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Les Furies de Borås

Anders FAGER

Titre original : Samlade svenska kulter, 2011
Traduction de Carine BRUY
MIROBOLE, coll. Horizons pourpres n° (3), dépôt légal : janvier 2014
352 pages, catégorie / prix : 21,50 €, ISBN : 979-10-92145-14-4

Photographie de couverture : (c) Spauln, AdShooter, Efilippou. Conception graphique : Sean Habig. Traduction partielle de l'ouvrage original "Samlade svenska kulter".

Couverture

    Quatrième de couverture    
     « ÉCLAIRÉ PAR LA LUNE,
     CELA RESSEMBLE À UN ARBRE MORT,
     QUI SE DÉPLACE, FRAPPE ÇA ET LÀ
     AVEC SES TENTACULES ET GROGNE.« 

     La lande de Skanör voit s’écraser une météorite d’où émerge une créature avide ; cent cinquante et une personnes convergent des environs de Stockholm pour un suicide collectif ; une boutique d’aquariophilie est tenue par une femme étrangement proche de ses poissons... Dans ces contes horrifiques, Anders Fager s’empare des grands thèmes de la mythologie, du folklore et du fantastique pour créer des territoires sensuels et sombres, où il fait surgir des créatures d’épouvante. Mais le monstre n’est pas toujours celui qu’on imagine. Avec un humour noir confinant à la jubilation, l’auteur construit ses récits à coups de petits détails dissonants qui font basculer un quotidien banal : dans cet univers de cauchemar, dans ce monde dévasté, violence et folie sont partout.

     Auteur culte, comparé à Stephen King dans ses œuvres les plus sombres, à un John Ajvide Lindqvist sous stéroïdes ou au maître de l’horreur H.P. Lovecraft, Anders Fager, né en 1964, vit à Stockholm. Ex-dyslexique, ex-punk, ex-geek, il a fait paraître entre 2009 et 2011 trois recueils de contes d’horreur, dont Mirobole publie ici une sélection en un seul volume.

     « Fager est un créateur de mythes modernes de très haute volée, à l’imagination inépuisable. » Kulturdelen


    Sommaire    
1 - Les Furies de Borås (Furierna från Borås), pages 9 à 39, trad. Carine BRUY
2 - Le Voeu de l'homme brisé (Den brutne mannens önskan), pages 41 à 66, trad. Carine BRUY
3 - Fragment VI (Fragment VI), pages 67 à 73, trad. Carine BRUY
4 - Joue avec Liam (Leka med Liam), pages 75 à 119, trad. Carine BRUY
5 - Fragment VII (Fragment VII), pages 121 à 128, trad. Carine BRUY
6 - Trois semaines de bonheur (Tre veckor av lycka), pages 129 à 170, trad. Carine BRUY
7 - Fragment IX (Fragment IX), pages 171 à 178, trad. Carine BRUY
8 - Un point sur Västerbron (En punkt på Västerbron), pages 179 à 203, trad. Carine BRUY
9 - Fragment X (Fragment X), pages 205 à 211, trad. Carine BRUY
10 - Encore ! Plus fort ! (Hårdare Hårdast), pages 213 à 243, trad. Carine BRUY
11 - Fragment XII (Fragment XII), pages 245 à 251, trad. Carine BRUY
12 - L'Escalier de service (Pigornas trappa), pages 253 à 290, trad. Carine BRUY
13 - Le Bourreau blond (Bödel blond), pages 291 à 345, trad. Carine BRUY
 
    Critiques    
     Un fantastique autre. C'est sans aucun doute le credo des éditions Mirobole, qui après la Russe Anna Starobinets, avec Je suis la Reine, nous proposent de découvrir un auteur suédois, Anders Fager. Les Furies de Borås est un recueil composé à partir de trois recueils originaux parus entre 2009 et 2011 ; il reste néanmoins très bien équilibré, entre textes courts et récits plus longs (hormis sans doute «  Le Vœu de l'homme brisé », dont la thématique et le décor tranchent étrangement avec les autres nouvelles). Entremêlés dans ses pages se trouvent des fragments, ainsi intitulés par l'auteur, à la numérotation à trous (on commence au numéro six), sortes de nouvelles en plusieurs parties, dont certaines sont d'ailleurs la suite de textes portant un « vrai » titre. Comme pour mieux signifier que l'horreur la plus abjecte est forcément insidieuse, se glissant dans toutes les anfractuosités qu'on voudra bien lui laisser, et qu'une fois tombé dans l'épouvante, il est difficile d'en sortir réellement.
     Car l'univers de Fager est noir, très noir. Qu'il s'agisse d'une boîte de nuit, de la campagne suédoise du XVIIIe siècle, d'un parc ou du centre-ville de Stockholm, tout est propice à réveiller les terreurs les plus profondément enfouies en nous. Ces dernières rappelleront d'ailleurs pas mal de souvenirs à certains d'entre vous : on y croise une créature chtonienne («  Joue avec Liam ») ou un monstre surgi des marais («  Les Furies de Borås »). Un terrain balisé auparavant par un certain Lovecraft... La parenté est évidente ici, puisqu'on y croise aussi une femme qui tient un magasins d'aquariums, et qui souffre d'un mal bien profond, dont on découvre progressivement la nature, et qui évoquera les créatures marines d'HPL (« Trois semaines de bonheur », sans doute le texte le plus fort du recueil). Dans les fragments, on découvre aussi une créature tombée du ciel et qui tente de faire son chemin sur Terre, sans se soucier des éventuels dégâts collatéraux sur la population locale... On pourrait ainsi continuer la liste pendant longtemps : Fager a bien potassé son Lovecraft, il le connaît sur le bout des doigts et s'amuse à le retranscrire dans la Suède d'aujourd'hui. Mais la démarche est loin d'être gratuite : il ne se pose pas en simple imitateur, mais produit une œuvre véritablement originale, où infuse sa nationalité. Le décor est ainsi exclusivement suédois, voire centré sur 2-3 endroits, dont bien évidemment Stockholm. Pas besoin de connaître la Suède en détail pour savourer ces textes, mais le décor choisi leur confère un cachet très intéressant. Fager en joue d'ailleurs parfois avec cynisme : dans «  Un point sur Västerbron », des dizaines de personnes disparaissent en se jetant d'un pont en masse. Or, rappelons que la Suède a toujours eu la réputation d'être un pays où l'on se suicide beaucoup, alors que le taux de suicide dans le pays est inférieur à celui de la France ; simplement, la Suède a été l'un des premiers pays à officialiser son taux de suicide, d'où sa réputation...
     Afin d'être parfaitement exact, Fager sait parfois s'éloigner de l'encombrant parrainage de Lovecraft. Comme dans «  Encore ! Plus fort ! », où deux amants jouent à s'étouffer pendant l'acte sexuel, afin d'accéder à un état de conscience supérieur... sans se douter de ce qu'ils découvriront. Le puritain HPL aurait assurément trouvé ce texte explicite totalement dégoûtant. Mais, qu'il s'agisse de textes d'obédience cthuluesque ou de récits fantastiques autres, l'art de Fager reste le même : un vrai talent pour faire surgir l'horreur sous toutes ses formes : glauque, viscérale, mais aussi psychologique. L'auteur frappe fort, là où ça fait mal, là où il sent que se présentent des failles dans notre société trop bien balisée. Il s'appuie pour cela sur une vraie profondeur de description de ces personnages, et sur un équilibre permanent entre l'implicite et l'explicite, entre le non-dit et certaines scènes de pure violence qui nous explosent à la gueule.
     Bref, on ressort sonné de ce recueil, qui nous dévoile un nouvel écrivain de fantastique à suivre, même si sa nationalité suédoise risque fort d'être un frein à sa traduction en France. On ne peut donc qu'espérer que les éditions Mirobole poursuivent leur travail, par exemple en publiant le reste des trois recueils originaux à partir desquels est constitué Les Furies de Borås, si bien sûr les textes sont du même tonneau. Chaudement recommandé.

Bruno PARA (lui écrire)
Première parution : 23/3/2014
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Base mise à jour le 9 septembre 2017.
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