Ursula K. LE GUIN Titre original : « Late in the day » & « So Far so good », 2015 Première parution : « Late in the day » : San Francisco, U.S.A, PM Press, 2015 et « So far so good »Fort Worden, U.S.A., Copper Canyon Press, 2018ISFDB Traduction de Aurélie THIRIA-MEULEMANS Illustration de Elena VIEILLARD
AUX FORGES DE VULCAIN
(Bussy-Saint-Martin, France), coll. Poésie Date de parution : 14 avril 2023 Dépôt légal : avril 2023, Achevé d'imprimer : mars 2023 Première édition Poésie, 336 pages, catégorie / prix : 20 € ISBN : 978-2-373-05691-4 Format : 14,0 x 20,5 cm Genre : Imaginaire
Édition bilingue.
Le livre regroupe les deux derniers recueils d'Ursula K. Le Guin : « Late in the day » (2015) et « So far so good » (2018)
Quatrième de couverture
Adulée pour ses chefs-d’œuvre de science-fiction et de fantasy, Ursula K. Le Guin (1929-2018) se voyait avant tout comme une poétesse. Les éditions Aux forges de Vulcain publient pour la première fois en français une partie de cette œuvre poétique magistrale. Jouant avec les formes traditionnelles de la poésie de langue anglaise et les influences taoïstes qui lui étaient chères, Ursula K. Le Guin écrit une poésie à la fois quotidienne et métaphysique. Ses deux derniers recueils sont un regard en arrière et une réflexion lancinante sur le grand âge et la mort comme voyage vers l’ouest.
1 - En fin de journée (2010-2014) (Late in the day (2010-2014), 2015), pages 4 à 155, poésie, trad. Aurélie THIRIA-MEULEMANS 2 - Jusqu'ici tout va bien (2014-2018) (So far so good (2014-2018), 2018), pages 156 à 313, poésie, trad. Aurélie THIRIA-MEULEMANS
Critiques
Cherchant des cadeaux de Noël pour des amies au rayon poésie, je suis tombé sur ce recueil inédit d’Ursula K. LE GUIN, édité par les Forges de Vulcain que nous ne saurions trop remercier de s’attaquer enfin à cette partie importante de son œuvre.
Intitulé Derniers poèmes, il reprend deux recueils édités en langue anglaise, Late in the day (En fin de journée, 2015)So far so good (Jusqu’ici tout va bien, 2018). L’édition prend le soin de nous proposer une version bilingue qui retrouve avec bonheur le style elliptique et expressif de cette grande autrice.
On mesure la taille de l’œuvre à sa diversité : Ursula K. LE GUIN est devenue célèbre par ses romans, mais elle n’a jamais cessé de s’épanouir dans tous les genres, que ce soit à l’intérieur de la fiction, où elle a abordé avec la force que l’on sait, tant la science-fiction et la fantasy que le récit historique et fantastique, dans une veine proche de Tolstoï ou Dostoïevsky (Chroniques Orsiniennnes) ou dans d’autres formes, beaucoup de nouvelles — dont certaines ne sont pas encore traduites —, où elle s’essaie aussi au récit féministe, des formes plus étonnantes, mais aussi des conférences, des traductions et enfin cette partie si importante de son œuvre, la poésie.
J’oublie les récits pour l’enfance.
Sa poésie explore la nature, se remémore l’esprit du Taoïsme, le Tao Te King… Je trouve remarquable la langue, l’épure et sa recherche du sens qui se résume par la quête d'une sobriété dans l'expression. Ursula K. Le Guin se caractérise par une économie du mot : elle affine son écriture par la concision, donne toute sa force à un mot, et entrelace ainsi les sens par la parenté qu'ils entretiennent par leur proximité.
Je me contenterais d’un exemple, « Parenté » (page 19) que je recopie ci-dessous.
PARENTÉ
Dans la forêt, le grand arbre se consume doucement
dressé dans le léger creux de la neige
que fait fondre autour de lui la chaleur subtile et tenace
de son être et de sa volonté d’être
racines, tronc, feuilles, et de connaître
la terre noire, le soleil éclatant, la caresse du vent, le chant de l’oiseau.
Sans racine, sans répit, êtres au sang tiède,
nous brûlons de ce brasier qui nous rend
aveugles à ce haut frère lent, feu de vie aussi vigoureux
aujourd’hui que dans la jeune pousse il y a deux siècles