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Bloody Marie

Jacques MARTEL

Science Fiction  - Illustration de Sylvain SARRAILH
BLACK BOOK, coll. A dé couvert n° (6), dépôt légal : mai 2011
560 pages, catégorie / prix : 22 €, ISBN : 978-2-363280-89-3
Couverture

    Quatrième de couverture    
     L’humanité s’est répandue dans la galaxie, et ses colonies finirent par être séparées par la distance.
     Il y a trois générations, les hommes et les femmes ont recommencé à voyager, donnant naissance à un nouvel espoir : l’Essor.
     Aujourd’hui, les grandes voies sont à nouveau sillonnées par les navires de commerce qui font la prospérité des armateurs, mais aussi celle de leurs prédateurs : les pirates.
     Avec succès, la Ligue et la Flotte ont joué de tout leur poids et de la puissance de leurs corsaires pour mettre fin à l’activité des Forbans du Vide, avant de promettre des amnisties. Désormais, d’anciens pirates traquent leurs confrères. Ces dernières années ont sonné le glas de la piraterie.
     Mais, au comptoir d’un des plus anciens bars à matelots, un vieux soutier annonce aux habitués le retour de la terrible fille du feu Ravageur de Mondes : Bloody Marie.
     Menée par une colère jamais retombée depuis que la Ligue, quinze ans auparavant, a piégé son père, la pirate refuse de baisser pavillon.
     Tous sabords ouverts, les canons prêts à vomir leurs charges de plasma, Bloody Marie lance le Long John pour un dernier raid...

     Entre passé et avenir de l’humanité, évolution futuriste et codes anciens de la piraterie, le scénario de Bloody Marie entremêle action, infiltration, combats spatiaux et enquête tout au long d’une intrigue savamment construite, complexe, captivante, pour aboutir à un final inattendu et percutant.
     Passionné par l’histoire et ses personnages légendaires, Jacques Martel crée ici un univers qui n’est pas sans rappeler ceux des plus célèbres space opera, d’une part pour son équilibre entre cohérence et réalisme, et d’autre part pour ses aspects grandioses et épiques.

 
    Critiques    
     Naufragé sur un astéroïde désert, le mystérieux Irving Phileas Russel se trouve secouru par la redoutable pirate Bloody Marie, capitaine du Long John et fille du défunt Ravageur de Mondes. Cet événement marque le début d'une aventure spatiale riche en péripéties...

     Qui peut encore vouloir lire un roman de piraterie dans l'espace aujourd'hui ? A priori pas moi, car j'ai furieusement l'impression d'avoir fait le tour du genre et nombre de space operas me tombent des mains lorsqu'ils se contentent de décalquer les romans d'aventures maritimes...
     Pourtant, je le confesse, Jacques Martel a réussi l'exploit de m'embarquer dans son récit dès les premières pages. Je me suis aussitôt retrouvé solidement planté sur le pont du navire, le visage fouetté par les embruns du vide intersidéral, mes rares cheveux flottant aux vents solaires, sabre au poing, verre de rhum – ou plutôt de skye de la N'Ecosse – dans l'autre... Je n'aurais laissé ma place pour rien au monde, car seule compte la Course, aux côtés de fiers et fidèles compagnons !
     Vous l'aurez compris, j'ai pris un grand plaisir à cette lecture. Je n'ai rien à dire pour ma défense : Bloody Marie n'est bien qu'un pur roman d'aventures qui rend hommage aux pirates des XVIIème et XVIIIème siècles, avec son lot de combats, de rebondissements et de trahisons. Il faudrait même peu de remaniements pour placer ce texte dans un cadre historique tout à fait classique, même si, outre le décor spatial, l'auteur enrichit l'intrigue par divers éléments issus des littératures de l'Imaginaire – tels qu'une histoire future de l'expansion humaine compliquée par un déclin technologique, la description d'une utopie nommée Libertia 1, ou encore la présence d'un « Autre »...
     Si la sauce prend, ce n'est donc pas grâce à l'originalité fondamentale du propos, ni à son audace spéculative, mais tout simplement grâce au formidable talent de conteur dont fait preuve le sieur Martel. Le récit s'appuie sur son classicisme pour en devenir aussi solide qu'une lame bien trempée, car l'auteur aborde avec panache et sans naïveté chaque « figures imposées » du genre – ce que chez d'autres, on appellerait des « clichés ». Lorsqu'on joue avec les codes d'un genre, non par facilité mais pour mieux lui rendre hommage, le jeu en vaut la peine. Avec des personnages aussi sympathiques et attachants que hauts-en-couleurs, un bon dosage d'action et de suspense, un style enlevé et sans redondance, le souffle de ce drame galactique emporte et convainc.

     Le temps de ce roman, on retrouve ainsi l'enthousiasme juvénile autrefois éprouvé à la lecture d'un Stevenson, tout en appréciant la relative finesse avec laquelle l'auteur peint un univers en pleine mutation. Finalement, longue vie aux romans de piraterie dans l'espace lorsqu'ils sont aussi revigorants que celui-ci !


Notes :

1. qui renvoie à la fameuse Libertalia de Madagascar, probablement légendaire, décrite par un certain Charles Johnson, considéré comme un pseudonyme de Daniel Defoe.


Pascal PATOZ (lui écrire)
Première parution : 28/6/2011
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Base mise à jour le 18 juin 2017.
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