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Manières noires

Jean-Michel CALVEZ



Illustration de Alex CHERRY

ActuSF , coll. Les Trois Souhaits n° (18)
Dépôt légal : octobre 2008
160 pages, catégorie / prix : 9 €
ISBN : 978-2-917689-08-0   
Genre : Fantastique



    Quatrième de couverture    
     « Lundi 1. C’est l’odeur qui m’a réveillé, bizarre, m’arrachant à ma plongée profonde pour me ramener vers la surface de ma conscience. »
Extrait de « Mon Journal mental ».

     Pas tout à fait morts mais sans vie, les héros de Jean-Michel Calvez dansent avec la Faucheuse. Une danse aux reflets noirs et irisés ! Les sept textes de ce recueil fantastique abordent la mort avec des approches étonnantes, parfois légères, parfois graves, mélange de drame et d’ironie. Et quand l’auteur s’éloigne du grand final de la vie, c’est pour mieux scuplter les corps et explorer l’âme des artistes.
     Après une demi-douzaine de romans (STYx, L’Arène des géants, Le Miroir du temps, La Boucle d’octobre...), Manières noires est le premier recueil de nouvelles de Jean-Michel Calvez.

     « Du drame à la comédie, tout est noir, mais ce noir se décline, se voit d’une multitude de façons. On rit, on tremble, on pleure. On ressent beaucoup ; on goûte. Jusqu’au titre qui fait référence à la gravure, au polar, ou, qui sait, à la physique, avec la »matière noire« , ces Manières noires sont infiniment variées. »
Extrait de la préface de Lucie Chenu

    Sommaire    
1 - Lucie CHENU, Préface, pages 9 à 12, Préface
2 - Manière noire, pages 13 à 30
3 - Mon journal mental, pages 31 à 54
4 - Une Rencontre diaphane, pages 55 à 77
5 - De l'autre côté du miroir, pages 79 à 93
6 - Forages, pages 95 à 116
7 - Dernier souffle, pages 117 à 141
8 - La Visiteuse des tombes, pages 143 à 157
 
    Critiques    
     Après six romans et de nombreux textes courts sortis dans des anthologies ou revues ici et là, Jean-Michel Calvez publie son premier recueil de nouvelles. Et si ses romans abordent plutôt la science-fiction, il est davantage ici question de fantastique, à travers sept textes, dont une seule reprise. Il s'agit de Dernier Souffle, une très curieuse nouvelle parue dans l'anthologie d'Anne Duguel, Parfums Mortels, aux éditions Malpertuis, l'histoire d'un homme dont le principal plaisir est de récupérer la dernière expulsion d'air du cadavre de personnes fraichement mortes. Un texte d'atmosphère, qui parle du deuil et d'une addiction contre nature.
     Les six autres textes sont inédits et, sans révolutionner le genre, nous proposent des immersions tantôt drôles, tantôt lugubres, dans un monde de noirceur. Manière noire ouvre le bal, qui nous montre le talent surnaturel d'un sculpteur à succès ; une nouvelle intéressante, mais quelque peu gâchée par un style parfois too much : les premières pages, notamment, souffrent d'un style beaucoup trop visible, tape-à-l'oeil (par la suite, il devient plus fluide, et le texte se conclut de manière satisfaisante).
     Mon journal mental est le pendant fantastico-métaphysique de livres comme Le Scaphandre et le Papillon ou Johnny s’en va-t-en guerre : un homme est bloqué sur un lit d’hôpital, sans possibilité de communiquer avec son entourage ; mais peut-être peut-il quand même influer sur le cours des événements ? L’intérêt de ce texte vient plus de la description du lent passage du temps, des journées sans cesse renouvelées sans évolution notable – si ce n’est celle du personnage – que de l’argument fantastique.
     Une rencontre diaphane brode sur le thème du mort-vivant, mais le traitement est tout en subtilité, en sous-entendus, et pas du tout dans l'explicite comme dans les actuels films du genre, rentre-dedans au possible (c'est bien aussi, mais il faut savoir varier). Bien que le texte soit très prévisible, il se dégage quand même un charme certain, un parfum de douloureuse nostalgie, de rendez-vous manqué.
     De l'autre côté du miroir nous présente un homme dont la femme est morte noyée, et qui un beau jour se met à la voir dans les étendues d'eau, flaques ou fontaines. Un texte poignant, qui aurait sans doute gagné à n'être narré que du point de vue de son protagoniste, les intermèdes des témoins tranchant trop nettement avec le ton désespéré du reste de la nouvelle.
     Forages est le conte d'humour noir, très noir, du recueil : ici, « forages » est à prendre à tous les sens du terme, aussi ne sera-t-on point surpris que le point de départ soit une profanation de sépulture assez... extrême. Humour noir, sans que l'on verse dans la franche rigolade, le texte est nettement plus subtil et maîtrisé, ne serait un style encore une fois trop poseur qui gâche quelque peu le plaisir.
     Enfin, La Visiteuse des tombes démarre aussi dans un cimetière, mais est aux antipodes de Forages : ici, c'est une nouvelle de fantôme toute en retenue. Ce fantôme d'un genre particulier tente de trouver du réconfort auprès des siens, et disserte sur la mort et ses conséquences sur les proches ; un beau texte, mélancolique et grave.
     En sept textes, Jean-Michel Calvez nous parle ainsi beaucoup de la mort et du deuil qui s'ensuit. Tantôt grave, tantôt plus légère, sa thématique se repose sur un style affirmé, mais qui parfois est trop visible. C'est le principal reproche qu'on fera à ce recueil varié de matière noire (admirablement rendue par la couverture d'Alex Cherry) et de beauté sombre.

Bruno PARA (lui écrire)
Première parution : 7/12/2008 nooSFere


 

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