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Les Contrées du rêve

Howard Phillips LOVECRAFT


Traduction de David CAMUS
Illustration de Rafal MARCHUT

J'AI LU (Paris, France), coll. Fantasy (2007 - ) n° 10048
Dépôt légal : juillet 2012, Achevé d'imprimer : 30 juillet 2012
Recueil de nouvelles, 384 pages, catégorie / prix : 7,10 €
ISBN : 978-2-290-03620-4
Format : 11,0 x 17,8 cm  
Genre : Fantastique



    Quatrième de couverture    
« Cette cité, il le savait, avait été autrefois pour lui d'une suprême importance. Mais il ne savait dire en quel cycle ou en quelle incarnation il l'avait connue, ni si c'était en rêve ou éveillé. Elle lui rappelait vaguement sa lointaine petite enfance, depuis longtemps oubliée ; cette époque où les mystères des jours sont une source perpétuelle d'émerveillement et de plaisir ; où l'aube et le crépuscule se parent d'accents prophétiques lorsque résonnent les mélodies enjouées des luths et des chants ; où des portails flamboyants s'ouvrent vers de plus intenses et de plus surprenantes splendeurs ».
 
H.P. LOVECRAFT
On associe souvent le maître de l'indicible horreur aux monstruosités démiurgiques, tel Chtulhu, qui règnent sur ses réalités. Le présent recueil propose un autre pan de son œuvre, celui des quêtes oniriques. Mais n'allez pas croire qu'arpenter les rêves est une activité sans danger, car on croise ici, selon John Carpenter, « des visions fascinantes de peurs cauchemardesques, de mondes invisibles et des démons de l'inconscient ».

    Sommaire    
1 - David CAMUS, Traducteur de Lovecraft, pages 7 à 22, préface
2 - La Quête d'Iranon (The Quest of Iranon), pages 23 à 33, nouvelle, trad. David CAMUS
3 - Polaris (Polaris), pages 35 à 41, nouvelle, trad. David CAMUS
4 - La Malédiction de Sarnath (The Doom That Came to Sarnath), pages 43 à 53, nouvelle, trad. David CAMUS
5 - Hypnos (Hypnos), pages 55 à 66, nouvelle, trad. David CAMUS
6 - L'Étrange maison haute dans la brume (The Strange High House in the Mist), pages 67 à 81, nouvelle, trad. David CAMUS
7 - Le Bateau Blanc (The White Ship), pages 83 à 91, nouvelle, trad. David CAMUS
8 - Celephais (Celephais), pages 93 à 102, nouvelle, trad. David CAMUS
9 - Les Chats d'Ulthar (The Cats of Ulthar), pages 103 à 107, nouvelle, trad. David CAMUS
10 - Les Autres dieux (The Other Gods), pages 109 à 116, nouvelle, trad. David CAMUS
11 - Le Témoignage de Randolph Carter (The Statement of Randolph Carter), pages 117 à 126, nouvelle, trad. David CAMUS
12 - La Quête onirique de Kadath l'inconnue (The Dream Quest of Unknow Kadath), pages 127 à 287, nouvelle, trad. David CAMUS
13 - La Clé d'argent (The Silver Key), pages 289 à 308, nouvelle, trad. David CAMUS
14 - À travers les Portes de la clé d'argent (Through the Gates of the Silver Key), pages 309 à 365, nouvelle, trad. David CAMUS
15 - Azathoth (Azathoth), pages 367 à 369, nouvelle, trad. David CAMUS

    Prix obtenus    
Bob Morane, prix spécial, 2011

    Adaptations (cinéma, télévision, BD, théâtre, radio, jeu vidéo, ....)    
Créature des ténèbres , 1993, Jean-Paul Ouellette (d'après le texte : Le Témoignage de Randolph Carter)
Dream-Quest of Unknown Kadath (The) , 2003, Edward Martin III (d'après le texte : La Quête onirique de Kadath l'inconnue), (Film d'animation)
Statement of Randolph Carter (The) , 2005, Edward Martin III (d'après le texte : Le Témoignage de Randolph Carter), (Court Métrage)
Statement (The) , 2007, Kurt Dudley (d'après le texte : Le Témoignage de Randolph Carter), (Court Métrage)
 
    Critiques des autres éditions ou de la série    

 
Edition MNÉMOS, (2014)


            Il est difficile d’écrire une seule chronique des Contrées du rêve ; à vrai dire il en faudrait deux : une pour les nouvelles du début, une autre pour la novella « La Quête onirique de Kadath l’inconnue » et ses trois surgeons. Tentons l’impossible.

            Dans Les Contrées du rêve, on suivra, au fil des nouvelles, des quêteurs oniriques, maltraités par le monde de l’éveil, souvent nostalgiques d’un passé plus heureux, celui de l’enfance ou de l’époque paisible d’avant la modernité, qui trouvent refuge et consolation dans le monde magique et terrifiant né de leur esprit. Ces rêveurs sont des créateurs d’univers ; ils n’ont jamais perdu ce pouvoir en vieillissant ; ils n’ont jamais cédé à ce désenchantement que décrivait Weber à la même époque. Randolph Carter, auquel quatre textes – dont la novella – sont consacrés, en est l’archétype : même un temps perdu, il finit par retrouver son précieux accès au monde des rêves.

            Guidé par le maître rêveur Lovecraft, alter ego de Carter, on part à la suite d’Iranon en quête de sa cité natale dont il doit redevenir roi, on défend le pays de Lomar sous l’œil hostile de l’Étoile Polaire, on assiste à la destruction de Sarnath l’orgueilleuse, on emboite les pas du mystérieux Hypnos à la recherche de paradis artificiels, on explore cette étrange maison dans la brume, dont nul ne revient inchangé, on embarque sur le bateau blanc pour un voyage à l’issue tragique le long des côtes superbes et terribles des Contrées du rêve, on assiste au drame de Kuranes, qui retrouva un rang que notre monde lui avait ravi en régnant à Celephaïs, on découvre qu’il n’est sage ni de s’attirer l’inimitié des puissants chats d’Ulthar, ni de chercher à voir les Autres Dieux.

            Clé de voute du recueil, « La quête onirique de Kadath l’inconnue » est un long texte qui serait de la fantasy s’il ne prenait place dans un monde onirique. Au fil d’une grande épopée, Randolph Carter cherche Kadath, où vivent les Dieux, pour leur arracher le droit d’atteindre la cité du soleil couchant de ses rêves. Traversant mille contrées, combattant, s’alliant, rusant, tombant sans cesse de Charybde en Scylla sans jamais cesser de reprendre le contrôle des évènements, Carter est au centre de tribulations qui évoquent les Mille et Une Nuits, tant par le merveilleux omniprésent que par le rythme des déplacements, des alliances ou des conflits, mais aussi et surtout L’Odyssée ; Carter, comme Ulysse, résiste au chant des sirènes, finit par rentrer chez lui et découvre que tel était le but de sa quête.

            Nourri de culture classique, Lovecraft décrit abondamment ses Contrées. Son style chargé, riche en adjectifs, emmène le lecteur dans un monde étranger proche parfois d’une Grèce antique cauchemardée. Riches matériaux, pierres précieuses, soieries, monstres, les Contrées sont baroques, démesurées dans la beauté comme dans l’ignoble. Couturées de gouffres noirs qu’il faut traverser pour avancer, elles unissent la nécessité de plonger dans l’inconnu pour trouver du nouveau à l’affirmation de la beauté troublante des charognes.

            Les Contrées du rêve, recueil atypique, compile sans doute ce qui est le plus personnel dans l’œuvre de Lovecraft. Si ses nouvelles horrifiques, plus connues, disent beaucoup de ses croyances, les textes rassemblés ici nous parlent de son âme. Dans la lignée d’un Baudelaire bornant l’espace entre le poète et le vulgaire, Lovecraft décrit des personnages de rêveurs, inadaptés au monde, si amoureux de Beauté qu’ils pénètrent dans ces contrées oniriques où tout est fantastique, au sens le plus fort du terme, voire les façonnent, car qui est le poète si ce n’est celui qui crée des mondes merveilleux, uniques dans leur beauté, leur laideur, leur cruauté ou leur radicale étrangeté.

            Dieu est mort, il revient aux rêveurs de créer le monde : « L’homme de Vérité est par-delà le bien et le mal », psalmodie une voix dans « À travers les portes de la clé d’argent ».

            Un recueil indispensable pour qui veut vraiment ressentir Lovecraft.

Éric JENTILE
Première parution : 1/1/2014
Bifrost 73
Mise en ligne le : 28/3/2020




 
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