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Le Commerce des mondes

Charles DOBZYNSKI


MESSIDOR, coll. Temps actuels
Dépôt légal : janvier 1985
230 pages, catégorie / prix : 89 F
ISBN : 2-209-05667-5   
Genre : Science Fiction 


 
    Critiques    
 
     Les amateurs de SF connaissent Charles Dobsynski : Dès 1963, il a imaginé l'une des rares réussites de la SF poétique avec l'Opéra de l'Espace. Depuis, il a publié un recueil de nouvelles. Couleur Mémoire, qui faisait une place intéressante à la SF et un roman : Taromancie en 1979, dont Fiction en son temps a rendu compte.
     Avec Le commerce des mondes, c'est un recueil de vingt-cinq courtes nouvelles de SF, qui se situent du côté de trois maîtres, qui mêlent l'invention farfelue et l'humour : Entre deux mondes incertains de J. Sternberg — que Denoël vient de rééditer — les Univers de Sheckley, et les Voyages d'Ijon Tichy de Stanislas Lem. Un beau parrainage est parfois un handicap, mais pas dans le cas présent : Dobzynski garde son originalité.
     Ses inventions sont à la limite de l'onirique et de l'arbitraire Dès le premier récit nous savons dans quel monde nous allons nous trouver « Il est des planètes que rien ne justifie », rien sans doute sauf la virtuosité de l'écrivain et le plaisir du lecteur, ce qui est bien suffisant : pourquoi chercher ailleurs ?
     Que trouve-t-on dans cet inventaire de l'improbable ? Des planètes surtout : planètes cages comme Phorgal, planètes collectionneuses comme Bonella, truquées comme Aurore la manipulatrice, ou bien celle que je préfère Znog, Znog, le délinquant sidéral qui n'a pas seulement la forme d'une banane « tombée en rêve » d'on ne sait quel arbre stellaire. Znog dont le sol lui-même, exploré par les sondes, les forages, est véritablement une banane « difficile à éplucher, tant sa pelure s'était durcie » énigme cosmique légitimant toutes les légendes sur son origine et qu'à défaut d'expliquer on se met à manger, au point de la voir peu à peu se déglinguer, se tasser et sur le point de disparaître du ciel. Des animaux aussi, comme les bélinaires « aux yeux satinés et phosphorescents » ou les blagodontes « métissages des formats et des hypothèses de l'imaginaire ». Sans parler des aventures cocasses et impossibles avec androïdes, chasses initiatiques, etc.
     Un mariage des inventions de Woody Allen (in Dieu Shakeaspeare et moi) du Michaux de la Grande Garabagne et des inventions typées de la SF. Ajoutons que c'est écrit de manière charmante, avec des images recherchées, un peu comme parfois chez Rosny dans Les Navigateurs de l'infini — en particulier pour les animaux — et que le tout donne une bonne idée de ce dont est capable un écrivain de « mainstream » qui n'ignore pas notre domaine, quand il se place, fut ce de biais, sur le terrain de la SF.

Roger BOZZETTO
Première parution : 1/5/1985 dans Fiction 362
Mise en ligne le : 30/11/2008


 

 
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