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Kriegspiel

Dominique GOULT & Jean-Marc LIGNY



Illustration de Young Artists VLOO

FLEUVE NOIR / FLEUVE Éditions (Paris, France), coll. Anticipation n° 1632
Dépôt légal : juin 1988
192 pages, catégorie / prix : nd
ISBN : 2-265-03851-2   
Genre : Science-Fiction



    Quatrième de couverture    
     Char 1947.Equipage : trois hommes. Mission : inconnue. Position : incertaine. Compagnie : dispersée. Qui est l'ennemi ? Dans quelle guerre sont-ils engagés ? Pourquoi personne ne répond aux appels ? Est-ce la défaite ? La victoire ? 1947, Culbuteur et Lumineux ont l'impression d'être des pions sur un vaste échiquier, des pièces d'un jeu dont ils ignorent la règle et le but. Peut-être n'ont-ils pas tort.
 
    Critiques    
     Jean-Marc Ligny n'est plus à proprement parler un débutant. Auteur de cinq romans avant ceux-ci, allant du texte éclaté (Temps Blancs) à la Speculative (Furia !), de la Fantasy (Succubes) au Fantastique moderne (Yurlunggur), on est désormais en droit d'attendre de sa part des ouvrages originaux et achevés, comme pour tout auteur sachant écrire, maître de sa plume. Et Dieu sait s'il la maîtrise, le bougre ! Capable du meilleur... mais aussi du pire... Et cette fois, avec ces deux romans publiés simultanément chez Denoël et au Fleuve Noir (le second ayant été écrit en collaboration avec Dominique Goult), il fait un pas en arrière en ce qui concerne sa trajectoire par rapport au champ de la modernité et déçoit quelque peu. En effet, délaissant provisoirement la veine novatrice qui nous avait fait l'aimer (et lui avait même valu un passage à Apostrophes), pleine de fureur et de fièvre bouillonnante, ainsi qu'une thématique intéressante chère à la SF moderne (la réalité), il se contente de nous livrer, pour D.A.R.K. du moins, Kriegspiel n'étant en fait qu'un Fleuve ordinaire, une bien classique histoire postcataclysmique ; bien ficelée il est vrai, nerveuse et se laissant lire d'une traite, mais sans originalité. On y retrouve tous les ingrédients habituels, une Terre détruite, des survivants (ou plutôt des descendants de survivants), des mutants, des bons et des méchants, une lutte pour le pouvoir... Cela suffit-il pour pouvoir passer en Présence du Futur, la collection actuellement la plus exigeante et publiant, après Alain Dorémieux, Dominique Douay et Daniel Walther, des auteurs de l'importance de Serge Brussolo, Jacques Barbéri, Emmanuel Jouanne, Jean-Pierre Hubert, Francis Berthelot ? Evidemment, non. Et pourtant on ne peut pas dire qu'il s'agit-là d'un mauvais roman, on sent bien la patte de Ligny qui ne s'y renie pas. Alors ? Alors, je pense tout simplement, s'il m'est permis de déborder du cadre étroit de D.A.R.K., que celui-ci pose en le mettant en évidence le malaise habitant depuis quelques années la Science-Fiction française : autrement dit une raréfaction dangereuse des supports et des collections, les plus populaires seulement réussissant à surnager, amenant les auteurs à se remettre en question et à se rapprocher d'un certain classicisme demandé ou suggéré par les éditeurs et les directeurs de collection. Bref, une situation identique à celle que connurent les auteurs américains et qui n'a guère évoluée... n'en déplaise aux plus malins d'entre eux, qui se présentent aujourd'hui sous l'appellation commerciale et donc commode de Cyberpunks...
     Mon intention n'est évidemment pas de cracher dans la soupe ou encore de critiquer les auteurs publiant au Fleuve (peut-être demain chez Patrick Siry, nous le saurons bientôt), mais de constater un état de fait que personne ou presque songerait à mettre en doute. C'est ainsi !
     D.A.R.K. reste évidemment, comme dit plus haut, un roman lisible, qui plaira sans doute à certains, c'est sur, mais je conseillerais à ceux qui ne connaîtraient pas encore Jean-Marc Ligny de faire au préalable la connaissance de ses deux précédents, publiés dans la môme collection : Furia ! et surtout Yurlunggur, qui demeure le texte le plus attachant de son auteur.


Richard COMBALLOT
Première parution : 1/10/1988 dans Fiction 401
Mise en ligne le : 7/11/2002


     Le titre de ce livre donne la clef de son contenu. C'est un roman de guerre. C'est aussi un jeu.
     Lumineux, Culbuteur et 1947 forment l'équipage d'un char qui erre dans la nature à la recherche de l'ennemi. Depuis longtemps, les transmissions sont mortes, silence sur toutes les fréquences. Depuis longtemps aussi, ils n'ont pas rencontré âme qui vive, jusqu'à ce qu'un groupe de civils les attaque et les maîtrise...
     Tout ça n'est pas très passionnant. Il y a de l'action, mais rien que de l'action. Ça finit par lasser. J'aurais aimé un peu plus de consistance. Des idées, quoi !
     L'écriture n'est pas exempte de reproches. Dans l'ensemble, elle est correcte, mais émaillée de quelques maladresses. Du style : « Le casque lui confère vaguement une vague allure de batracien. » (Page 21).
     Ceux qui aiment les récits de guerre s'extasieront à la lecture de Kriespiel. Les autres, qui comme moi sont plus exigeants, ne se contenteront pas de cette âpre balade qui se termine en queue de char et regretteront l'aspect gratuit de cette guerre qui ressemble à beaucoup d'autres...
     Quant à la préface d'André Bercoff, sautez-là, elle ne vous apprendra rien.

Éric SANVOISIN
Première parution : 1/9/1988 dans Fiction 400
Mise en ligne le : 24/3/2003


 

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