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Espion de l'Étrange

Serge LEHMAN


Illustration de Jeam TAG
LES MOUTONS ÉLECTRIQUES, coll. La Bibliothèque voltaïque n° (20)
Dépôt légal : mai 2011
304 pages, catégorie / prix : 25 €
ISBN : 978-2-36183-057-1   
Genre : Fantastique 



    Quatrième de couverture    
Dans le petit monde de la famille Dekk, il y a le père, Thomas, dissident tchèque réfugié en France après le Printemps de Prague. Il y a le fils, Karel, étudiant en Lettres à la Sorbonne. Il y a la banlieue parisienne en proie à des apparitions monstrueuses, et l’Europe où services secrets et empires industriels s’affrontent pour le contrôle de la réalité. Ajoutez un vaisseau alien de la taille d’une lune, une aberration topologique du réseau RER, une cité transmonde appelée Noireville et même le milieu des écrivains français de science-fiction et vous aurez une idée de ce qu’est Espion de l’étrange.

Dans ce livre qui rassemble deux romans et quatre nouvelles des débuts de sa carrière, Serge Lehman revisite les sources de son écriture : le désir impossible d’être un auteur de pulps, l’amour pour les histoires de quatrième dimension et l’humour à la Métal Hurlant.

Serge Lehman
écrit des romans (F.A.U.S.T., Aucune étoile aussi lointaine), des nouvelles (Le Haut-lieu et autres espaces inhabitables), des scénarios pour le cinéma (Immortel d'Enki Bilal) et la bande dessinée (La Brigade Chimérique avec F. Colin et Gess). Il publie aussi des anthologies comme Chasseurs de chimères ou Retour sur l'horizon. Passionné d'histoire et de théories littéraires, il est aujourd'hui critique au Monde des Livres.


    Sommaire    
1 - Dans la zone crépusculaire, pages 5 à 12, Préface
2 - Espion de l'Étrange, pages 13 à 108, Roman
3 - L'Homme qui voulait sauver l'univers, pages 109 à 128
4 - Sur l'échine de la Grande Ourse, pages 129 à 142
5 - Collector, pages 143 à 164
6 - Le Système Dogoujiev, pages 165 à 186
7 - L'Ange des profondeurs, pages 187 à 288, Roman
8 - Les Notes-de-l'Étrange, pages 289 à 298, Guide de lecture
 
    Critiques    
     1. Pré-critique, où le chroniqueur se montre assez désagréable...

     Une fois de plus dans ces pages (cf. la critique du Haut-lieu et autres espaces inhabitables par Olivier Girard dans Bifrost n° 53), on se permettra de déplorer le silence objectif de Lehman, l'auteur de nouvelles et de romans, que ses anthologies, ses rééditions et ses scénarios de BD (seul ou en collaboration) ne font que masquer. Il y a, certes, des motifs recevables à ce mutisme relatif : l'écrivain s'en est déjà expliqué. Mais si je devais comparer sa démarche à celle d'un autre créateur que j'apprécie beaucoup, le musicien Peter Gabriel, qui lui aussi égrène désormais des œuvres moins que neuves (BOs de film réintégrant des morceaux existants, album de reprises, live multiples), je souhaiterais les voir tous deux — oui, je pèse ce que l'expression peut avoir de blessant — un peu moins artistes et un peu plus artisans. C'est que c'est égoïste, un fan.

     2. Critique, où le même chroniqueur se révèle plutôt aimable...

     Sous une couverture séduisante de Jeam Tag (une reprise de l'édition Fleuve Noir de 1991), « Espion de l'étrange » réunit l'intégralité des récits consacrés par Serge Lehman au personnage de Karel Dekk (qui est également le pseudonyme sous lequel ils sont parus), soit le roman éponyme et cinq nouvelles, auquel s'adjoignent un roman « cousin », L'Ange des profondeurs, et les synopsis tant des textes publiés que de ceux projetés, mais (encore ?) jamais réalisés.

     Disons-le tout net : ce volume ne présente pas le pan le plus achevé de la production de Lehman, qui le reconnaît d'ailleurs lui-même dans une préface attachante où il détaille les avanies subies par la série. Non, les aventures de Dekk (et de son semblable Dirac) ressortissent bien d'une science-fiction aussi populaire qu'un peu foutraque. On rencontre des monstres d'outre-espace, on navigue dans des univers parallèles, on croise diverses personnalités du milieu, on assiste à cette fameuse institution de la SF française (ou parisienne, tout au moins) qu'est le Déjeuner du lundi, on fond devant une femme fatale qui tient beaucoup de la ninja, bref, on sourit souvent, de connivence ou d'incrédulité.

     Toutefois, il faut reconnaître qu'il y a là le terreau sur lequel des textes plus ambitieux, plus achevés, ont poussé — dont la série « F.A.U.S.T. » et l'une des plus belles nouvelles de l'auteur, « L'Inversion de Polyphème ». Alors, oui, ces divers récits relèvent d'une espèce de... méta-pulp autoréférentiel ; oui, ils recyclent (y compris au sens propre, voir la chute abominable de « L'homme qui voulait sauver l'univers ») des tropes familiers ; oui, ils frôlent très souvent le pastiche. Mais ils témoignent de l'amour profond, viscéral, de Lehman pour le genre, de son désir de le voir conquérir le monde (ce qu'il fait, d'une certaine façon, dans « Collector ») et de sa fascination pour les possibles, aussi outrés soient-ils. Et, surtout, « Espion de l'étrange » est un bouquin fun. C'est trop rare pour qu'on néglige de le souligner.

     3. Post-critique, où le chroniqueur perd tout sens de la mesure...

     Bon, Serge, sauf ton respect : tu te le bouges, ton popotin ?

Pierre-Paul DURASTANTI (lui écrire)
Première parution : 1/10/2011 dans Bifrost 64
Mise en ligne le : 23/2/2013


 

 
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