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Zoo City

Lauren BEUKES

Titre original : Zoo City, 2010
Fantastique  - Traduction de Laurent PHILIBERT-CAILLAT
Illustration de Joey HI-FI
ÉCLIPSE, coll. Fantastique n° (3), dépôt légal : juin 2011
352 pages, catégorie / prix : 18 €, ISBN : 978-2-36270-045-3

Couverture   verso

    Quatrième de couverture    
     Bienvenue à Zoo City.

     Imaginez un monde où chaque criminel devrait vivre avec un compagnon animal dont il doit s'occuper ; car si l'animal meurt, son propriétaire aussi.

     C'est ainsi que les pires criminels d'Afrique du Sud survivent désormais à Zoo City.

     Lauren Beukes nous livre sa vision unique d'un Johannesbourg fantastique.

     Arthur C. Clarke Award 2010 du meilleur roman
     BSFA Award 2011 de la meilleure couverture


    Prix obtenus    
Arthur C. Clarke, [sans catégorie], 2011
British Science Fiction, artiste / Illustrateur, 2010
Grand Prix de l'Imaginaire, artiste / Illustrateur, 2012
 
    Critiques    
     Ce roman arrive précédé d'une solide réputation : lauréat du prix Arthur C. Clarke Award, nominé au prix de la British Science Fiction Association, où la couverture de Joey Hi-Fi a quant à elle été élue. Bonne idée des éditions Éclipse, qui l'ont reprise ; elle est en effet très réussie, avec ces lettres-composites mêlant éléments architecturaux et animaux, et colle parfaitement au livre.
     Lauren Beukes est une auteure et journaliste sud-africaine d'une trentaine d'années, qui commença par publier un essai (en 2005), puis un premier roman inédit en France, le thriller Moxyland (2008), avant Zoo City. Elle écrit également des scénarios pour la télévision sud-africaine.
     Zoo City, c'est Johannesbourg. La ville doit son surnom à une partie de la population, les aposymbiotes, ou encore Animalés ; il s'agit de criminels condamnés, dont l'une des peines est de se voir confier un animal, dont ils doivent prendre soin, car il est leur garantie de continuer à vivre. L'aposymbiote et son animal tissent des liens étroits, et sont capables de communiquer. De plus, l'association peut conférer des pouvoirs à sa composante humaine ; par exemple, Zinzi December est capable de voir et de retrouver la trace des objets perdus par une personne. Elle met ce talent à disposition de ses clients, afin de gagner maigrement sa vie. Le jour où un riche producteur de disque qui vit terré à son domicile lui propose de retrouver l'une de ses artistes disparues, elle hésite néanmoins : malgré la confortable somme promise en récompense, elle ne sait trop dans quel milieu malsain elle va plonger...
     Zoo City / Johannesbourg, c'est surtout le personnage principal du roman. Lauren Beukes le dit dans sa préface, mais cela n'était pas nécessaire, tant cela saute aux yeux : une Johannesbourg en déliquescence, où les quartiers glauques côtoient les arrondissements dangereux, où la drogue et les armes circulent en toute impunité, où l'on va d'odeur en odeur. Mais une ville où s'est également développée un tissu social certain, mélange fluctuant d'entraide et d'indifférence. Bref : un organisme vivant, très vivant même, mais malade. C'est la principale force de ce livre : nous faire pénétrer de manière convaincante dans un Johannesbourg certes imaginaire, mais qu'on imagine très proche de la réalité. Lauren Beukes y est née, elle connaît son sujet – qu'elle a d'ailleurs approfondi pour les besoins de l'écriture de cet opus – et cela se sent.
     L'enquête policière, quant à elle, sans être transcendante, tient néanmoins ses promesses, et assure le fil rouge qui permet à l'auteur de nous promener dans le véritable sujet du roman. On y croise ainsi des personnages finalement plus complexes qu'il n'y paraît au premier abord : le producteur véreux a aussi ses failles ; le petit copain est tiraillé entre son passé douloureux et l'amour qu'il porte à Zinzi ; le familier de celle-ci, un Paresseux, a même sa propre personnalité, sensible au danger. La crédibilité des protagonistes joue aussi dans l'effet d'immersion souhaité par Beukes.
     Ajoutez à cela un style assez nerveux à la première personne, une narration faite d'ellipses, et vous aurez le portrait d'un Zoo City qui est une très plaisante découverte, particulièrement dépaysante – ce qui ne veut pas dire délassante, car la noirceur empreint tout le roman – et nous suggère de guetter les prochains livres de Lauren Beukes.

Bruno PARA (lui écrire)
Première parution : 15/7/2011
nooSFere


     Dans le flot de nouveautés que charrient chaque mois les éditions Eclipse, entre deux zombies avariés et trois vampires périmés, se cachent régulièrement quelques jolies pépites qui méritent d'être découvertes. Zoo City, deuxième roman (et premier traduit en France) de la Sud-Africaine Lauren Beukes, récompensé l'an dernier par le Arthur C. Clarke Award, en fait partie sans l'ombre d'un doute.

     Zinzi est une jeune femme au parcours chaotique. Ex-journaliste, ex-junkie, elle vit au jour le jour en prenant part à des arnaques minables via Internet pour soutirer de l'argent à quelques gogos suffisamment crédules, et en se servant à l'occasion de son don qui lui permet de retrouver les objets perdus. Signe particulier : Zinzi est une animalée, c'est-à-dire qu'où elle aille et quoi qu'elle fasse, elle est accompagnée en permanence d'un animal, en l'occurrence un paresseux, dans lequel elle voit le stigmate vivant de sa responsabilité dans la mort de son frère. Dans l'univers de Zoo City, du nom du quartier de Johannesburg où ils ont été relégués, ils sont nombreux, criminels ou paumés, à vivre ainsi en symbiose avec un singe, une mangouste ou un vautour. On ignore l'origine du phénomène. Certains le font remonter aux années 80, lorsqu'un seigneur de guerre afghan a commencé à apparaître en public accompagné d'un pingouin. D'autres parlent d'accident nucléaire, ou d'épidémie virale, à moins que ces créatures ne soient les réincarnations de proches disparus.

     Original, l'univers de Zoo City emprunte autant à la fantasy urbaine qu'au cyberpunk. D'un côté on a des phénomènes magiques, auxquels aucune explication précise ne sera apportée. De l'autre, un monde contemporain où la misère la plus noire côtoie l'opulence la plus obscène. Guidé par Zinzi, qui a connu ces deux univers, on passe sans transition des boîtes de nuit les plus branchées aux bas-fonds les moins fréquentables, des zones ultra-sécurisées réservées à une élite aux quartiers insalubres où l'on meurt rarement dans son sommeil. Pas le genre de lieu où l'on aimerait s'installer, mais pourtant une ville extraordinairement vivante, débordante d'énergie, ce que rend à la perfection l'écriture de Lauren Beukes (et la traduction de Laurent Philibert-Caillat est au diapason).

     Dans le rôle de la narratrice, Zinzi se révèle très vite être un personnage particulièrement attachant. C'est une jeune femme complexe qui trimballe un lourd passé. Un peu minable et paumée dans un premier temps, son sens moral anesthésié par des années de galère, elle va progressivement sortir la tête de l'eau et réapprendre, parfois de façon brutale, que chacun de ses actes a des conséquences, sur les autres comme sur elle.

     Seule petite faiblesse du roman : son intrigue. Zinzi est amenée à enquêter dans le milieu de la musique et à se lancer à la recherche d'une pop star disparue. Prétexte dans un premier temps à aborder Johannesburg sous ses différentes facettes, elle s'emballe dans la dernière partie du livre et culmine dans un invraisemblable capharnaüm où une truie ne retrouverait pas ses petits. Malgré cela, Zoo City constitue une lecture des plus enthousiasmantes, et Lauren Beukes atterrit illico sur la liste des auteurs à suivre de très près. On ne serait d'ailleurs pas fâché de voir traduit Moxyland, son premier roman, en attendant la suite.

Philippe BOULIER
Première parution : 1/10/2011
dans Bifrost 64
Mise en ligne le : 20/2/2013


 
Base mise à jour le 9 septembre 2017.
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