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Canisse

Olivier BLEYS

Illustration de Éric SCALA
GALLIMARD, coll. Folio SF n° 376, dépôt légal : septembre 2010
208 pages, catégorie / prix : F6, ISBN : 978-2-07-039673-3
Couverture

    Quatrième de couverture    
     D'un bout à l'autre de l'univers, les vaillants gardes-pêche de l'Unité livrent une guerre sans merci aux braconniers pilleurs d’océans. Xhan était l’un des meilleurs. Mais le voici mis d’office à la retraite, et sa vie perd tout son sens... Un jour, pourtant, un inconnu lui parle d’un poisson non répertorié, d’une taille dépassant toutes les créatures connues ou même imaginables, vivant sur une planète sauvage qui ne figure sur aucune carte : Canisse. Xhan ressent un appel mystérieux vers cet animal que personne — ou presque — n’a jamais approché. Il part aussitôt à sa recherche. Mais gare : les braconniers eux aussi sont en chasse...

     Pour sa première incursion dans la science-fiction, Olivier Bleys livre avec Canisse un planet opera riche en aventures et en dépaysement. Un roman qui évoque les meilleurs textes de Jack Vance.

     Olivier Bleys est âgé de trente-huit ans. Écrivain prolifique, il a déjà publié seize ouvrages traduits dans une dizaine de langues. Ses romans (Pastel, Le fantôme de la tour Eiffel, Semper Augustus...), inscrits dans des époques reculées, traduisent son intérêt pour les passions humaines et les questions de société.

 
    Critiques    
     Olivier Bleys est un auteur français né en 1971. Il a déjà publié un nombre conséquent d'ouvrages, fictions (romans, récits illustré, bande dessinée) comme essais (biographies de Pierre loti et Jules Verne, recits de voyages...). Voilà qu'il ajoute une corde à son arc : la science-fiction, au sein de la collection Folio-SF.
     Qu'est donc le mystérieux Canisse du titre ? C'est ce que va tenter de découvrir Xhan Elotym, garde-pêche mis à la retraite anticipée du fait d'un cancer détecté soudainement. Son inactivité lui pèse, jusqu'au jour où il fait la connaissance de Moox, un homme qui lui propose de lui montrer quelque chose qu'il n'a jamais vu. Et pour cause, il s'agit d'un œil de poisson gigantesque (plusieurs dizaines de mètres de diamètre) ! Dès lors, Xhan n'a qu'un fantasme : retrouver la créature capable de posséder un tel oeil ; pour ce faire, une seule solution : se rendre sur Canisse.
     En révéler plus déflorerait trop le contenu de ce court roman de cent quatre-vingt pages. Disons donc que Bleys s'est plu à imaginer un monde résolument autre, et a tenté de créer la société qui va avec, à la manière d'un Jack Vance. Même si les personnages sont assez caricaturaux (compte tenu de la taille du roman et du nombre de protagonistes, rien de bien surprenant à ce niveu), Canisse est suffisamment originale pour générer des aventures picaresques relativement plaisantes à suivre. La tonalité reste néanmoins sombre puisque les braconniers, attirés par l'appât du gain de ces poissons de taille invraisemblable, sont omniprésents. Et, si l'histoire est assez maîtrisée dans la première partie du livre, elle achoppe sur deux points, à commencer par la scène centrale du livre (la prise du mégathalos). Si Bleys a une écriture visuelle qui sied bien à l'évocation du gigantisme, on émettra davantage de doutes sur la crédibilité de l'ensemble, l'auteur semblant s'être fait prendre au piège des dimensions qu'il évoque, et n'avoir su éviter les incohérences. Le deuxième point faible de Canisse, c'est la scène d'explication finale, mal amenée, trop tirée par les cheveux et trop rapidement expédiée.
     Au final, Canisse reste une tentative sympathique mais pas totalement convaincante d'Olivier Bleys dans le domaine de la science-fiction. Loin d'être inoubliable, ce livre au décor original procure néanmoins quelques heures de lecture agréable, pour peu que l'on oublie de le lire de manière trop rationnelle.

Bruno PARA (lui écrire)
Première parution : 5/9/2010
nooSFere


     Après s'être frotté aux romans historiques documentés, Olivier Bleys fait une rapide incursion en science-fiction. Et il a des idées. Pas forcément toutes neuves, ni forcément originales, mais nombreuses. Trop peut-être pour un livre de cette taille. En effet, pourquoi s'être contenté de si peu de pages pour conter une telle histoire, une histoire qui, du coup, peine à tenir dans un costume si étriqué ?

     Dans un univers dont la civilisation repousse sans cesse les limites, les braconniers ont toujours une longueur d'avance. Dans cette zone de non-droit qu'est l'Outre-Monde, ils cherchent de nouvelles planètes, de nouvelles espèces, de nouvelles proies. Et le corps des garde-pêche, chargé de limiter leurs exactions, est bien impuissant devant leur détermination et leurs moyens.

     Xhan est l'un de ces défenseurs de la loi. Il vient d'être mis à la retraite, sans raison valable, quelques années avant l'âge requis. Pour couronner le tout, son médecin lui apprend qu'il est atteint d'une tumeur potentiellement mortelle. A opérer d'urgence. Mais il s'en moque et préfère passer ses journées à boire. Jusqu'à une rencontre qui va changer ce qui lui reste de vie. Moox, un pilote des Grandes Lignes abordé dans un bar, lui montre un œil de poisson. Mais pas n'importe quel œil. Un œil qui mesure plusieurs mètres de diamètre... ce qui laisse imaginer la taille phénoménale de l'animal à qui il appartenait. Xhan veut alors, avant de passer l'arme à gauche, voir de ses propres yeux ce monstre impossible. C'est ainsi qu'il découvrira Canisse, la planète-océan, théâtre de l'essentiel de ce roman. Canisse et ses autochtones craintifs, Canisse et ses richesses convoitées, Canisse et ses secrets bientôt dévoilés...

     Court, si court ! Olivier Bleys ne prend pas le temps d'exposer ses personnages, ne serait-ce qu'un minimum. Au point qu'ils en deviennent par trop stéréotypés, trop simplistes. On n'a pas l'occasion de les apprécier ou de les détester qu'ils disparaissent déjà. A commencer par Xhan et ses états d'âme — en dépit de son statut de héros. Un personnage principal qui s'avère transparent et sans intérêt. Les autres protagonistes sont eux aussi taillés à la serpe, tous semblables à une silhouette déjà aperçue — qui dans un roman, qui dans un film.

     Canisse est pareil à ces contes où seule l'histoire est importante au détriment des personnages. Annoncé par la quatrième de couverture comme un planet opera, il lui manque le souffle, l'ampleur, l'ambition. La mise en place du récit est laborieuse, l'intrigue met du temps à démarrer jusqu'à l'arrivée sur la planète-océan, puis les événements s'enchaînent jusqu'à une fin, certes pas inintéressante, mais dont on se demande ce qu'elle vient faire là. Patchwork d'éléments disparates, ce roman fait donc davantage penser à un cahier dans lequel Olivier Bleys aurait pris des notes, esquissé quelques caractères à gros traits. Et l'ensemble de nécessairement finir par laisser un goût amer, un parfum de déception devant ce qu'aurait pu être Canisse. Reste l'espoir d'une nouvelle tentative, plus riche, plus aboutie. Mais pour l'heure on passe... dommage pour l'un des rares inédits de l'année proposés en collection de poche.

Raphaël GAUDIN
Première parution : 1/1/2011
dans Bifrost 61
Mise en ligne le : 29/1/2013


 
Base mise à jour le 18 mars 2017.
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