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Chirurgiens d'une planète

Gilles D'ARGYRE


Cycle : Argyre (La Saga d') vol.


Illustration de René BRANTONNE

FLEUVE NOIR / FLEUVE Éditions (Paris, France), coll. Anticipation n° 165
Dépôt légal : 4ème trimestre 1960
186 pages, catégorie / prix : 2,50 NF
ISBN : néant
Format : 11,5 x 18,0 cm  
Genre : Science-Fiction


Autres éditions
Sous le titre Le Rêve des forêts   J'AI LU, 1987, 1989, 1999

    Quatrième de couverture    
Pas de texte sur la quatrième de couverture.
 
    Critiques des autres éditions ou de la série    

 
Edition J'AI LU, Science-Fiction (1985 - 1993, 2ème série - dos violet) (1987)


     A la fin du XXIe siècle, Mars compte une centaine de milliers de colons vivant sous dômes. La Terre, en la personne de Beyle, veut organiser la terraformation de la planète, pour aider les colons, certes, mais surtout pour y exporter son excédent de population. Une guerre de factions s'ensuivra, ponctuée de graves attentats. Mais, selon le vieil adage populaire : « on n'arrête pas le progrès ». Et Mars verdira — après la fin du roman.
     On doit savoir que Chirurgien d'une planète, premier titre de ce Rêve des forêts, fut publié au Fleuve Noir au quatrième trimestre 1960, signé du pseudonyme dont Klein usait alors : Gilles d'Argyre. L'ouvrage n'avait jamais été réédité (non plus que ses deux suites : Les voiliers du soleil et Le long voyage, formant la saga des d'Argyre), et c'est « soigneusement révisée et substanciellement réécrite » que la trilogie est en train de revoir le jour, un demi-siècle après, en J'ai Lu. Le travail de réécriture a sans doute été plus important pour ce roman-ci que pour les suivants car, ainsi que s'en explique l'auteur dans une brève Postface, le manuscrit jadis présenté au Fleuve faisait 450.000 signes, et avait dû être coupé pour se réduire aux 300.000 signes standard de la collection « Anticipation ». Cependant, note Klein, la présente version, bien qu'élargie aux environs de 450.000 signes, « n'est pas pour autant conforme au manuscrit original, ni même intermédiaire entre ses deux versions ». Il est donc tentant de suivre page après page les deux livres, le vieux et le neuf, pour savoir ce que Klein a ajouté, à savoir quelle a été sa méthode, donc ses motivations...
     Il le dit lui-même, il s'est permis des modernisations qui portent sur l'état des technologies : on s'en rend compte dès la première page, alors que le pilote d'un « coptère » (ci-devant « coptaire » au prix d'une bizarrerie sémantique) ne consulte plus ses « voyants », mais bien les « afficheurs collimatés sur la bulle ». Ce n'est certes qu'un détail, où la poésie y perd au profit du réalisme, mais en d'autres endroits, notamment pour les descriptions des cités sous dôme et des villes de l'espace, la poésie reprend ses droits grâce aux abstraites considérations techniques, qui font images. On s'en rend vite compte, l'auteur n'a rien ajouté à ses Chirurgiens amputés, il n'a fait que, parfois, s'étendre. Outre la technologie, il s'est préoccupé aussi d'écologie : en 1960, la Terre du XXIe siècle finissant crevait de surpopulation avec 5 milliards d'habitants. C'est hélas notre lot dès aujourd'hui, même si nous n'en crevons pas tous... Et pour le Klein de 87, c'est bien 10 milliards d'habitants qu'il faut à notre planète pour qu'elle soit surpeuplée « au-delà de tout espoir » (p. 35).
     Ces corrections sembleraient vouloir signifier que pour Gérard Klein, la s-f est affaire de prospective à court (ou moyen) terme, et qu'il faut, d'année en année, courir après la véracité au ras des pâquerettes. Cette méthode-là est en totale contradiction avec ce qu'on sait de l'auteur, de l'essayiste, de l'homme qui écrit (JL p. 246) : « Il n'y a pas de futur. Il n'y a que des avenirs ». Il y a donc bien autre chose, une pensée moins technicienne, derrière ces repentirs. On le découvre avec une autre sorte d'ajouts, qui concernent la philosophie de l'histoire (du récit), en même temps bien sûr sur la philosophie de l'Histoire (du, ou des futurs). Et c'est bien sûr dans ces évocations-là, celles qui visent le devenir de l'Homme porté par la science, que Klein trouve ses plus belles pages en plus : « ... tandis que nos mains façonnent aujourd'hui, nos yeux intérieurs s'épuisent à sonder les profondeurs indécises de demain. » (J L p. 144). Et on reconnaît bien là le Klein passionné de prospective, qui se méfie certes des erreurs de la technologie mal maîtrisée, mais qui croit par-dessus tout à sa maîtrise, facteur d'expansion, facteur de devenir et, in fine, de survie (la terraformation de Mars réussit grâce à un double hasard scientifique : la création des « portes de l'espace » et la découverte d'un isolant parfait, les extra-terrestre : il y a de la magie, donc de la foi, dans cette technologie-là). Qu'on n'aille cependant pas croire que Le rêve des forêts est un roman de hard science ; il est plus près du documentaire futur, avec sa linéarité de construction, sa facture lisse, sa mise en retrait de la psychologie. Mais ce documentaire n'est en aucune façon aride ou ennuyeux : sa force, sa couleur (ou ses couleurs, car les ajouts descriptifs de l'auteur en ont donné beaucoup à un Fleuve à l'origine assez gris) viennent de ce que sous une structure sans surprise, coule en définitive une poésie naïve qui vient (l'auteur l'avoue) de l'Abbé Moreux et de Chesley Bonestell, une poésie qui, par-delà les remises en question de la philosophie et les remises à jour de la technique, a nourri la s-f de toujours.

Jean-Pierre ANDREVON (lui écrire)
Première parution : 1/9/1987
dans Fiction 389
Mise en ligne le : 29/11/2002




 

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