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    Fiche livre    

Le Second cycle de Fondation

Greg BEAR & Gregory BENFORD & David BRIN

Science Fiction  - Cycle : Fondation (le second cycle de) (omnibus)

Traduction de Dominique HAAS
Illustration de Pascal CASOLARI
POCKET, coll. Science-Fiction / Fantasy n° 7039, 2ème trimestre 2010
1272 pages, catégorie / prix : 16, ISBN : 978-2-266-20029-5
Couverture

    Quatrième de couverture    
     Hari Seldon n'avait qu'un souhait : rester mathématicien, s'absorber dans la froide précision des nombres. Mais le destin va le propulser malgré lui au poste de Premier ministre de l'Empire.
     Au début de l'aventure, Hari est sur le point de quitter son poste de chercheur et de relever le défi presque impossible de gouverner vingt-cinq millions de mondes habités depuis la planète Trantor. Avec l'aide de sa compagne, le robot humanoïde Dors, et de son protégé, Yugo, Seldon s'efforce de mettre au point la psychohistoire, cette science qui prédira l'avenir, sans jamais imaginer qu'elle lui vaudra d'affronter la menace la plus terrifiante de l'histoire du futur...


    Sommaire    
1 - Gregory BENFORD, Fondation en péril (Foundation's fear), pages 11 à 552, Roman, trad. Dominique HAAS
2 - Greg BEAR, Fondation et chaos (Foundation and chaos), pages 553 à 908, Roman, trad. Dominique HAAS
3 - David BRIN, Le Triomphe de fondation (Foundation's triumph), pages 909 à 1261, Roman, trad. Dominique HAAS
4 - (non mentionné), Postface, pages 1265 à 1266, Postface
5 - Attila TORKOS, Chronologie de l'univers des robots et de la Fondation, pages 1267 à 1274, Notes
 
    Critiques    
     Le Cycle de Fondation d'Isaac Asimov se présente en sept volumes, à savoir : L'aube de la Fondation, Prélude à Fondation, Fondation, Fondation et Empire, Seconde Fondation, Fondation foudroyée, et Terre et Fondation (Foundation and Earth) ; dans ce dernier l'auteur dévoile sa conception du mécanisme céleste qui sous-tend ses ouvrages. Après son décès en 1992, Janet Asimov sa veuve et Ralph Vicinanza son légataire testamentaire ont souhaité la publication d'un complément à son œuvre. C'est l'origine de trois ouvrages rédigés par des maîtres de la SF classique, scientifiques de profession, réunis dans ce second cycle de Fondation qui manque d'un sommaire. On y trouve cependant une intéressante chronologie qui débute à la création de l'United States Robots and Mechanical Men. L'ensemble se comporte un peu comme un « add-on » en informatique, des logiciels rajoutés aux bons endroits pour perfectionner le fonctionnement et l'exploitation d'un système.

     Deux personnages principaux hantent la saga d'Asimov : Hari Seldon l'inventeur de la psychohistoire et créateur des Fondations et Daneel Olivaw, robot quasi éternel qui, en lui apportant son inestimable soutien, veille sur l'Univers. Tous les deux luttent contre la disparition de l'humanité.
     Dans ce second cycle, le décor est planté sur Trantor la planète inoxydable où Seldon, chercheur de génie, opère. Parmi des entrelacs plus qu'étranges, le récit déroule la vie d'Hari, en débutant à sa nomination en Premier ministre de l'empereur Cleon, franchissant les segments d'histoire déjà traités par Isaac il courre jusqu'à ses derniers instants. Malmené par les multiples oppositions à sa théorie de psychohistoire et à ce qu'elle prophétise, mais soutenu constamment par la présence cachée de Daneel, Hari va voir naître une nouvelle race d'humains, les mentalistes aux immenses pouvoirs. Ce ne sera, après tout, que le développement des capacités de télépathie, télékinésie, polymorphisme (entre autres) des robots avec lesquels il collabore. On mesure ainsi le pas qu'a franchi l'imaginaire d'Asimov en attribuant aux robots, mécaniques par essence, des facultés supposées n'appartenir qu'à l'homme. Mieux, les robots de ce cycle peuvent apparaitre comme totalement humains, comme Dors Venebili la compagne d'Hari qui lui procure toutes les satisfactions qu'il peut attendre d'une partenaire. Un mystère demeure : pourquoi ces deux personnages seront séparés à la fin du cycle ? Daneel qui tient le rôle de deus ex machina aurait pu intervenir. Il gardera ce rôle jusqu'à ses derniers instants où dans « Terre et Fondation »(1986) il verra la création de Galaxia et une sorte d'aboutissement du projet de Seldon.
     Les auteurs suivent assez bien le style d'Asimov, parfois en garnissant trop les situations. Ils n'hésitent pas, comme le maître, à incorporer une bonne dose de philosophie en traitant souvent des problèmes du genre humain. Cela alourdit quelque peu l'action et la relation entre différentes intrigues, surtout lorsque la magie apparaît subrepticement au tournant de l'événement. Si Isaac n'hésitait pas sur cette méthode, ses héritiers, non plus. Enfin, l'ellipse et les flash-backs sont souvent utilisés au grand dam de la mémoire du lecteur.
     Asimov avait imaginé une relation entre chaos et mondes organisés essayant de définir quelques lois d'interaction ; les auteurs s'ingénient à développer ce contexte en apportant leur vision personnelle sur le sujet, hélas, parfois difficile à suivre.
     Ainsi dans le premier volume, deux éléments virtuels Jeanne-d'Arc et Voltaire, empruntés symboliquement à l'histoire et générés par les super-programmeurs du cru, vont interférer constamment et d'étrange manière dans le déroulement du réel. Entre autres, Voltaire ira jusqu'à remplacer Hari dans ses fonctions et représentations de Premier ministre. Dans un autre chapitre, on verra Hari et sa compagne transférer leur esprit dans des corps de primates pour jouir de tous leurs plaisirs et vicissitudes.
     Le deuxième volume est assez en rapport avec la première partie de « Fondation » : Les Psychohistoriens. La Commission de la Sécurité Publique de l'Empire fait un procès à Hari Seldon. Il devra être exilé avec toute son équipe et cent mille personnes, sur la planète Terminus, l'origine de la Fondation.
     Le troisième volume voit un Seldon en fin de vie rester l'arbitre entre les factions antagonistes des robots. Il faudra naviguer avec les lois de la robotique auxquelles s'ajoutent la loi « zéro » et la loi « moins un » pour envisager de comprendre leurs contrastes. Les robots ne sont pas d'accord entre eux, pas plus que les humains d'ailleurs, et cela finit par des batailles rangées plus ou moins homériques où Daniel s'oppose à la projection de Seldon dans le futur.
     Enfin, on assiste à la dernière discussion entre les deux personnages. En s'opposant à une entité mentaliste universelle proposée par Daneel, la prédiction d'Hari, axée sur la puissance de sa fondation, se veut profondément humaine.

     Malgré sa complexité, parfois un peu rébarbative, et sa dimension hors pair, cette compilation devrait satisfaire les admirateurs d'Isaac qui souhaitent parcourir une saga réactualisée dans l'esprit de la Science-Fiction contemporaine. Les nouveaux lecteurs doivent être avertis que ce second cycle n'est qu'un additif à l'immense œuvre d'Asimov. Avec cette réflexion préalable, ils trouveront dans ce livre presque tous les ingrédients qui ont fait la joie de lecteurs durant des décennies. Nul doute qu'après ils s'empresseront d'acquérir les sept volumes qui leur manquent.


Gérard BOUYER
Première parution : 1/4/2011
Présence d'Esprits 67
Mise en ligne le : 6/11/2011


 
Base mise à jour le 17 juillet 2017.
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