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La Bohême et l'ivraie

AYERDHAL

Cycle : Bohème et l'Ivraie (omnibus)


Illustration de Olivier FONTVIEILLE

AU DIABLE VAUVERT (Vauvert, France)
Dépôt légal : mars 2010
Roman, 700 pages, catégorie / prix : 20 €
ISBN : 978-2-84626-134-0
Genre : Science-Fiction



Quatrième de couverture
     Imaginez un art qui stimule la vue, l'ouïe, l'odorat, le goût, le toucher, la perception du mouvement et de l'espace, mais aussi les sentiments et les émotions, avec une telle finesse qu'ils deviennent vôtres.
     Imaginez des créateurs qui projettent leurs oeuvres au coeur de votre système nerveux, dans un spectacle où vous êtes tour à tour ou simultanément tous les personnages.
     Imaginez le pouvoir que cela confère à un artiste, pour peu qu'il sache le maîtriser.
     Maintenant imaginez que le plus talentueux d'entre eux, en proie au doute sur la société, son art et lui-même, soit décrété paria, et qu'il ne soit pas seul...

     Né en 1959 dans la région lyonnaise, passé maître ès aventures et suspens en vingt romans et recueils, Ayerdhal a reçu les plus prestigieux prix littéraires de l'imaginaire et du polar.
Critiques des autres éditions ou de la série
Edition FLEUVE NOIR / FLEUVE Éditions, Grand format - SF (2000)

     Le kinéïrat est un art très complexe mettant en jeu toute la gamme des perceptions humaines. Le spectateur, conditionné par l'amplikine, une substance qui lui permet d'être réceptif à la projection de l'artiste, voit ainsi tous ses sens, ses émotions et même ses pensées manipulés par la projection de l'artiste. Les kinéïres sont presques tous (du moins les plus célèbres et les plus puissants) formés par l'institut kinéïre de Chimë qui a donc un quasi-monopole.
     Or, cet institut refuse à Ylvain, un élève pourtant prometteur, l'autorisation de poursuivre sa formation parce qu'il ne correspond pas à l'éthique des dirigeants de l'institut. Ylvain va galérer de nombreuses années à découvrir et explorer son art par lui-même, mais sans contrainte, avant de devenir un kineïre ''sauvage''. Il produira des keïns d'une telle qualité et apportera de telles innovations qu'il deviendra un artiste incontournable, et par la même occasion une menace non seulement pour les dirigeants de l'institut mais encore et surtout pour ceux qui les régentent en sous-main.
     Car Ylvain n'est pas seulement un artiste à la popularité grandissante. Ses keïns défient le pouvoir de l'Homéocratie, dont les responsables engagent un véritable combat contre Ylvain et ses principaux suiveurs.

     La bohême et l'ivraie est le premier roman d'Ayerdhal. Il fut initialement publié en 4 volumes dans la défunte collection Anticipation du Fleuve Noir. Le récit a donc d'inévitables imperfections  : il est parfois un peu trop bavard et souffre d'un peu de flottement vers le milieu. Mais mis à part ces petits défauts, on a affaire à un roman passionnant où se mêlent l'art et la politique, deux disciplines aux relations parfois ambiguës et souvent houleuses. La grande réussite de La bohême et l'ivraie, c'est le kineïr, cet art total dont Ylvain devient un maître. Chacun des Keïns qui ponctuent le récit est un morceau de bravoure, l'auteur réussissant parfaitement à créer toute l'émotion et les sensations éprouvées par les spectateurs dont on manipule les sens. Il ne faut pas non plus oublier des personnages forts et intéressants, Ylvain bien sûr, mais aussi Made, Ely ou la Naïa, les femmes qui l'entourent. Leurs relations complexes où se mêlent l'amour, l'art et l'ambition sont d'ailleurs un autre atout de cet épais et passionnant roman, dont la réédition en un volume est amplement méritée.

Frédéric BEURG (lui écrire)
Première parution : 10/9/2000
nooSFere


Edition FLEUVE NOIR / FLEUVE Éditions, Grand format - SF (2000)

     Dans un lointain futur, l'Homéocratie regroupe de nombreux mondes. Des pouvoirs psi sont apparus, permettant à quelques individus de “ projeter ” des émotions et des sensations dans l'esprit même des spectateurs, à l'aide d'une substance appelée l'amplikine  : c'est l'art du kineïrat.
     L'histoire de La Bohême et l'ivraie se passe à un moment de rupture, lorsque de nouvelles mutations génétiques favorisent l'émergence de pouvoirs plus puissants. Certains kineïres seront désormais capables de projeter sans amplikine, mais aussi d'utiliser leur talent sur plusieurs faisceaux simultanés... Les applications vont sans doute déborder rapidement le seul domaine artistique.

     Ylvain est l'un des tout premiers kineïres à posséder un potentiel qui dépasse celui de ses maîtres. Son renvoi du trop rigide Institut va le précipiter sur le long chemin de la rébellion, qui le conduira jusqu'à ébranler les fondements même de l'Homéocratie.
     En chemin, il rencontrera la Bohême, un mouvement anarchiste curieusement officiel et institutionnalisé, canalisant le joyeux irrespect de jeunes gens qui prônent la Révolution Humoristique. Cette mouvance adolescente se cherche paradoxalement une maturité, un moyen pour que la Bohême reste dans les coeurs à l'âge adulte.
     Il rassemblera aussi d'autres kineïres, doués d'un talent parfois supérieur au sien, dont quelques femmes qui occuperont bien sûr une place primordiale dans sa vie.

     La Bohême et l'ivraie est le premier roman d'Ayerdhal, mais d'emblée l'un de ses meilleurs. Il expose déjà l'ensemble des thèmes récurrents de l'auteur  : la politique, le “ parleur ”, l'artiste, etc.
     La force d'Ayerdhal est d'échapper à tout manichéisme et d'éviter la simplification abusive. Il étudie les failles de chaque système politique, qu'il soit –cratie ou –archie, en considérant que par essence, il n'existe pas de société parfaite possible, tout au moins pas tant que l'individu ne sera pas lui-même parfait.
     A travers l'Homéocratie, et en son sein l'Egocratie terrienne, l'auteur mène ainsi une réflexion politique passionnante parce que complexe et contradictoire. Elle est en particulier illustrée par les aphorismes bohêmes, qui ouvrent chacun des chapitres  : ces aphorismes sont tous discutables, car il n'existe pas de vérité absolue en politique  ; mais pris au cœur du débat, le lecteur est amené à s'interroger et à argumenter, jouant ainsi un rôle véritablement actif.
     Le résultat est d'autant plus stimulant que l'auteur refuse les idées reçues et remet en cause des principes habituellement consensuels. Par exemple, il dénonce les dangers de l'éthique, notion pour lui illusoire au nom de laquelle n'importe quelle censure peut trouver une justification.

     Un autre point fort de ce roman est la complexité et l'épaisseur des personnages. Par exemple, Ylvain est un meneur d'hommes charismatique, à la fois solitaire et entouré d'une foule de disciples  ; un Parleur dont la vie contredit parfois les théories  ; un non-violent qui contre-attaque quand la violence de l'adversaire devient insoutenable  ; un être qui défend des principes généreux et altruistes pour des motifs en grande partie égoïstes... un homme qui peut-être aurait été l'un des plus ardents défenseurs des institutions s'il n'en avait pas été chassé. Il est accompagné de plusieurs femmes également complexes, des battantes qui renoncent pourtant à une partie de leurs aspirations pour suivre le personnage fascinant qu'est Ylvain.

     Même si la trame politique est au premier plan de l'intrigue, et même si le rythme se relâche parfois – en particulier dans la troisième partie – , il ne faut pas croire que ce roman est un pensum indigeste. L'action, l'aventure et l'amour sont au contraire au rendez-vous, rendant la lecture aussi facile qu'agréable. En outre, Ayerdhal a magistralement réussi à transposer dans l'écriture les keins, ces spectacles projetés par les kineïres, de façon à faire percevoir au lecteur leur richesse émotionnelle.
     Les raisons d'aimer cet épais roman sont donc fort nombreuses. Elles témoignent à la fois de la richesse de l'œuvre et de l'intelligence du propos.

Pascal PATOZ (lui écrire)
Première parution : 1/10/2000
nooSFere


Edition FLEUVE NOIR / FLEUVE Éditions, Grand format - SF (2001)

     Quand l'imaginaire parle du rêve.

     Le rêve dans le rêve, l'artiste faisant rêver ses contemporains, tout en réalisant ses propres rêvés... Alors que l'Homéocratie, le gouvernement des humains, a colonisé de nombreux mondes, Ylvain est l'artiste capable de projeter, comme les autres rares « kineires », des images mentales dans une sorte de grand spectacle dont on se montre friand. Créateur supérieur rejeté de son institut de formation, il possède un jeu si puissant qu'il peut projeter ses images mentales pour des centaines de milliers de personnes, sans l'artifice chimique utilisé ordinairement pour rendre les cerveaux des spectateurs réceptifs. La rencontre d'Ely, jeune fille qui n'est pas artiste, mais a d'autres pouvoirs mentaux, lui permettra de porter son art à un niveau jamais atteint, au point d'inquiéter la Commission Éthique et l'Homéocratie. Le conflit est inévitable, et Ylvain, aidé par les Bohèmes et surtout par les trois femmes qui lui sont proches, affronte ses adversaires et les tueurs qu'ils lui envoient. Jarlad se révèle le plus dangereux de tous par ses dons exceptionnels. Cette idée étaie les autres œuvres d'Ayerdhal. Pour ses partisans, la Bohème, c'est la part du rêve, qu'ils ne veulent pas tuer en rentrant dans le rang. La Bohème et la norme sont contradictoires. Jusqu'à ce que certains bohèmes en arrivent à accepter cette idée qu'il leur faut noyauter l'Homéocratie en devenant une sorte de virus. Peut-être ainsi pourront-ils aider Ylvain à changer les valeurs homéocrates. Ayerdhal met au premier plan le rôle de l'artiste, sa passion à utiliser ses facultés pour dénoncer les problèmes du monde, en affirmant son refus d'assister passif aux événements.
     Une autre caractéristique du roman est la place accordée aux femmes. Trois se partagent Ylvain. Elles sont des personnalités fortes, ont des dons parallèles ou analogues à ceux d'Ylvain, se montrent plus résolues et responsables que la plupart des hommes. Elles se font concurrence, unies cependant par leur affection pour Ylvain.
     Le roman, d'une puissance épique et dramatique remarquable pour un jeune auteur, est parcouru par une présence artistique qui prend sa plénitude avec les projections de Ylvain, et notamment deux « keins » surprenants, dont le rêve de vie est le meilleur. Avec son action captivante, ses rebondissements et péripéties incessants sur diverses planètes, son rythme soutenu, le roman offre à ceux qui ne l'ont pas encore lu un week-end complet de lecture palpitante. Ils se retrouveront le lundi la tête encore pleine des rêves d'Ylvain.

Roland ERNOULD
Première parution : 1/2/2001
dans Phenix 56
Mise en ligne le : 5/4/2004

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