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Les Villes de l'espace

Gerard K. O'NEILL

Titre original : The High Frontier, 1976

Traduction de Christian LÉOURIER

Robert LAFFONT (Paris, France), coll. Les Visages de l'Avenir n° (2)
Dépôt légal : 3ème trimestre 1978
368 pages, catégorie / prix : nd
ISBN : 2-221-00062-5   
Genre : Science-Fiction



    Quatrième de couverture    
     L'avenir de l'humanité et la fin de nos pénuries (énergie et matières premières) se trouve-t-il dans l'espace ? Construira-t-on dès les prochaines décennies des villes et des usines spatiales à partir des matériaux lunaires ? Et en plus des avantages matériels que nos sociétés pourront en tirer, l'ouverture de cette nouvelle frontière, la multiplication de communautés spatiales largement autonomes ne pourraient-elles réintroduire une nécessaire différenciation au sein d'un univers humain aujourd'hui menacé, sur une Terre finie, par l'homogénéisation et l'ossification ?
     De telles perspectives pourraient émaner d'un romancier à l'imagination fertile ou d'un journaliste en quête de sensationnel. Il n'en est rien. Gerard K. O'Neill est un physicien réputé, professeur à l'université de Princeton, connu pour avoir inventé en 1956 la technique des anneaux de stockage des particules. C'est d'abord à titre privé qu'il a élaboré le concept des îles de l'espace et de l'industrialisation du vide. Puis s'étant convaincu de sa validité, il a suscité l'enthousiasme de nombreux collaborateurs et... les objections de quelques détracteurs. Pour O'Neill, la colonisation de l'espace est à portée de la main et elle n'exige aucune découverte fondamentale. Elle bouleversera l'Histoire. Cette idée fait aux Etats-Unis l'objet d'un débat d'ampleur nationale.

LES VISAGES DE L'AVENIR

     C'est l'objet de la prospective de préparer les esprits à des éventualités dont quelques-unes apparaissent très certaines, mais dont d'autres, si improbables qu'elles demeurent, sont importantes ou graves. « Les Visages de l'Avenir », collection de prospective, ne réunira ni des prophéties plus ou moins futurologiques prétendant proposer une prévision unique et pseudo-scientifique d'un avenir déjà écrit. Elle accueillera des ouvrages problématiques sur ce qui se passerait si, dans des domaines très variés, telles conditions étaient réunies.
     Cette collection comprendra deux sections, consacrées l'une à la prospective scientifique et tehnologique, l'autre à la prospective sociale.

     LES VISAGES DE L'AVENIR / prospective scientifique et technologique
 
    Critiques    
 
     INDUSTRIALISER L'UNIVERS

     Comme le titre original l'indique, après la « nouvelle frontière » proposée par Kennedy — et qui a abouti à la conquête lunaire — il s'agit d'un nouveau défi. On ne s'étonnera pas que G. Klein, de formation et de vocation littéraire et scientifique à la fois, par le biais de cette collection qui enrichit sa palette, au beau nom de Visages de l'Avenir, renoue avec une tendance qui fut toujours la sienne. N'a-t-il pas jadis entamé sa carrière de critique à Fiction par des analyses d'ouvrages scientifiques, dans le sillage de J. Bergier ?
     Ce livre n'est pas un roman ; il porte cependant une charge énorme de rêve. Complexe, sérieux, documenté, appuyé sur les chiffres, l'étude des coûts, il est difficile à résumer. Sa thèse ? Compte tenu de la progression exponentielle de la consommation dans un milieu aux ressources finies, seule une industrialisation de l'espace permettra de résoudre aux moindres frais économiques et humains les problèmes qui s'amoncellent à l'horizon proche. Deux annexes : l'une sur les difficultés initiales, pour se faire prendre au sérieux. L'autre, une audition de l'auteur devant le Sénat US ; cette scène est hallucinante : c'est du déjà vu — c'était, il y a 20 ans, Heinlein. Mais cette fois c'est vrai. Ce qui m'a frappé, outre le programme (aux relents de A.C. Clarke, et à ses « îles de l'espace ») c'est le renouveau de foi en la technologie. Après le Vietnam et la société de télématique mondialisée qu'on nous promettait, la technocratie était entrée dans « l'ère du soupçon ». Mais l'avenir que dessinent les lâchetés des politiques sont telles qu'en désespoir de cause on se rabat de nouveau (comme pendant la grande dépression, qui vit l'essor de la SF US) sur le rêve technologique. Et de nouveau les promesses d'énergie bon marché, de territoires infinis sans guerre, de matières premières inépuisables... sur la Lune. Avec les images post heinleiniennes du grand lance pierre lunaire, vers les points de Lagrange. Et les chiffres rassurants, les croquis, les photomontages. Space Merchants ? Puisse cependant ce livre ouvrir, comme aux USA, à un débat de quelque ampleur, où je suis incompétent, mais passionné. En tout cas, la « hard science » fait un joli « come back », comme on dit en franglais.

Roger BOZZETTO
Première parution : 1/1/1979 dans Fiction 297
Mise en ligne le : 7/3/2010


 
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