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Alien : No Exit

Brian EVENSON

Titre original : Aliens: No Exit, 2008

Traduction de Héloïse ESQUIÉ
Illustration de Marc BRUCKERT

LE CHERCHE-MIDI
Dépôt légal : août 2011
336 pages, catégorie / prix : 19 €
ISBN : 978-2-7491-2073-7   
Genre : Science-Fiction

Publié en langue anglaise sous le pseudonyme transparent de B.K. Evenson.



    Quatrième de couverture    
     Quand l'auteur de La Confrérie des mutilés s'attaque au mythe d'Alien.

     Après des années de lutte contre l'envahisseur, la menace des Aliens semble enfin n'être plus qu'un mauvais souvenir pour les humains. Du passé. Jusqu'au jour où l'extermination de douze scientifiques en poste avancé sur la planète C-3 L/M laisse à penser que les créatures sont de retour.
     Une des compagnies en charge de l'exploitation de C-3 L/M décide alors de réveiller Anders Kramm. Plongé depuis trente ans dans un sommeil cryogénique à la suite d'un drame personnel, Kramm est l'un des chasseurs d'Aliens les plus doués de sa génération. Envoyé sur C-3 L/M pour enquêter, il ne tarde pas à comprendre que la vérité est beaucoup plus complexe que ce qu'il paraît.

     Contraint de quitter l'Église mormone en raison de la nature de son œuvre, Brian Evenson dirige aujourd'hui un programme d'ateliers d'écriture à Brown University. Il est l'auteur de Contagion, d'Inversion, de Père des mensonges et de La Confrérie des mutilés, publiés au cherche midi dans la collection « Lot 49 ».
 
    Critiques    
 
     Brian Evenson est connu en France pour ses livres frôlant le fantastique et l’horreur parus dans l’excellente collection Lot 49, comme Inversions ou la Confrérie des mutilés. Il est donc plutôt surprenant de le voir revenir, chez le même éditeur, avec la même traductrice (dont la science-fiction ne semble pas être sa tasse de thé, cf. un terraforming non traduit), pour un roman de la franchise Alien, édité aux États-Unis par Dark Horse Comics.

     Coté franchise, justement, le contrat est rempli, peut-être même trop fidèlement : mélange appliqué des deux premiers films, le récit contient tous les ingrédients marquants : alien dans le ventre, reine pondeuse, poursuites dans les couloirs de stations spatiales, androïdes, compagnie préférant le profit aux vies humaines, seconds rôles se sacrifiant à rythme régulier, pas grand-chose ne manque. On ne s’éloigne guère du sillon cinématographique, au dépend de l’originalité. On peut regretter qu’après une première partie dotée d’une intrigue ouverte, on retombe sur le classique groupe de mercenaires armés fuyant la créature pendant la seconde moitié du livre. On imagine qu’un monteur habile pourrait faire de ce roman un film dont 50% viendrait d’extraits du huitième passager et d’Aliens.

     Evenson a visiblement préféré l’action à la réflexion et a produit un roman de détente se lisant facilement, voire avidement, si on laisse de coté quelques ratés dans la psychologie des personnages (mais pourquoi diable le narrateur s’est-il fait congeler si c’est pour se réveiller trente ans plus tard en ayant l’impression que ce qu’il voulait oublier s’est déroulé hier ?) ou dans l’intrigue (la quasi-disparition du bad guy à la moitié du récit !).

     Au final, Alien : no exit est un bon roman d’action, pas vraiment original, mais de qualité supérieure pour un produit de franchise qui plaira sans nul doute aux amateurs de la saga cinématographique. Les lecteurs de Brian Evenson habitués de la collection lot 49 risquent par contre une belle déception s’ils s’aventurent dans cette lecture.



René-Marc DOLHEN
Première parution : 17/8/2011 nooSFere


     De La Confrérie des mutilés à Père des mensonges, Brian Evenson a largement montré ses qualités d'auteur dérangeant. On soutiendra sans peine qu'il fait désormais partie des grandes plumes du roman contemporain anglo-saxon. Publiée fort logiquement chez « Lot49 » (collection hautement recommandable dont on s'enverrait bien l'intégralité du catalogue sans ciller), l'œuvre de cet ancien mormon (dont les démêlées avec son église sont connues — à tel point qu'il a dû renoncer à tout pour écrire) s'inscrit dans une logique critique implacable, où une violence sourde met peu à peu le lecteur mal à l'aise, malgré un humour noir assez détonnant. C'est donc avec une surprise teintée d'incrédulité qu'on découvre ce Alien, No Exit™, paru certes au Cherche-Midi, mais pas dans la collection « Lot49 ». Après quelques pages, on s'aperçoit aussi que si la traductrice est restée la même, elle n'a pas dû bénéficier des services du même correcteur (ou alors saoul ?). Concordance des temps hasardeuse, structures des phrases pour le moins curieuses, on se dit que ce roman-là n'a pas forcément été considéré comme l'œuvre majeure de l'auteur. On craint même que le label Monstre-avec-des-dents n'ait quelque peu submergé les scrupules de l'éditeur, bien décidé à se faire du pognon quand même, parce que bon, y a pas de raison.

     Bref, surpris, mais pas forcément consterné, le lecteur lit. Et là, oui, le lecteur est peu à peu mal à l'aise, mais pas pour les mêmes raisons. On s'attend en fait à une sorte de relecture métacritique de Alien, au sens de la conscience du monstre en tant qu'entité raisonnée dans un registre marxiste teinté de religiosité fallacieuse, bref, on s'attend à du Evenson, quoi, mais en fait, non, l'auteur aime Alien, et ça tombe bien, du Alien, il en a trois cents pages à fourguer. Bilan, une franchise. Une sorte de Star Wars™ sans intérêt, certes bien foutu, très pro, mais lamentable du début à la fin. Un machin qu'on s'attend à trouver sous le label Warhammer 40 000™, pas au Cherche-Midi. L'histoire, vous y tenez vraiment ? Bon. Un chasseur d'Aliens estime être responsable du massacre de sa famille (il a tort, mais il souffre, et cette souffrance est importante, ça donne de la graisse au personnage). Comme il a du mal à s'en remettre (un peu comme Thomas Day, après avoir palpé l'à-valoir de Resident Evil™), il décide de se cryogéniser et de se réveiller dans super-longtemps, histoire d'oublier un peu. On le décryogénise, et, surprise, il se rend compte que, en fait, pour lui, c'est comme si sa famille était morte hier sous les coups de dents des monstres bien connus. Il continue à souffrir. Par désœuvrement, inconscience ou handicap mental, il accepte de jouer les experts sur une planète perdue que se disputent deux grosses multinationales très méchantes. Une attaque d'Aliens y a, paraît-il, eu lieu. Il s'y rend, découvre la mise en scène et se rend compte qu'il a mis le doigt dans... dans quoi ? Allez, dans un complot. Voilà. Jusque-là, c'est assez chiant. Heureusement, il y a une chouette scène de torture et, ah quand même, des attaques d'Aliens.

     Bref, pour faire court, il faut vraiment être fan d'Alien pour aimer ce roman. Mais vraiment fan, hein, pas juste aimer le film de Ridley Scott pour son ambiance et son étrange beauté. Non non, il faut bouffer du Alien au petit déjeuner, avoir un mug Alien et boire des grandes chopes d'acide en se marrant avec les potes. Pour les autres, Alien, No Exit™ sera un peu court, au sens littéraire, s'entend.

Patrick IMBERT
Première parution : 1/10/2011 dans Bifrost 64
Mise en ligne le : 25/2/2013


 

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