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L'Homme éclaté

David GERROLD

Titre original : The Man who Folded Himself, 1973

Traduction de Guy ABADIA
Illustration de Serge CECCARELLI

CASTERMAN , coll. Autres temps, autres mondes - Romans n° (10)
Dépôt légal : mai 1978
190 pages, catégorie / prix : nd
ISBN : 2-203-22710-9   
Genre : Science-Fiction

Le nom de l'illustrateur mentionné en 1er rabat de couverture (Jean-Pierre Sénamaud) est erroné.



    Quatrième de couverture    
     Vous prenez le plus vieux, le plus usé des gadgets utilisés en science-fiction : la machine à voyager dans le temps. Et vous décidez d'en tirer l'histoire de voyage dans le temps à enfoncer toutes les autres histoires de voyage dans le temps ! C'est ce qu'a fait ici David Gerrold, une des nouvelles vedettes de la jeune SF américaine. Son héros, Danny, se déplace d'un bout à l'autre de la ligne temporelle, évoluant de son « présent » vers le passé ou vers l'avenir. Il découvre qu'il crée ainsi autant d'autres versions de lui-même qu'il accomplit de sauts dans le temps. Et il se met à vivre dans un univers peuplé de la multitude de ses doubles, qui tous comme lui voyagent dans le temps et ne cessent de se rencontrer, de le rencontrer. Danny finit par se multiplier à l'infini, car il engendre des mondes parallèles en nombre illimité, à mesure qu'il se rencontre lui-même dans le temps. Et dans tous ces mondes parallèles, il y a d'autres Danny, certains d'entre eux s'avérant des êtres imprévisibles... Un roman à la fois fascinant et ironique, qui sera un régal pour les connaisseurs !

     David Gerrold est né à Chicago en 1944 et réside en Californie. Il a été acteur et metteur en scène de théâtre. Ses débuts d'auteur de science-fiction datent de 1967. Il a écrit une demi-douzaine de romans, dont le remarquable When Harlie was one, histoire d'un ordinateur qui se croit humain. Il a également été l'un des scénaristes de la série télévisée Star Trek, fameuse aux Etats-Unis. Il est enfin le responsable des anthologies Protostars, Generation, Alternities, SF Emphasis, qui toutes réunissaient des textes inédits d'auteurs oeuvrant dans la veine moderne. On a pu lire quelques nouvelles de David Gerrold dans les anthologies Casterman : Histoire d'amour en trois actes (dans Espaces inhabitables, tome 1), Toutes les chambres étaient vides (dans Cauchemars au ralenti), La Dérègle du je (dans Après nous le délire).

    Cité dans les listes thématiques des oeuvres suivantes :     
 
    Critiques    
 
     UN VOYAGEUR PRUDENT ?

     Une belle couverture de Serge Ceccarelli, qui s'inspire de certains Magritte donne le ton de ce voyage temporel : tout un univers qui va bourgeonner sur le paradoxe de Barjavel. David Gerrold a peu publié en France : quelques nouvelles dans les Anthologies Casterman, choisies par Dorémieux. Il écrit depuis 11 ans, si ses autres romans sont de la qualité de celui-ci, il est dommage qu'on n'en ait rien traduit. Peut-être n'a-t-il pas une « image de marque ». Saluons Dorémieux découvreur. Rien du souffle de Dick, de Spinrad ; de la poésie d'Ellison ou de Zelazny. Difficile à situer. Mais il connaît bien son métier. Tout l'ouvrage est un tour de force, car rien n'est imprévisible, au départ. Aucun suspens, rien du gadget rhétorique. Une exploitation systématique du lieu commun sur les paradoxes temporels, rien de plus. Mais tout y est, même l'impensable. Non, aucune découverte de la fin ou du début du monde (banal !) ; il ne modifie pas l'histoire (en fait il s'amuse bien un peu à tuer Hitler et le Christ, mais les mondes qui en résultent ne lui plaisent pas, alors il « excise » cette expérience). Aucun exotisme donc, ce qui faisait saliver les lecteurs des voyages temporels habituels est ici passé sous silence. Alors ? Pour la première fois, dans le traitement de ce thème, les choses sont vues de l'intérieur, et le narrateur n'en retient que ce qu'il confie à une sorte de journal. On assiste à la création du monde intérieur d'un voyageur temporel. Sa quête de la mort, de son fameux Oncle Jim, des divers « lui-même » qui sont à la fois lui et autre chose (ils ne sont pas au même moment du temps, et en plus évoluent sur des pistes temporelles personnelles). Des séquences admirables : la réalisation des fantasmes les plus communs prend des allures de cérémonial initiatique. Comment trouver un alter ego ? Comment s'aimer soi-même (plutôt qu'un hypothétique prochain, choisissez-vous dans l'image que vous présente cette sorte de miroir temporel : narcissisme ? auto-érotisme ? Comme le dit le héros : faire l'amour avec soi-même, en ce cas est-ce de la masturbation ? Grave problème métaphysique !) Et se trouver sous forme féminine, quand on est un homme ? Et se faire un enfant ? Qui sera-t-il : vous ou un autre ? Serez-vous le père ou l'oncle ? Roman qui allie le lyrisme d'un Whitman (p. 83 passim) à des songeries dans l'imaginaire analytique. Mais à n'exploiter que le côté psychologique ou paradoxal — le social est nié, occulté — le roman ne pouvait être que circulaire. Beau piège. A la hauteur du mythique Vendredi 19 dont l'émerveillement subsiste depuis si longtemps.
 

Roger BOZZETTO
Première parution : 1/9/1978 dans Fiction 293
Mise en ligne le : 28/5/2010


 

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