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L'Alchimiste de Khaim

Paolo BACIGALUPI

Titre original : The Alchemist, 2010

Traduction de Sara DOKE
Illustration de Dagmara DARSICKA

AU DIABLE VAUVERT (Vauvert, France) n° (82)
Dépôt légal : juin 2014
128 pages, catégorie / prix : 7 €
ISBN : 978-2-84626-806-6
Format : 11,2 x 16,5 cm  

Parution : septembre. Contrairement à ce qu'indique la quatrième de couverture, ce texte n'a jamais obtenu le World Fantasy Award.



    Quatrième de couverture    
     À Khaim, pour chaque sort lancé, des ronciers vénéneux et indestructibles envahissent le monde.
     L'usage de la magie est un crime puni de mort mais pourtant, lentement et sûrement, les ronces dévorent tout...
     Après y avoir consumé ses biens, sa vie et sa famille, un alchimiste trouve enfin la formule pour les détruire.
     Croyant fortune faite, il va trouver le maître de la cité...

     « Chaque lanceur de sort a une bonne excuse. Si nous offrions des grâces individuelles, nous commettrions un suicide collectif. C'est un joli puzzle pour l'éthique d'un homme tel que vous. »

Suspens et questionnement moral :
lauréat du World Fantasy Award, un conte exotique
inoubliable par le grand Bacigalupi.

     Paolo Bacigalupi a remporté les prix Hugo, Campbell, Nebula, Locus et le Grand prix de l'Imaginaire pour son premier roman, La Fille automate. II a depuis connu un succès mondial avec Ferrailleurs des mers et Les Cités englouties, deux formidables romans d'aventures pour tous les publics. Il vit dans l'Ouest du Colorado avec sa femme et son fils.
 
    Critiques    
     Étonnant livre que cet Alchimiste de Khaim. Étonnant tout d'abord par son format, un 120 pages de petites dimensions (11,2 x 18,5 cm) inhabituel au Diable Vauvert. Étonnant ensuite par sa couverture, qui tranche avec celles habituelles chez l'éditeur gardois, et fait davantage penser à un livre jeunesse qu'à une œuvre adulte, ce qu'est pourtant ce livre. Étonnant enfin, et surtout, parce qu'ici Paolo Bacigalupi s'aventure en des terres inédites pour celui : celles du conte exotique, loin de ses fictions d'anticipation à plus ou moins court terme. La ville de Khaim, jadis florissante, est désormais exsangue : elle est prise dans un roncier gigantesque, qui jour après jour grignote du terrain et coupe tous ses accès, et qui semble résistant aux incendies. La cause de cette progression ? La magie dont étaient coutumiers les habitants, et dont un effet secondaire est l'apparition du roncier. Aussi la magie est-elle désormais proscrite, seul le grand Majistère a encore l'autorisation de la pratiquer. Le narrateur de cette histoire est un inventeur sur la paille : toutes ses idées se sont révélées des échecs, et il est contraint de vendre meuble après meuble pour subsister. Qui plus est, sa fille se fait griffer par le roncier, et souffre d'une maladie chronique. C'est en tentant de la sauver qu'il va inventer un moyen de lutter efficacement contre le roncier...
     Loin des préoccupations habituelles de Bacigalupi, cet Alchimiste de Khaim ? Pas tant que ça, au fond, car on y retrouve sa dénonciation des dérives de l'homme dans sa quête de contrôle de son environnement. Aux manipulations des grandes multinationales céréalières, qui détraquent peu à peu l'écosystème, l'auteur y substitue la magie, expérimentation utilisée à tort et à travers, au point de provoquer l'apparition et le développement galopant du roncier. L'homme se pose une nouvelle fois en coupable, et la nature en victime. Dès lors, l'alchimiste, intègre et respectueux, se doit de trouver le moyen de réparer le mal qui a été fait, même si son ambition première est avant tout de sauver sa famille, ce qui d'ailleurs lui occasionnera une petite dérogation à sa propre règle de ne plus pratiquer la magie : finalement, malgré les meilleures volontés du monde, l'homme ne saura jamais totalement se discipliner, dès lors que des objectifs très personnels sont en jeu...
     Au-delà du propos écologiste, cette novella est une histoire de rédemption, le protagoniste déchu retrouvant peu à peu la réussite dans ses actes, l'admiration de ses proches, et finalement l'estime de lui-même. Avec au passage son lot de cruautés raffinées et de dépaysement qui en font un conte exotique de la plus belle eau.
     Ah, et pour finir, un dernier motif d'étonnement : la mention, en gras, de la quatrième de couverture, « lauréat du World Fantasy Award ». Eh bien non : ce texte n'est aucunement lauréat de ce prix, qui plus est il ne fut même pas nominé (il n'eut qu'une nomination au prix Nebula). Mais qu'est-il donc passé par la tête du Diable Vauvert ?

Bruno PARA (lui écrire)
Première parution : 12/10/2014 nooSFere


 

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