillard » John Perry, qui a bien changé depuis ses aventures musclées des deux premiers volumes : ayant finalement achevé son service au sein des Forces de défense coloniale, il a choisi de retourner à la vie civile en tant que simple colon, débarrassé de sa peau verte, de son Amicerveau et de ses autres améliorations corporelles ; il a également épousé Jane Sagan, le clone-fantôme de sa défunte épouse, et adopté la petite Zoé, toujours accompagnée de ses gardes du corps Obins (voir les épisodes précédents...). La petite famille mène une vie paisible et monotone sur Huckleberry, une planète colonisée depuis soixante-quinze ans par l'humanité. Mais l'Union coloniale et les FDC leur proposent un jour de quitter leur foyer, au moins temporairement, pour prendre la tête d'une nouvelle colonie d'un genre particulier durant les fatidiques premières années. Poussés par leur sens du devoir, John Perry et Jane Sagan deviennent ainsi les dirigeants de la colonie « de seconde génération » de Roanoke... et s'en mordent bientôt les doigts. Car cette « colonie perdue », qu'ils doivent administrer dans des conditions inimaginables, se révèle être au cœur d'un complexe imbroglio politique, déterminant pour l'avenir de l'humanité. Et dans cette affaire, Perry, Sagan et les pionniers qui les accompagnent ne sont à l'évidence que des pions et, en tant que tels, éminemment sacrifiables...

     Comme dans Le Vieil homme et la guerre et Les Brigades fantômes, John Scalzi nous concocte un space opera très classique et référencé, et en même temps indéniablement divertissant et efficace : l'adresse de l'auteur, son sens du rythme, ses personnages attachants, son humour et son ironie (d'autant plus sensibles que, de même que dans le premier volume, John Perry retrouve son rôle de narrateur), font allègrement passer la pilule de cette histoire, certes bien ficelée, mais néanmoins lourde de déjà-vu. Une lecture toujours aussi agréable, donc, et qui sera sans doute à même de satisfaire bien des lecteurs (et notamment ceux qui regrettaient — à tort en ce qui me concerne — « l'ambiguïté » supposée des deux premiers volumes : John Perry ayant désormais quitté l'armée, il a moins de scrupules à adresser un majeur furibond à l'UC et à sa realpolitik...).

     Mais La Dernière colonie n'en souffre pas moins des mêmes défauts que ses deux prédécesseurs. Notamment, si John Scalzi a le bon goût de ne pas tirer à la ligne et d'éviter de verser dans le pavé, il n'en tend pas moins à se disperser régulièrement, laissant soudainement en plan quelques thématiques, et recourrant en d'autres circonstances au deus ex machina d'une manière guère satisfaisante. Mais surtout, ce dernier roman, s'il reste très sympathique, n'est finalement guère plus. Et c'est dommage. Au risque de connardiser dans l'élitisme, on ne peut s'empêcher de regretter que John Scalzi n'écrive « que » de bons divertissements ; car il est maints passages de La Dernière colonie (de même que, pour prendre un exemple flagrant, les réjouissants premiers chapitres du Vieil homme et la guerre) où l'on sent qu'il pourrait facilement aller bien plus loin, rendre ses romans plus subtils, plus profonds, sans qu'ils ne perdent pour autant de leur fraîcheur et de leur efficacité. Ce ne sont ni le talent ni les idées qui lui manquent. L'ambition, peut-être ? « Je n'ai rien d'un snob quand il s'agit d'écrire », explique-t-il sur son site. Tant mieux, sans doute ; et l'on expliquera peut-être ainsi son titre de « best fan writer » obtenu lors du dernier Prix Hugo. Mais il y a de la marge... non ?

     En attendant, La Dernière colonie est bien un roman de John Scalzi : un space op' très sympathique, sans prétention, d'une lecture agréable. Et frustrant.

Bertrand BONNET
Première parution : 1/10/2008 dans Bifrost 52
Mise en ligne le : 5/11/2010


 
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