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    Fiche livre    

L'Éveil d'Endymion

Dan SIMMONS

Titre original : The Rise of Endymion, 1997
Science Fiction  - Cycle : Hypérion  vol.

Traduction de Monique LEBAILLY
Illustration de Jürgen ZIEWE
Robert LAFFONT, coll. Ailleurs et demain n° (163), dépôt légal : septembre 1998
702 pages, catégorie / prix : 159 FF, ISBN : 2-221-08634-1

Autres éditions
   FRANCE LOISIRS, 1999
   POCKET, 2016
   in Le Cycle d'Hypérion - 2, Robert LAFFONT, 2003
Couverture

    Quatrième de couverture    
     Après Hypérion (Prix Hugo 1991), La Chute d'Hypérion puis Endymion, voici enfin venir L'Éveil d'Endymion, quatrième et dernier volet d'une des plus fameuses sagas de la Science-Fiction contemporaine.
     Toutes les énigmes trouveront leurs solutions, toutes les questions sans réponses, tous les fils seront enfin noués. Mais seulement après qu'Énée, la fille prophète surgie du labyrinthe du sphinx sur la planète Hypérion, aura accompli son destin avec l'aide et l'amour de Raul Endymion. À travers mille dangers, à travers mille voyages, à travers mille mondes.

     Dan Simmons a pris place avec le cycle d'Hypérion dans le panthéon de la Science-Fiction contemporaine, aux côtés du Frank Herbert de Dune, du Philip K. Dick de Ubik, du Philip José Farmer du Monde du fleuve, ou de l'Isaac Asimov des Fondations.

L'éveil d'Endymion
a obtenu le Prix Locus 1998


    Prix obtenus    
Locus, roman de Science-Fiction, 1998
Science Fiction Chronicle, roman, 1998
 
    Critiques    
     Hyperion, paru en 1989, a été un événement majeur dans l'histoire de la SF, justement récompensé par les prix Hugo et Locus. Dan Simmons, à travers les récits de sept pélerins, y offrait un panorama quasi complet des grands thèmes de la SF, mêlant habilement les intrigues et les styles, avec intelligence, poésie et sensibilité.
     Les suites, moins poétiques mais toutes aussi brillantes et passionnantes, ont fait de cette série l'un des chefs d'oeuvre de la SF mais aussi de la littérature dans son ensemble, le seul qui rivalise en ambition et en subtilité avec le Dune de Herbert.
     L'éveil d'Endymion conclue tout aussi brillamment cette impressionnante saga (notons d'emblée qu'il est impossible de lire ce livre sans avoir lu les précédents).
     La complexité de l'intrigue la rend absolument impossible à résumer, mais Dan Simmons a réussi l'exploit d'en maîtriser totalement les multiples facettes, sans jamais égarer son lecteur, tout au long des 2300 pages que représentent environ les quatre volumes.
     On regrettera quelques longueurs dans cet ultime ouvrage, notamment dans la première moitié du livre, car le récit aurait gagné à être plus rythmé. Malgré un début plus laborieux que dans les précédents volumes, on retrouve cependant avec un grand plaisir les différents personnages, notamment Endymion, Enée et le gritche.
     La thématique est incroyablement riche et variée, avec en outre une dimension théologique et métaphysique. Simmons continue en particulier sa reconstruction très originale du christianisme, et après la découverte du cruciforme, il nous donne cette fois son interprétation de l'eucharistie ("ceci est mon sang..."). Cette dimension mystique n'empêche toutefois pas l'action et les évènements d'être prenants, et l'on vibre avec les personnages en attendant le dénouement.
     Que dire de plus ? L'univers créé par Simmons est l'un des plus complexes, des plus cohérents et des plus inventifs jamais écrits, et il s'agit tout simplement d'une épopée incontournable, à laquelle tout amateur de SF devra un jour se mesurer !

Pascal PATOZ (lui écrire)
Première parution : 15/10/1998
nooSFere


     Fuyant les armées pontificales et l'énigmatique menace de Radamanth Nemes, Enée et Raul Endymion ont atteint la Vieille Terre, et plus précisément la communauté de Taliesin Ouest, où le cybride de Frank Lloyd Wright va aider Enée à devenir architecte. Mais sur Pacem, le pape Julius XIV vient de mourir ; après sa résurrection, obtenue grâce au cruciforme qui identifie les fidèles de l'Eglise, il est réélu sous le nom d'Urbain XVI et, tel l'antique pontife ayant porté ce nom, déclenche une Croisade contre les Extros. Le père De Soya reprend du service, quittant sa planète natale où il avait été exilé pour prendre le commandement d'un croiseur spatial. Mais les premiers engagements avec les Extros vont le convaincre qu'il y a quelque chose de pourri au royaume du Vatican.
     Toujours obéissant, Raul Endymion part pour un nouveau périple sur la rivière Thétys, en solitaire cette fois, pendant qu'Enée rassemble autour d'elle ceux qui désirent suivre son enseignement. La crise se noue sur une planète bouddhiste, où le dalaï-lama et son peuple vont tenter de protéger Enée, que Raul vient de retrouver, de Nemes et de ses clones, émanations du TechnoCentre. Mais que signifient ces millions de cadavres congelés que le Grand Inquisiteur vient de trouver sur Mars ? Quel est leur rôle dans les desseins du TechnoCentre ? Qui sont les lions, les tigres et les ours qui observent dans l'ombre l'évolution de l'humanité ? La clé de l'énigme se trouve peut-être dans les Chants de Martin Silenus, que l'Eglise a mis à l'index, ou dans les apparitions foudroyantes et inexpliquées du Gritche...
     Il est presque impossible de donner un résumé à la fois complet et cohérent de L'Eveil d'Endymion. Considérant que ce livre est le quatrième (et dernier) élément d'un cycle qui a d'ores et déjà marqué la SF, un numéro entier de Galaxies ne suffirait pas à rendre justice à la tapisserie chatoyante qu'a tissée son auteur. Tentons quand même de donner quelques repères...
     Et d'abord un retour aux sources. Hypérion et Endymion, les poèmes de Keats qui servent de templet à Simmons, racontent respectivement la mort des anciens dieux qui cèdent la place aux nouveaux — un motif qui sous-tend les actes du TechnoCentre dans les deux premiers romans du cycle — et l'histoire d'un berger qui fut aimé de Séléné, la déesse de la Lune, l'essence même de la féminité. Comme l'a écrit Dominique Warfa, Simmons apparaît comme un « athée inquiet » (il a été élevé dans la foi catholique — « c'est toujours mieux que les télévangélistes  », souligne-t-il), et le fil rouge qui parcourt ce cycle est bien celui de la transcendance. Mais cette transcendance, ce stade ultime de l'évolution, n'est pas unique et homogène. La suite de planètes qu'Enée, Raul et A. Bettik visitaient dans Endymion, en une croisière distrans que certains lecteurs ont pu trouver trop longue, était en fait un panorama des possibilités de l'espèce humaine, de son infinie variété. On retrouve cette xénophilie dans L'Eveil d'Endymion où, pour la première fois, Simmons nous fait découvrir les aliens qui peuplent son univers (ceux qui disaient qu'Hypérion contenait tous les clichés de la SF à l'exception des extraterrestres vont être ravis — mais liront-ils seulement ce livre  ?), ainsi que la nature exacte des Extros et, bien entendu, l'ultime secret du TechnoCentre.
     Dans un entretien donné à la revue Locus, Simmons décrit L'Eveil d'Endymion comme « un puissant projecteur qui éclaire certaines zones d'ombre des trois premiers volumes ». Si La Chute d'Hypérion répondait à la plupart des questions posées par Hypérion, la lecture d'Endymion a laissé perplexe plus d'un lecteur. Rassurez-vous, tout, je dis bien tout est expliqué. Le plus souvent de façon claire et précise, mais parfois, par sous-entendu, au détour d'une phrase, telle ou telle question laissée jusque-là en suspens trouve sa lumineuse réponse. N'oublions pas que le temps joue un rôle crucial dans ce cycle, et on ne s'étonnera pas de retrouver ici Freeman Kassad et Rachel-Moneta, ainsi que certain tapis volant...
     Pour conclure, il faut souligner que si Hypérion et La Chute d'Hypérion faisaient explicitement référence aux grands courants de la SF, ce que tous les critiques ont remarqué — parfois pour le regretter, le plus souvent pour saluer l'avènement d'une SF postmoderne, qui ouvre de nouvelles voies au genre tout en respectant ses codes — , Endymion et L'Eveil d'Endymion fourmillent en outre de références à l'oeuvre antérieure de Simmons ; on y trouve en vrac des allusions, des échos, des rimes narratives à L'Echiquier du mal, aux Larmes d'Icare, à L'Homme nu et mêmes aux romans d'horreur souvent négligés par les amateurs de SF — Nuit d'été, Les Fils des ténèbres et Les Feux de l'Eden — , comme si Simmons éprouvait le besoin de nous présenter la synthèse de tous ses thèmes majeurs — le caractère irréductible de l'amour, la transmission du savoir et de l'expérience, un individualisme farouche qui ne peut se concevoir sans une véritable fraternité, le mal considéré comme une forme pernicieuse de parasitisme, le potentiel infini de l'être humain — mais aussi de ses talents. è ce titre, Raul Endymion nous représente tous, un être humain comme les autres poussé par le destin à se transcender et qui, malgré ses limitations, va jusqu'au bout de son être, de sa vie, de son amour. Il est moins le porte-parole de l'auteur — qui s'abstient sagement de trop détailler la transcendance de peur de la banaliser — que celui du lecteur ; celui-ci trouvera parfois ce pauvre Raul un peu obtus — le seul défaut que l'on pourrait reprocher à ce livre, en plus du nom invraisemblable de certain figurant ecclésiastique — , mais, d'un autre côté, c'est parce qu'il n'a rien d'un surhomme que Raul est si désespérément, si lumineusement, si essentiellement humain.
     Et ce livre ne pouvait être écrit qu'avec des mots humains.

Jean-Daniel BRÈQUE
Première parution : 1/9/1998
dans Galaxies 10
Mise en ligne le : 1/2/2001


[Chronique de l'édition originale américaine parue chez Bantam Spectra en septembre 1997]

     The Rise of Endymion poursuit et conclut la saga commencée par Hypérion, énorme et incontournable best-seller S-F de la décennie. On y retrouve les personnages centraux d'Endymion : Enée, fille de Brawne Lamia et du cybride John Keats ; A. Bettik, l'androïde à la peau bleue ; Raul Endymion, héros malgré lui et narrateur du récit.

     Raul est emprisonné dans une boite de Schrödinger et attend la mort sans savoir à quel moment elle frappera. Dans sa solitude il se rappelle les aventures qu'il a partagées avec ses compagnons. Après nous avoir entraîné le long du fleuve Thètys pour fuir les envoyés de la Pax, il nous raconte ici son amour pour Enée, devenue femme, et leur voyage à travers l'univers pour répandre la parole de « Celle qui enseigne ». Face à une église catholique pervertie qui offre l'immortalité du corps et a vendu son âme au Technocentre et ces machines, Enée lutte pour promouvoir l'immortalité de l'âme, l'amour et l'empathie. Le récit de Raul nous emporte et s'interrompt parfois pour nous ramener à sa triste condition et à sa fin que l'on imagine sinistre et inexorable. Après le rythme effréné du tome précédent, on retrouve ici un récit plus posé et un retour aux spéculations théologiques. L'avènement d'Endymion — The Rise of Endymion — , est en fait celui du Christ dont Enée est la nouvelle incarnation. La venue du messie sonne la fin des Dieux anciens. Les idoles tombent une à une. Les Cantos d'Hypérion sont des histoires auxquelles personne ne croit plus, Simmons détruit de sa propre main le monde qu'il a créé. L'existence du Gritche est commentée, rationalisée jusqu'à ce que rien ne subsiste de son mystère.

     Les héros d'Hypérion ont pâli ou sont devenus les apôtres du nouveau messie. Simmons en fait des personnages de second rang qui apparaissent ou disparaissent dans un monde qu'ils ne tiennent plus et qui ne tient plus à eux. Seule la lumière du Messie est maintenant digne d'éclairer les choses.

     Telle est l'histoire de grandeur et de décadence qui transparaît dans le récit que nous raconte Raul enfermé dans sa chambre où la mort peut s'abattre à chaque instant, où l'effroyable précarité de la vie n'est soutenable que dans la foi.

     Et nous sommes prêts à y croire jusqu'à ce que Simmons se joue de nous une dernière fois. Il efface tout et dans une ultime pirouette, nous dit qu'à l'immortalité de l'âme, il préfère la brièveté d'une tranche de vie pleine du bonheur simple des êtres mortels.

     Sacré Simmons.

Sophie GOZLAN
Première parution : 1/1/1998
dans Bifrost 7
Mise en ligne le : 3/11/2003


 
Base mise à jour le 9 septembre 2017.
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