Site clair (Changer
 
  Critiques  
 
  Livres  
 
  Intervenants  
 
  Prix littéraires  
 
  Adaptations  
    Fiche livre     Connexion adhérent
Quête sans fin

Alfred Elton VAN VOGT

Titre original : Quest for the Future, 1970

Traduction de Bruno MARTIN
Illustration de Wojtek SIUDMAK

POCKET (Paris, France), coll. Science-Fiction / Fantasy n° 5016
Dépôt légal : 4ème trimestre 1977
288 pages, catégorie / prix : 3
ISBN : 2-266-00465-4   
Genre : Science-Fiction


Autres éditions
   in Mission stellaire / La Quête sans fin, OPTA, 1971

    Quatrième de couverture    
     Profiter d'un voyage intersidéral, qui dure 500 ans, vers Alpha du Centaure pour retrouver le Palais d'Immortalité, niché dans un repli du Temps, est peut-être un moyen détourné. Mais Peter Caxton, en quête de son immortalité, n'en a pas de meilleur à sa disposition.
     Ce n'est que le début d'un hallucinant va-et-vient dans le Temps, au cours duquel, entre Bustaman et Claudan Jhons, deux Détenteurs d'Immortalité, se livre un fabuleux combat.
     Sans cesse projeté dans le nombre infini de mondes probables où il perd et retrouve sa mémoire et son identité, Peter Caxton finira-t-il par ancrer son destin à celui de la belle Selanie ?

     Né en 1912 au Canada, Alfred Elton VAN VOGT fait ses débuts en 1939 dans la revue « Astounding stories ». Très vite, il s'impose comme l'un des grands inventeurs de créatures surhumaines. En 1947, un sondage révèle qu'il est l'auteur le plus populaire de la science-fiction américaine...
 
    Critiques    
 
     LA VEINE EPIQUE DE VAN VOGT

     Quête sans fin est le quatrième van Vogt publié par Jacques Goimard aux Editions Presses-Pocket, avec A l'assaut de l'invisible. La maison éternelle et Mission stellaire.
     Je vais en venir à ce livre par un itinéraire van vogtien. Peter Caxton est bien parti pour Alpha du Centaure avec l'intention de voyager dans le temps. Le fantastique n'est-il pas le centaure du temps ? Pourquoi pas ? Daniel Riche m'a donné une grande joie en me chargeant de vous parler ici de l'Anthologie du fantastique, présentée chez Presses-Pocket par Jacques Goimard et Roland Stragliatti. J'aurais voulu le faire ce mois-ci, mais c'était impossible, par manque de temps et manque de place. Je voudrais quand même dire aujourd'hui que je tiens ce travail pour une réussite extraordinaire. Courez vite voue procurer ces huit volumes merveilleux, de peur de ne plus les trouver dans quelques jours. Nous en discuterons ensemble le mois prochain.
     Passons, ou plutôt revenons à la SF. Le livre-objet a ceci de particulier que, contrairement à celui qui n'est pas un livre-objet, il est un peu plus qu'un objet. Paradoxe de la société décadente, comme dirait de Fast. Avec la collection science-fiction de Presses-Pocket, une certaine perfection est atteinte, qui va probablement marquer une époque. Ce n'est pas assez dire que, pour la première fois, le livre de poche accède au rang d'objet artistique. Trois facteurs se conjuguent pour faire de cette série une sorte de percée technologique : minceur et finesse du livre, exceptionnelle qualité de l'illustration de couverture et homogénéité de la collection. Ne risquez pas de payer dans dix ans deux jours de votre indemnité de chômage le numéro qui vous manquera ! Veillez bien à avoir tous ces livres. Etalez-les de temps en temps devant vous : regardez, jouissez... Il n'y a pas que le talent de Siudmak. La qualité du papier ou je ne sais quoi joue un rôle mystérieux dans la profondeur de l'image. L'invincible (de Lem) et Piège sur Zarkass (de Wul) ont à ce point de vue les couvertures les plus étonnantes. Ma préférence va cependant à la couverture du livre de Francis Carsac, Ce monde est nôtre, entre parenthèses un des meilleurs romans de science-fiction de tous les temps.
     ... Et la collection de Jacques Goimard est aussi remarquable par sa variété. Classiques anglo-saxons, classiques français voisinent avec un excellent Stanislas Lem et des modernes de tout bord, parmi lesquels il faut citer le plus fracassant des Pelot et un Curval qu'on ne peut qualifier que de différent.
     Un Soupçon de néant c'est la science-fiction faite univers. Une réussite égale à celle de Fredric Brown dans L'univers en folie et de Michael Moorcock avec Les Terres creuses. Mais le ton de Curval, il l'a assez prouvé, est personnel et unique.
     La maison éternelle est un van Vogt ancien (1950) et extrêmement célèbre. Un des plus classiques aussi : une histoire d'immortalité, avec un grand personnage van vogtien, Stephens Allison.
     Mission stellaire date de 1952 et appartient — plutôt deux fois qu'une — à la veine épique de Van Vogt. Voici l'ambiance : « Quand il arriva à portée optique, il apparut dans la clarté éblouissante de l'étoile jaune-blanc, plus grand que tout ce qu'on avait vu jusqu'alors parmi les Cinquante Soleils. Cela ressemblait à quelque vaisseau infernal venu du fond de l'espace, à quelque monstre d'un monde semi mythique... (...) L'Histoire donnait d'ailleurs de terribles avertissements concernant ce qui arriverait un jour... et ce jour était venu, » (p. 7).
     Quête sans fin est un van Vogt relativement récent, puisqu'il date de 1970. Il reprend, dans un style plus intimiste et plus psychologique, quelques-uns des thèmes qui ont toujours été chers à l'auteur du cycle non-A. L'immortalité, en particulier. Ce beau roman d'action, un des meilleurs parmi les derniers van Vogt, est aussi, au deuxième degré, un retour sur lui-même de l'écrivain, une rêverie mélancolique sur le futur flamboyant qu'il avait créé autrefois. Cela, Guy Béart le chante aussi : « L'avenir, c'était plus beau hier... » (titre d'une chanson du disque FFF).
     Van Vogt ne renie rien du passé et il se sauve par d'autres moyens. Ses personnages sont plus humains. Ils sont même très humains : pauvre Peter Caxton, plein de désirs fous et maladroit comme il n'est pas permis. Peter Caxton qui attire la guigne, fait le vide autour de lui, reçoit beaucoup trop de coups sur la tête, mais veut quand même être immortel et n'hésite pas à entreprendre la plus fantastique des quêtes. « Je suis en quête de l'immortalité, et j'apporte à cette quête le même fanatisme que les croisés d'autrefois, » (p. 167). Caxton est souvent pathétique, dans sa passion, sa fébrilité et sa fragilité. C'est le plus attachant des personnages de van Vogt.
     Le Palais de l'Immortalité, sur lequel règne Claudan Jhons, le Détenteur, est plus lointain que la maison éternelle. Ce n'est sans doute pas un hasard. Comme ses Illustres devanciers, le héros de Quête sans fin connaîtra des aventures fabuleuses à travers l'espace et le temps ou dans l'infinité des mondes probables, sans que l'intérêt du lecteur faiblisse, mais il ne deviendra jamais un super-héros. Et l'éternité... L'éternité pouvait bien attendre : ainsi se terminait le van Vogt de 1950. Pas de solution de continuité... Quête sans fin s'achève sur un dialogue dans une cuisine en 1981 et sur une rêverie d'un personnage secondaire en train de contempler le ciel. « Le beau sombre de la nuit palpitait du mystère immense de l'univers » C'est dur d'être van Vogt en ces temps étranges. Un livre poignant.
 

Michel JEURY
Première parution : 1/3/1978 dans Fiction 288
Mise en ligne le : 5/2/2011


 

Dans la nooSFere : 61976 livres, 57505 photos de couvertures, 56373 quatrièmes.
7958 critiques, 33888 intervenant·e·s, 1281 photographies, 3652 Adaptations.
 
Vie privée et cookies/RGPD
A propos de l'association. Nous écrire.
NooSFere est une encyclopédie et une base de données bibliographique.
Nous ne sommes ni libraire ni éditeur, nous ne vendons pas de livres. Trouver une librairie !
© nooSFere, 1999-2018. Tous droits réservés.