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Je suis la Reine

Anna STAROBINETS

Titre original : Perehodnyj vozrast, 2005

Traduction de Raphaëlle PACHE
Illustration de EKELY

MIROBOLE , coll. Horizons pourpres
Dépôt légal : mars 2013
Première édition
Roman, catégorie / prix : 19 €
ISBN : 979-10-92145-01-4
Format : 14,6 x 20,0 cm  
Genre : Science-Fiction



    Quatrième de couverture    
     « PENDANT CETTE FICHUE MALADIE
     QUI AVAIT DURÉ UN MOIS,
     QUELQUE CHOSE S'ÉTAIT DÉTRAQUÉ
     DANS L'ÂME ET LE CORPS DE SON FILS.« 

     Maxime, sept ans, vit avec sa sœur et leur mère à Moscou. Bientôt des transformations déconcertantes s’opèrent chez le petit garçon.
     De quel hôte est-il devenu la proie ?

     Les « histoires inquiétantes » de ce recueil dont évoluer des personnages poignants dans une Russie contemporaine sombre et absurde. Ici, un employé de bureau développe des sentiments troubles pour une denrée moisissant au fond de son réfrigérateur. Là, un dresseur de chiens se réveille dans un train à côté d’une femme qu’il n’a jamais vue mais dit être son épouse, et qu’il devra apprendre à aimer...

     D'une plume extraordinairement poétique, Je suis la reine brouille les frontières entre réel et imaginaire et offre une représentation saisissante de la folie et de l'horreur quotidiennes.

     Anna Starobinets, 34 ans, vit à Moscou. Ce tout premier ouvrage, finaliste du prestigieux Prix Best-seller National, l'a imposée comme la reine russe de l'angoisse. Elle est traduite en anglais, italien, espagnol, suédois, polonais et bulgare.

     « Le Gogol du XXIe siècle : moderne, féroce, drôle et noir comme l'enfer. » Booktrust

    Sommaire    
1 - Les Règles, pages 7 à 18, nouvelle, trad. Raphaëlle PACHE
2 - La Famille, pages 19 à 60, nouvelle, trad. Raphaëlle PACHE
3 - J'attends, pages 61 à 65, nouvelle, trad. Raphaëlle PACHE
4 - Je suis la Reine, pages 67 à 147, nouvelle, trad. Raphaëlle PACHE
5 - L'Agent, pages 149 à 178, nouvelle, trad. Raphaëlle PACHE
6 - L'Éternité selon Yacha, pages 179 à 210, nouvelle, trad. Raphaëlle PACHE
 
    Critiques    
     Les éditions Mirobole sont une maison d'édition bordelaise créée fin 2012 ; le catalogue se répartit en deux collections, l'une consacrée au polar (Horizons noirs), l'autre au fantastique (Horizons pourpres). C'est dans cette dernière qu'est publiée ce recueil de nouvelles d'Anna Starobinets, auteure russe. Fort de six textes de longueur variée (le récit éponyme atteignant la taille d'une novella), il nous présente l'univers très particulier de celle que l'on surnomme parfois «  la reine russe de l'horreur ». Et l'on comprend mieux pourquoi à la lecture de ces textes...
     Cela commence très fort avec «  Les Règles », où un jeune garçon a construit sa vie autour des règles qu'une mystérieuse voix intérieure lui dicte. Ses parents tenteront de lui faire cesser cet enfantillage, sans se douter des conséquences désastreuses qui en découleront... Une plongée suffocante dans l'intellect d'un garçon, aussi glaçant qu'incompréhensible, avec une économie de moyens redoutable. «  La Famille » use d'une trame assez souvent rencontrée, celle d'un homme qui voit ce qu'il croyait être sa vie s'effilocher peu à peu, pour lui dévoiler une existence toute autre. Kafakaïen au début, ce texte bascule tranquillement dans l'inquiétant, Classique, mais efficace. Viennent alors deux nouvelles où il faut avoir le cœur bien accroché : dans «  J'attends », tout d'abord, le narrateur ne peut se résoudre à jeter une soupe cuisinée par sa mère. Il la laisse donc pourrir au frigo jusqu'à ce qu'elle devienne... autre. Goûtu. Puis vient donc le plat de résistance, à savoir «  Je suis la Reine », l'histoire d'un enfant qui refuse progressivement de se laver, et dont la chambre se transforme en bauge, où l'on aperçoit ramper des insectes... Normal, car son corps est en train d'être colonisé par des insectes. Le sordide le dispute au glauque dans ce texte qui parle tout autant des rapports au sein de la cellule familiale, qu'il s'agisse de la relation entre une mère et son fils, ou entre une sœur et son frère. «  L'agent » exerce quant à lui une bien curieuse profession : il est payé pour respecter à la lettre des scénarios, par exemple pour se débarrasser d'une personne ou punir un enfant. Raconté à la première personne de manière très détachée, avec la part de mystère qui convient (quelle est exactement la nature de l'Agence ?), ce récit glace une nouvelle fois le lecteur. «  L'éternité selon Yacha » nous présente donc Yacha, qui se rend compte un jour... que son cœur ne bat plus et qu'il est donc mort. Son entourage, à commencer par sa femme, ne le croit pas, mais doit bien se rendre à l'évidence. Mais comment gérer le cas d'un homme mort, mais qui est toujours bien présent et alerte ? Ce dernier texte rompt un peu le rythme du recueil : si l'humour (noir, très noir) était bien évidemment présent auparavant dans le livre, cette dernière nouvelle abandonne l'aspect horrifique pour une coloration un peu plus nonsensique ou kafkaïenne. Il n'en demeure pas moins extrêmement plaisant, même si plus anecdotique.
     Bref, en six textes, on comprend qu'Anna Starobinets ait pu acquérir son surnom ; Les deux textes « organiques » («  J'attends » et «  Je suis la Reine ») vont assez loin dans la description de scènes cradingues révulsantes, alors qu'à l'autre bout du spectre la froideur des «  Règles » et de «  L'agent » fait frissonner durablement. Du quotidien, Starobinets sait faire surgir l'inquiétant, y compris de lieux qu'on ne jugerait pas angoissants de prime abord, comme un réfrigérateur. Elle excelle à planter un décor rassurant, avant de vite le corrompre par la noirceur de ses visions ; et, hormis ponctuellement, on ne trouvera aucune rémission, aucun moyen de sortir de l'atroce. Le piège s'est refermé.
     Mirobole annonce pour le mois de janvier 2014 un recueil de contes d'horreur d'Anders Fager, Les furies de Borås. S'il est du même tonneau que Je suis la Reine, d'Anna Starobinets, on saura que Mirobole est une maison d'édition à suivre de très près.



Bruno PARA (lui écrire)
Première parution : 8/12/2013 nooSFere


 
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