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Le Livre des crânes

Robert SILVERBERG

Titre original : The Book of Skulls, 1971

Traduction de Guy ABADIA
Illustration de Jean-Chrétien FAVREAU

OPTA , coll. Nebula n° (1)
Dépôt légal : 2ème trimestre 1975
254 pages
ISBN : 2-7201-0015-3   
Genre : Science-Fiction


Autres éditions
   LIVRE DE POCHE, 2004, 2012
   in Voyage au bout de l'esprit, OMNIBUS, 1998
   POCKET, 1984, 1989

    Quatrième de couverture    
Ils sont quatre :
Timothy, 22 ans, riche, jouisseur, dominateur.
Oliver, 21 ans beau, athlétique, bloc lisse à la faille secrète
Ned, 21 ans, homosexuel, amoral, poète à ses heures.
Eli, 20 ans, juif, introverti, philologue, découvreur du Livre des Crânes.

Tous partis en quête du secret de l'immortalité : celle promise par le Livre de Crânes. Au terme de cette quête, une épreuve initiatique terrible qui amènera chacun d'eux à contempler en face le rictus de son propre visage. Une épreuve au cours de laquelle deux d'entre eux doivent trouver la mort (l'un assassiné par un de ses compagnons, l'autre suicidé) et les deux autres survivre à jamais.

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    Critiques des autres éditions ou de la série    

 
Edition LIVRE DE POCHE, SF (2ème série, 1987-) (2004)


     Eli Steinfeld, un brillant étudiant, spécialiste du Moyen Âge, découvre dans la bibliothèque de son université un manuscrit, Le Livre des Crânes. Les lettres sont archaïques, des crânes sont dessinés dans la marge : « sept d'entre eux n'avaient pas de mâchoire inférieure, et pourtant ils réussissaient à grimacer. » Une phrase retient l'attention d'Eli : « La vie éternelle nous t'offrons. » À aucun moment il ne doute du pouvoir de ces mots. Sa décision est prise ; il s'engagera dans la quête de l'immortalité. Comme il faut être quatre, il obtient l'accord de trois autres étudiants, Timothy, Ned et Oliver. Tous préfèrent éviter de penser à cette phrase inquiétante du grimoire : « Deux qui trouvent la vie éternelle, deux qui trouvent la mort. » L'attrait de l'immortalité est le plus fort. Les quatre amis prennent le chemin de l'Arizona où se trouverait le mystérieux Monastère de la Fraternité des Crânes. Un chemin sans retour.

     Entre 1968 et 1972, Robert Silverberg connaît une effervescence créatrice qui aboutit à quelques romans majeurs : Les Ailes de la nuit, L'Homme dans le labyrinthe ou L'Oreille interne... De tous ces chefs-d'œuvre, Le Livre des Crânes est celui qui s'éloigne le plus de la science-fiction. Le fantastique est privilégié, avec les thèmes traditionnels du grimoire, de la secte occulte, de l'immortalité. Tout cela n'est qu'un appareillage secondaire. Le Livre des Crânes présente toutefois un point commun avec les autres romans de la période : c'est un récit initiatique, une réflexion sur l'identité et l'altérité, sur la place de l'homme dans l'univers et dans le cours du temps. À travers une série d'épreuves, les héros de ce livre se confrontent avec la mort et le mal, donc avec eux-mêmes. Eli doit assumer sa judaïté, Ned son homosexualité ; Timothy doit oublier que la vie lui a toujours été facile, son père étant milliardaire ; Olivier, à l'inverse, doit dépasser sa condition d'orphelin pauvre. Au-delà des différences sociales, raciales, psychologiques ou sexuelles, chacun est amené à se regarder en face, à scruter en lui les caractéristiques de l'humaine condition. Loin des niaiseries spiritualistes du New Age, des religions de pacotille d'une certaine fantasy, Le Livre des Crânes est une rencontre entre l'imaginaire et la métaphysique dans ce qu'elle a de pur, un chemin vers la transcendance par la confrontation directe de l'homme avec lui-même. Ils ont beaucoup de chance, ceux qui, ne l'ayant pas encore lue, vont découvrir cette œuvre majeure...

Gilbert MILLET
Première parution : 1/6/2004
dans Galaxies 33
Mise en ligne le : 30/12/2008


 

Edition LIVRE DE POCHE, SF (2ème série, 1987-) (2008)


     « Ils sont quatre :
     Timothy 22 ans, riche, jouisseur, dominateur.
     Oliver, 21 ans, beau, athlétique, bloc lisse à la faille secrète.
     Ned, 21 ans, homosexuel, amoral, poète à ses heures.
     Eli, 20 ans, juif, introverti, philologue, découvreur du Livre des Crânes.
     Tous partis en quête du secret de l'immortalité : celle promise par le Livre des Crânes. Au terme de cette quête, une épreuve initiatique terrible qui amènera chacun d'eux à contempler en face le rictus de son propre visage. Une épreuve au cours de laquelle deux d'entre eux doivent trouver la mort (l'un assassiné par un de ses compagnons, l'autre suicidé) et les deux autres survivre à jamais. » Texte de la quatrième de couverture de la première édition française (qui trace parfaitement l'intrigue de l'ouvrage, ou plutôt son absence).

     Dans la production de Robert Silverberg du début des années 70, Le Livre des crânes est un texte atypique, avant tout car il est censé se situer peu ou prou à la période où il a été écrit. Ce roman, relecture « contemporaine », donc, du mythe de la Fontaine de Jouvence, nous mène de New York à un étrange monastère perdu au fin fond de l'Arizona, monastère qu'Eli compare dès la seconde page du livre à Shangri-La. Comparaison fallacieuse, car « sur quatre, deux devront mourir ». On comprend tout de suite que l'immortalité (récompense et malédiction, ambivalente par essence) se dressera au bout du chemin. Dès lors, le suspens est ailleurs : Qui va mourir ? Et comment ?

     C'est dans ce « qui » et ce « comment » que se situe, à mon sens, la seule véritable faiblesse d'un livre très ambitieux sur les plans stylistique et thématique. Car Silverberg, consciemment ou inconsciemment (ce dont on se permettra de douter), lie de façon dérangeante (et un brin complaisante) l'homosexualité et la mort — amalgame (homosexualité = déviance morbide) que d'autres auteurs, avant et après lui, ont commis, mais le plus souvent en étant homosexuels (voir à ce sujet Sacrements de Clive Barker, chef-d'œuvre méconnu sur la noire destination de l'espèce humaine). Par conséquent, les scènes finales paraîtront sans doute un brin ridicules (voire nauséabondes) au lecteur actuel (surtout s'il est homosexuel) ; mais pourraient aussi paraître d'un humour noir jouissif à un lecteur à la religion ouvertement homophobe (n'oublions pas qu'elles le sont quasiment toutes).

     Roman coup de poing, souvent vertigineux, d'une ambition stylistique rare, Le Livre des crânes n'a pas très bien vieilli (sa traduction française, plus que compétente, mériterait sans doute un coup de pinceau) et pourtant il s'agit sans conteste d'un des chefs-d'œuvre de Silverberg qui, à l'époque (1972), avait osé décrire une jeunesse réaliste rêvant de « chattes », de « cul » et de supériorité, car la suprême récompense (pour ces quatre pèlerins américains), ce n'est pas de trouver sa place parmi les hommes (le commun des mortels), mais bien de la trouver au-dessus. En jouant avec cette notion de « race supérieure », Silverberg ne nie pas sa judéité, il la met à l'épreuve.

Thomas DAY
Première parution : 1/1/2008
dans Bifrost 49
Mise en ligne le : 12/6/2009




 
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