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Et pour quelques gigahertz de plus...

Ophélie BRUNEAU

Science Fiction  - Illustration de Éric SCALA
AD ASTRA n° (4), dépôt légal : janvier 2012
220 pages, catégorie / prix : 20,00 €, ISBN : 978-2-919241-05-7
Couverture

    Quatrième de couverture    
     Un vaisseau proche du cimetière des astronefs...
     Un équipage incomplet et hétéroclite...
     Un système inexploré à la veille d’une guerre interplanétaire...
     Pour Jean-Frédéric Serrano, commandant du Viking, la meilleure solution serait de quitter le secteur avant le début des embrouilles ! Sauf, bien sûr, si les autochtones impliquent de force les Terriens dans leur conflit.
     Pris entre deux feux, privés du soutien de la planète-mère, les soldats du Viking joueront à la roulette russe... à leur façon !
     Dans l’espace, personne ne vous entendra bluffer.
     Avec Et pour quelques gigahertz de plus, space-opera mouvementé qui lorgne du côté de Babylon V et de Galaxy Quest, Ophélie Bruneau vous promet un bel électrochoc !

     Ophélie Bruneau se décrit volontiers comme hispano-montargo-réunionno-nanto-chti, et encore, c'est pour simplifier. Après avoir grandi entre deux hémisphères et survécu à des études d'ingénieur, elle est venue à la littérature par le Dongeon de Naheulbeuk et a publié ses premières nouvelles en 2009. Elle vit en banlieue parisienne avec un sosie raté de Sébastien Chabal, un cerisier mégalomane, deux oursons pirates et beaucoup de bibliothèques.
     Et pour quelques gigahertz de plus est son premier roman.

 
    Critiques    
     Les éditions Ad Astra, dont on a pu notamment apprécier jusque-là le travail autour de Christian Léourier et Jean Millemann (cf. critiques in Bifrost n°65), donnent cette fois sa chance à une jeune auteure, Ophélie Bruneau, dont c'est ici le premier roman. Un vaisseau spatial d'exploration terrien se retrouve propulsé au cœur d'un conflit qui le dépasse quelque peu : dans un système solaire lointain, deux planètes se disputent la suprématie sur une troisième, riche en minerais. N'ayant pas vocation à arbitrer ce type de confrontation, le capitaine du Viking, Jean-Frédéric Serrano ( !), devra néan-moins s'y atteler pour sauver la vie de l'un de ses membres d'équipage, fait prisonnier par l'un des camps antagonistes.

     Space opera de la plus classique facture, cousin lointain de Star Trek, Et pour quelques gigahertz de plus... se lit sans déplaisir grâce à un sens du rythme assez bien maîtrisé. Les péripéties s'enchaînent convenablement, les rebondissements relancent l'intérêt, bref, de ce point de vue, Ophélie Bruneau s'en sort avec les honneurs. Ce qui n'empêche pas le bât de blesser sur plusieurs aspects : tout d'abord, les personnages sont réduits à de simples caricatures sans réelle épaisseur. Ceci vaut autant pour les êtres humains que pour les extraterrestres, desquels l'auteure ne tire pas tout le potentiel disponible. Faute de creuser suffisamment (notamment, sur le rapport des habitants de Ninsat, l'ancienne colonie devenue indépendante, avec la planète-mère), alors qu'elle avait pourtant planté quelques bases intéressantes, Bruneau ne parvient jamais à nous donner à voir des extraterrestres crédibles.

     Se plaçant ouvertement sous l'influence de Douglas Adams (et de Babylon 5 et Galaxy Quest, d'après la quatrième de couverture), la romancière découvre aussi qu'il n'est jamais évident de faire rire, même avec la meilleure volonté du monde. Si l'on sourit parfois, si l'on trouve quelques répliques plutôt bien senties, on sera moins indulgent sur d'autres passages, comme certaines idées étirées jusqu'à les vider de toute substance (le jeu vidéo...). Il est vrai que l'humour est une chose difficile à maîtriser en littérature... En outre, le livre oscillant entre ce nonsense et une trame un peu plus sérieuse, on a le sentiment que l'auteure n'a jamais réussi à concilier les deux et se retrouve in fine aux prises avec un roman qui échoue à trouver son équilibre : les enjeux dramatiques sont escamotés du fait de cet humour nonchalant alors même que Bruneau, désireuse de raconter une histoire qui se tienne, ne lâche jamais la bride côté drôleries.

     On l'aura compris, Et pour quelques gigahertz de plus..., sans être déshonorant, reste malgré tout une tentative bancale sur de nombreux points. De fait, au-delà de ce premier roman, on patientera quelque peu pour se faire une idée plus précise du potentiel d'Ophélie Bruneau. 1

Notes :

1. Tout en signalant un prix de vente (20 € !) pour un livre de poche, qui plus est sans traduction car écrit par un auteur français, explosant allègrement les frontières du foutage de gueule ! [NDRC]


Bruno PARA (lui écrire)
Première parution : 1/4/2012
dans Bifrost 66
Mise en ligne le : 4/6/2013


 
Base mise à jour le 18 juin 2017.
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