Collaboration : , trim : Paolo BACIGALUPI
Collaboration : , trim :
Collaboration : , trim : Sara DOKE
Collaboration : , trim :
Collaboration : , trim :
Collaboration : , trim :
Collaboration : , trim :
Collaboration : , trim : Paolo BACIGALUPI La Fille automate - Paolo BACIGALUPI - Fiche livre - Critiques - Adaptations - nooSFere

Encyclopédie Infos & Actu Recherche Association Sites hébergés
Bienvenue sur le site nooSFere.
Le javascript est nécessaire à l'affichage du menu dynamique.

recherche rapide
    nooSFere > Encyclopédie > Littérature Choisir un autre habillage   
    Critiques    
    Littérature    
    Identification    
    Fiche livre    

Collaboration : , trim : Paolo BACIGALUPI

La Fille automate

Paolo BACIGALUPI

Titre original : The Windup Girl, 2009
Science Fiction  - Traduction de Sara DOKE
AU DIABLE VAUVERT n° (72), dépôt légal : février 2012
616 pages, catégorie / prix : 23 €, ISBN : 978-2-84626-384-9

Couverture : Nele Schütz Design.

Couverture

    Quatrième de couverture    
     Vous ne verrez plus jamais le futur de la même manière.

     PRIX LOCUS DU PREMIER ROMAN 2010

     La sublime Emiko n'est pas humaine. C'est une créature artificielle, élevée en crèche et programmée pour satisfaire les caprices décadents d'un homme d'affaires de Kyoto. Êtres sans âme pour certains, démons pour d'autres, les automates sont esclaves, soldats ou jouets pour les plus riches, en ce XXIe siècle d'après le grand krach énergétique, alors que les effets secondaires des pestes génétiquement modifiées ravagent la Terre et que les producteurs de calories dirigent le monde. Qu'arrive-t-il quand l'énergie devient monnaie ? Quand le bioterrorisme est outil de profit ? Et que les dérives génétiques font basculer le monde dans l'évolution posthumaine ?

     Auteur de nouvelles récompensées par de nombreux prix mais aussi d'essais, Paolo Bacigalupi est lauréat en 2010 du prestigieux prix Locus du premier roman pour La Fille automate. Il vit dans le Colorado.


    Prix obtenus    
John W. Campbell, Jr. Memorial, [sans catégorie], 2010
Grand Prix de l'Imaginaire, prix Jacques Chambon de la traduction, 2013
Grand Prix de l'Imaginaire, roman étranger, 2013
Hugo, roman, 2010
Locus, premier Roman, 2010
Nebula, roman, 2009
Bob Morane, roman étranger, 2013
Une autre Terre, [sans catégorie], 2013
Prix Planète-SF des Blogueurs, [sans catégorie], 2012
 
    Critiques    
     Bangkok, dans un futur relativement proche. À la période d'Expansion (énergétique et commerciale) a succédé celle de Contraction, lorsque le pétrole est venu à manquer. Faute de pouvoir voyager facilement et rapidement, les pays se sont renfermés sur eux-mêmes. En Asie du sud-est, la Thaïlande a néanmoins réussi à assurer la domination sur la région, alors que toutes les anciennes puissances économiques locales (Chine, Japon...) se sont écroulées. Les États-Unis continuent d'exporter leur savoir-faire de semencier d'organismes génétiquement modifiés, seuls résistants aux multiples maladies qui se sont répandues (volontairement ?) dans les cultures ; Anderson Lake est un employé de l'une de ces multinationales de l'agro-alimentaire. Lorsqu'il tombe sur un fruit qu'on croyait oublié, issu de laboratoires thaïs, lesquelsse posent donc en concurrents directs de l'industrie qu'il représente, il comprend que les enjeux économiques n'ont jamais été aussi forts. Il va donc mener l'enquête pour déterminer l'origine du fruit dans ce Bangkok confluent de toutes les populations, où les destinées s'entrecroisent : il y a là Hock Seng, un Chinois réfugié que les Thaïs ont accepté de mauvaise grâce, et employé de Lake : Carlyle, dont les dirigeables permettent aux contrebandiers de passer leurs marchandises en fraude ; Jaidee Rojjaanasukchai, du Ministère de l'Environnement, un Thaï dont la probité et la flamboyance lui ont valu l'admiration de ses subordonnés, et qui lutte pour préserver les valeurs du pays au détriment de ses aspirations commerciales ; enfin, il y a Emiko, la fille automate du titre, pauvre créature créée par les Japonais pour donner du plaisir aux clients de son possesseur.
     Paolo Bacigalupi, auteur de nouvelles dont plusieurs ont été traduites en France dans la revue Fiction, a obtenu avec ce roman publié en 2009 une kyrielle de prix : prix Locus du premier roman, mais aussi (et surtout) prix Hugo, Nebula et John W. Campbell. Bilan impressionnant pour un jeune auteur ; sa réception en France sera-t-elle aussi bonne ? Il est permis de le supposer, tant éclatent aux yeux du lecteur les qualités de ce roman. On pensera en premier lieu à sa faculté de dépeindre la société thaïlandaise du futur : un Bangkok plus vrai que nature, décrit dans ses moindres détails du quotidien. Bacigalupi a d'ailleurs vécu plusieurs années en Asie, son expérience personnelle doit compter dans sa capacité à nous rendre Bangkok aussi vivant. L'effet d'immersion est accentué par l'emploi de nombreux idiomes thaï, suffisamment transparents ou expliqués pour ne pas rebuter le lecteur (l'accès à cette culture autre m'a semblé plus simple que celui à la culture indienne du Fleuve des Dieux, de Ian McDonald, pour citer un exemple récent où ce reproche avait pu être fait). Mais un Bangkok du futur, où la montée des eaux menace tous les jours la cité ; où les voitures n'existent plus, si ce n'est pour les gens très riches ; où l'on utilise des éléphants génétiquement modifiés pour actionner les machines. Où enfin les restes de l'Expansion, gigantesques immeubles en construction tombés en décrépitude lors de la période de récession, et utilisés désormais comme poulaillers insalubres pour étrangers qui ne sont pas les bienvenus. Beaucoup plus qu'un décor qui sonne juste, ce Bangkok-là est la parfaite représentation historique de l'évolution de la société telle que l'imagine Bacigalupi ; la ville lui sert en outre de plateforme parfaitement adaptée pour parler des interactions entre les différents personnages, qui incarnent chacun une certain idée du développement de la société. Les tenants du libéralisme (Lake, Carlyle), les idéalistes (Rojjaanasukchai puis Kanya) et les militaires (Pracha) vont se lancer dans une lutte intense pour le contrôle de la société ; au beau milieu de tout ça, il y a ceux qui tentent de tirer leur épingle du jeu (tel Hock Seng), ou ceux qui, complètement perdus, tentent de ne pas perdre espoir (Emiko). Les personnages sont tous très crédibles dans leur histoire, leurs aspirations, leurs cruautés car, finalement tous cherchent leur propre intérêt au détriment des autres ; seule Emiko incarne la blancheur, l'absence de volonté de pouvoir.
     Cette lutte pour la domination trouve sa place, comme on l'a dit, dans un futur très vraisemblable, et passionnant : Bacigalupi, à aucun moment, ne cherche à nous en mettre plein la vue. Il a conçu un univers sensé, directement hérité du nôtre (on pensera bien évidemment au géant de l'agro-alimentaire Monsanto, et à ses démêlés avec la justice et sa vision de la déontologie scientifique), réfléchi à ses développements possibles, et suffisamment digéré tout cela pour en faire le substrat de son histoire. Il propose de nombreuses pistes de réflexion, sans toutefois les asséner au lecteur, mais plutôt en les distillant petites touches par petites touches. Cela se traduit par ce qui peut être considéré comme le princial défaut de ce roman : un certain nombre de redites, qui nuisent quelque peu ; mais il ne faut pas oublier qu'il s'agit là d'un premier roman, et, quoi qu'il en soit ces répétitions ne sont pas rédhibitoires, loin de là (les réduite eût simplement permis d'alléger un peu le roman, qui pèse tout de même ses six cents pages).
     Bref, la kyrielle de prix qui ont salué la parution de ce roman aux États-Unis n'étaient pas usurpées, loin de là : La Fille automate est un livre parfaitement maîtrisé, intelligent dans sa thématique et bluffant dans sa façon de développer celle-ci. L'un des tout meilleurs récits de science-fiction de ses dernières années. Paolo Bacigalupi : retenez ce nom, il est fort à parier qu'on ne l'oubliera pas de sitôt.

Bruno PARA (lui écrire)
Première parution : 18/2/2012
nooSFere


     Du monde décrit par Paolo Bacigalupi, nous ne saurons que son état de dévastation : les multinationales et leurs brevets génétiques incontrôlables ont accéléré l'apparition de virus résistant à tous les traitements. Tout est détruit ? Non, une poche de diversité résiste aux épidémies virales : la nation thaï. Une milice écologique dévouée à son chef, Jaidee, détruit les foyers d'infection dès leur apparition.
     Dans la capitale, Krung Thep, Anderson est envoyé par une multinationale pour découvrir les secrets des thaïs : d'où sortent ces fruits sains issus de souches anciennes et ces semences non stériles ? Fricotant dans le milieu des étrangers, Anderson rencontre dans une maison de passe une Geisha très particulière : Emiko, récemment abandonnée par son maître japonais. Le tenancier exhibe cette poupée de chair, créée par le génie génétique nippon pour remplacer les robots. A la moindre caresse, Emiko, submergée de plaisir, ne peut s'empêcher de donner en spectacle cette jouissance pour laquelle elle a été conçue. Grâce à cette attraction, les clients se ruent au bordel...
     Beauté sans rivale, Emiko est stérile. En outre, elle a été dotée de mouvements saccadés qui rappellent sa nature d'automate et elle témoigne d'une fidélité sans faille envers son maître. Anderson en tombe amoureux, et l'emmène chez lui. Curieusement, Emiko peut faire montre de gestes d'une exceptionnelle rapidité. Pourtant, nul ne s'en inquiète car s'il est une certitude, c'est qu'Emiko, à peine plus évoluée qu'un androïde, est un objet sans âme... Quels sont les secrets de ces automates qui les rendent si précieux ?
     Le royaume thaï est aussi déchiré par un conflit qui oppose deux ministres : l'environnement d'un côté, qui prône l'indépendance, contre le commerce, allié aux multinationales. Tout en soutenant le ministre du commerce, Anderson poursuit sa quête, certain qu'un des grands sorciers de la génétique mondiale, le Docteur Gibbons, a trahi le camp des multinationales. Bien qu'on puisse entendre de-ci de-là son nom, thaïlandisé, Gi Bun Sa demeure introuvable...

     La science-fiction moderne abonde en récits de plus en plus atomisés. Les auteurs multiplient les espaces, les temporalités, et les actions... Parfois le démiurge semble avoir une vague démangeaison d'unité, vite réprimée par un souci de modernité, ou de mode... « La Mode, c'est vieux comme le monde », disait Prévert. Ici, en revanche, le roman de Paolo Bacigalupi est bâti autour de deux unités fortes : unité de lieu, la capitale du royaume, Krung Thep, la cité des êtres divins, assiégée par l'océan qui se presse contre ses digues ; unité de temps, un futur proche, menacé par les virus mutants et les OGM, que les héros tentent de maîtriser. Tous les enjeux du monde semblent s'être concentrés hic et nunc... Par rapport au drame classique, il manque l'unité des actions : celles-ci se croisent et s'entrecroisent, posant la question amusante de savoir quelle est celle qui donne son principal fil directeur au roman.
     La science-fiction n'entretient pas que des liens avec le futur ou avec la physique moderne, mais aussi un rapport étroit avec le conte. Je trouve assez rafraîchissant que ce premier roman ait été conçu avec cette primauté de l'unité du récit. De fait, on pourrait s'amuser à établir un parallèle avec les Cavernes d'acier, d'Asimov : par exemple, quand il s'agit de retrouver Emiko en fuite, une enquêtrice thaï se voit adjoindre une femme automate. A ce moment, je n'ai pu m'empêcher de me remémorer le couple d'enquêteurs constitué par Elijah Baley, le policier, avec le robot R. Daneel...

     Reste le destin des personnages dans cet univers livré au chaos. Je pense qu'ils peuvent être divisés en deux catégories : les personnages traditionnels, qu'ils soient bons ou méchants, comme nous les aimons, et des « figures » aptes à survivre dans ce monde en évolution rapide.
     Parmi les traditionnels, je compte Jaidee, le milicien écologique, les ministres corrompus : la guerre les condamne. De même, les représentants des multinationales, si semblables aux colons de l'ancien temps, semant autour d'eux la destruction avec une indifférence aussi grande que s'ils se prenaient pour des dieux : ils représentent l'Ancien Monde et posent la question de la survie de leurs valeurs morales.
     A l'opposé, les mutations génétiques semblent plus imprévisibles et, au début, elles se caractérisent sur des créatures sans individualité propre. Cela commence avec le cheshire, un chat invisible, créé en hommage à Lewis Carroll, qui a exterminé en une génération la gent féline, prédateur sans concurrence dans l'évolution darwinienne. Cela se poursuit avec les pestes virales, comme la rouille vésiculeuse qui empoisonne les semences OGM, et qui affame les peuples terriens. Ces « êtres » sans conscience incarnent l'avenir et interrogent sur la place qu'ils laisseront à l'homme. Enfin arrive le tour de ces étranges automates du Nouveau-Peuple, comme Emiko, qui semblent apte à survivre malgré les cheschire et les virus. Le seul obstacle à leur avenir vient de leur stérilité...

     Entre récit d'aventure et réflexion sur les techniques OGM, le roman de Bacigalupi dresse le tableau plein de fureur d'un avenir livré au chaos génétique. Révélateur d'une science-fiction qui renonce aux fantaisies maniéristes susceptibles d'atomiser le récit, il s'appuie sur des personnages d'une grande présence dont on garde le souvenir longtemps après lecture.
     En proposant ainsi la version très réaliste d'un futur proche, le roman de Bacigalupi prouve enfin que la SF n'a pas besoin d'une pseudo créativité délirante et sans frein, comme voudrait nous le faire croire une grande partie de la production actuelle. Bien au contraire, le réalisme demeure assurément le meilleur vecteur pour libérer un Imaginaire d'une grande force.


Bernard HENNINGER
Première parution : 7/2/2013
nooSFere


     Premier roman de Paolo Bacigalupi, La Fille automate débarque en France bardé d'un nombre de récompenses assez impressionnant, dont un doublé Nebula/Hugo (ce dernier ex-aequo avec The City and the City de China Miéville). Avant cela, on avait déjà pu découvrir quelques-unes de ses nouvelles dans les pages de la revue Fiction, parmi lesquelles « Le Calorique », qui se déroule dans le même univers.

     A l'instar de Ian McDonald dans Le Fleuve des dieux (éd. Denoël), Bacigalupi a choisi de situer l'action de son récit dans un lieu des plus dépaysant, la Thaïlande, quelques décennies dans le futur. Un futur cauchemardesque, où la biogénétique est à l'origine de catastrophes sanitaires à l'échelle planétaire, où les foyers de guerre ne cessent de se multiplier, et où la disparition du pétrole a bouleversé toutes les relations commerciales. Mais aussi chaotique que soit la situation en Thaïlande, elle n'en demeure pas moins privilégiée si on la compare à celle de la plupart de ses voisins asiatiques qui se sont effondrés les uns après les autres.

     La Fille automate démarre sur un rythme nonchalant, rythme qu'il va garder pendant près de trois cent pages. Le temps pour Paolo Bacigalupi d'immerger pleinement son lecteur dans ce monde exotique, d'en faire ressentir les particularités tant politiques que sociales ou culturelles. Petit à petit, on obtient un tableau extrêmement vivant de cet univers aussi foisonnant qu'effrayant, où la majeure partie de la population doit mener une lutte permanente pour survivre, tandis qu'au sommet de l'Etat, une poignée de profiteurs n'hésite pas à remettre en cause le fragile équilibre qui s'est instauré afin d'accroitre encore un peu plus ses privilèges. Au fil des chapitres, on s'acclimate progressivement aux conditions locales, à ce monde en perpétuel mouvement, peuplé de mastodontes transgéniques, de réfugiés climatiques et de chemises blanches chargées de faire régner l'ordre. Malgré la diversité des sujets qu'il brasse, le tour de force du romancier est de parvenir à donner une vision cohérente et crédible de cet univers, sans la moindre fausse note.

     Bacigalupi prend également son temps pour introduire ses différents protagonistes et leur donner toute l'épaisseur qu'ils requièrent. Il y a Anderson Lake, ressortissant américain, officiellement gérant d'une fabrique de piles, mais en réalité davantage intéressé par la découverte des secrets qui ont permis à la Thaïlande de ne pas connaitre le même sort que ses voisins ; Hock Seng, vieux Chinois qui a fui son pays pour échapper aux guerres de religion qui y font rage, et qui est prêt à tout pour ne plus jamais connaitre pareille horreur ; Jaidee Rojjanasukshai et son lieutenant, Kanya, chargés par le ministère de l'Environnement d'empêcher l'importation sur le sol thaï des produits de contrebande qui ont ravagé le reste de l'Asie ; sans oublier Emiko, la fille automate du titre, jeune femme née dans un laboratoire japonais, conçue pour assouvir tous les fantasmes de ses propriétaires, et qui va soudain se mettre à rêver de liberté. De par sa nature même, il s'agit sans doute du personnage le plus complexe et le plus fascinant du roman.

     Le destin de ces quelques individus va s'accélérer dans la seconde moitié du roman, lorsque le chaos qu'on sentait planer depuis le début s'abat brusquement sur le pays. Paolo Bacigalupi change alors de braquet et poursuit son récit sur un rythme effréné qui ne ralentira plus. Contraint d'agir dans la précipitation, chacun va devoir prendre des mesures drastiques, d'abord pour survivre, ensuite pour tenir son rôle dans l'Histoire qui s'écrit.

     Par l'ampleur de son sujet, par la maitrise dont fait preuve son auteur, d'autant plus impressionnante qu'il s'agit, rappelons-le, d'un premier roman, La Fille automate mérite largement tous les prix qui lui ont été attribués. Le monde qu'annonce ce livre n'a rien d'enthousiasmant, mais Paolo Bacigalupi le fait vivre avec une telle énergie qu'on souhaite le voir y revenir le plus tôt possible, tant il offre de potentialités qu'il lui reste à explorer.

Philippe BOULIER
Première parution : 1/4/2012
dans Bifrost 66
Mise en ligne le : 8/7/2013


 
Base mise à jour le 24 septembre 2017.
Écrire aux webmestres       © nooSFere, 1999-2017. Tous droits réservés.
NooSFere est une encyclopédie et une base de données bibliographique. Nous ne sommes ni libraire ni éditeur, nous ne vendons pas de livres.