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Histoires de cochons et de science-fiction

ANTHOLOGIE

Textes réunis par Sylvie DENIS



Illustration de Frédéric SORRENTINO

BÉLIAL' , coll. Science-Fiction n° (2)
Dépôt légal : 2ème trimestre 1998
204 pages, catégorie / prix : 79
ISBN : 2-84344-011-4   
Genre : Science-Fiction

Co-édité par "Orion Éditions et Communication".



    Quatrième de couverture    
     Avez-vous entendu parler de la première loi de Purnath ? Pourtant vous devriez, sans elle notre monde ne serait pas tout à fait le même, du moins pour ce qui est de nos habitudes alimentaires...

     Pourquoi le gouvernement roumain a-t-il invité quatre scientifiques de renommée internationale et un écrivain de SF français ? À quel secret, datant de la dictature des Ceaucescu, vont-ils être confrontés ?

     Cyril le cybercochon a été créé pour la télévision britannique mais voilà qu'il devient le symbole d'un parc d'attraction où son nez-mitraillette risque bien de faire un carnage chez les touristes en short et autres mangeurs de hamburgers...

     Rock around the pork ! Queue en tire-bouchon et banane au vent, tout a commencé le jour où Honoré découvrit le rock n'roll, avant de faire connaissance avec le terrible docteur Moreau...

     Sylvie Denis, qui avait déjà réuni dans l'anthologie Century XXI, toute la nouvelle SF spéculative britannique, s'attaque ici aux histoires de cochons et de science-fiction. À savoir, cinq nouvelles, une novella, et un (court ?) roman, rendant tous hommage à ces extraordinaires animaux que sont les porcs domestiques et autres sangliers.

     Au sommaire, des histoires cochonnes qui vous emmèneront sur la Lune, en Roumanie, dans un parc d'attractions déréglé... Des textes de Eugene Byrne, Thomas Day, Esther M. Friesner, lain Lee, Serge Lehman, Brian Stableford et the last but not the least : Roland C(ochon). Wagner.

    Sommaire    
1 - Sylvie DENIS, Des cochons dans l'éprouvette, pages 7 à 9, Introduction (lire ce texte en ligne)
2 - Eugene BYRNE, Cyril le cybercochon (Cyril the Cyberpig), pages 13 à 39, trad. Hervé HAUCK
3 - Ian LEE, Des cochons, pour la plupart (Pigs, Mostly), pages 43 à 58, trad. Sylvie DENIS
4 - Serge LEHMAN, Origine de la Première Loi de Purnath, pages 61 à 67
5 - Brian STABLEFORD, Le Plombier pie de Haemlin (The Piebald Plumber of Haemlin), pages 71 à 84, trad. Sylvie DENIS
6 - Thomas DAY, Le Goût du feu, pages 87 à 100
7 - Roland C. WAGNER, Honoré a disparu, pages 103 à 178
8 - Esther M. FRIESNER, Un tour de cochon (A Pig's Tale), pages 191 à 196, trad. Michelle CHARRIER
9 - COLLECTIF, Les Titres auxquels vous avez (jambon) cru échapper, pages 197 à 201, Article
 
    Critiques    
     A quand remonte la dernière anthologie thématique à avoir vu les presses en cette bonne terre de France ? A la Guerre de Cent Ans ? Au Déluge ? Il se pourrait cependant bien que ce fût à L'Assassin habite au XXIe siècle le Pierre K. Rey chez Londreys... en 86. Aussi ces histoires de cochons font-elles figure de petit événement.
     Des histoires de cochons se devraient d'être drôles ; on s'attend plus ou moins à une anthologie en forme de boutade mais, si l'humour n'est pas totalement absent, on est à cent lieues de la franche rigolade Le ton, plutôt sombre, illustre une époque hantée par la crise économique et son corollaire, la technophobie, très sensible dans le texte de lan Lee. Après les astronefs, les voyages dans le temps, les ordinateurs, etc, les cochons sont-ils en passe de devenir le nouveau grand thème de la S-F ? Ça ne semble pas à craindre. « Que peut bien vouloir Chloé ? » de Brian Stableford (Galaxies n°6), le meilleur texte sur le sujet, étant indisponible, on aurait pu se demander si cela restait pertinent de réunir une anthologie de S-F porcine. Ce à quoi répond « oui » la longue novella de Roland C. Wagner « Honoré a disparu », véritable morceau d'anthologie — c'est le cas de le dire — tout à fait jubilatoire. Mais passons à la revue de détail.
     Thomas Day met en scène le porc le moins anthropomorphique – mais non le moins altéré – dans « Le Goût du feu  », un texte qui vaut davantage par le tableau qui y est brossé de l'actuelle Roumanie que pour ses arguments science-fictifs, lesquels n'apparaissent que dans la seconde moitié de la nouvelle.
     Dans le texte limite « Limite » de Ian Lee, texte introspectif s'il en est, littéraire, psychanalytique par les réminiscences qu'il met en jeu, les truies servent de mères porteuses. Texte bien sombre où il est manifeste que cet usage inédit de la gent porcine ne constitue en rien un progrès aux yeux de l'auteur.
     Dans les cinq autres nouvelles, les cochons parlent et perdent donc leur statut animalier.
     Esther M. Friesner nous livre une sorte de rhapsodie sur Alice au pays des merveilles où un cochon, comme dans toute fantasy qui se respecte, se métamorphose en homme...
     Brian Stableford s'est, lui, fendu d'une variation sur le joueur de flûte de Hamelin où un cochon plombier biotechnicien s'en vient sur la lune jouer des phéromones pour débarrasser les artères du corps commun de l'humanité des rats qui l'infestent. Un petit quelque chose de Demain les chiens, version Super Mario s'entend,
     .Le traitement islamique du cochon devait bien incomber à quelqu'un. C'est Serge Lehman qui s'y est collé. Et voilà comment le Prophète est tombé dans la cité souterraine des cochons... Peut mieux faire.
     Eugène Byrne signe l'un des meilleurs textes de 1'antho où, à travers un cochon cyborg de foire à fric né d'une BD. il stigmatise les travers de notre société avec laquelle il n'est pas tendre. Un humour pour le moins grinçant.
     Roland C. Wagner a compacté toute la richesse de son univers personnel dans cette novella si charmante qu'on peut la raconter aux enfants (même si les fermiers peuvent s'y prénommer Psylocybe). Babe version Wagner, c'est l'intrusion de Cette crédille qui nous ronge dans Les Futurs mystères de Paris  : rockloub et rapbeur des petites gamines et une I.A. qui leur fait la fée, le vivisecteur dans le rôle du grand méchant et une bonne louche de rock'n'roll... Et voilà une véritable histoire  !
     Pour conclure, cinq pages jubilatoires de titres de romans et/ou de films détournés en cochons avec une maîtrise consommée du mauvais goût. Genre : Foetus par truie ou bien encore Le Règne du goret...
     Les textes de E. Byrne et surtout Roland C. Wagner valent largement le détour et sont les plus longs. Cette anthologie qu'on attendait plus drôle n'est pas d'une lecture indispensable mais d'un niveau très honorable.

Jean-Pierre LION
Première parution : 1/4/1999 dans Bifrost 13
Mise en ligne le : 1/8/2001


     Les anthologies ont toujours joué un rôle d'importance en science-fiction. Souvenez-vous des Dangereuses visions de Harlan Ellison, ou de Mozart en verres miroirs, l'anthologie-manifeste du courant cyberpunk. Plus près de nous, Genèses et Escales sur l'horizon dressent un panorama de la nouvelle science-fiction francophone. Une pierre vient d'être ajoutée à l'édifice par les éditions Orion, qui nous proposent une anthologie-manifeste de ce que sera la science-fiction du troisième millénaire : ladies and gentlemen, voici, tintintin !, sonnez tambours, roulez trompettes : Histoires de cochons et de science-fiction !

     Vous l'avez sans doute compris, cette anthologie est placée sous le signe de l'humour, de préférence déjanté. Il n'est qu'à lire la préface de Sylvie Denis et les « titres auxquels vous avez (jambon) cru échapper » (L'aéroporc, Truie-HX 1138, Escales sur le saucisson, ... Il y en a deux cent comme ça !), ou voir la couverture hilarante de Sorrentino.

     Le texte de Roland Wagner, Honoré a disparu, s'il n'est pas le plus réussi car trop long et d'un humour parfois poussif, est en tout cas le plus fou de tous. Cette novella se déroule dans l'univers déjà bien déjanté des Futurs mystères de Paris, et l'on y voit une Intelligence Artificielle partir à la recherche d'une cochon transgénique intelligent, visité par l'esprit du rock'n roll, et enlevé par un rocker et un rapper pour le compte du vivisecteur Achille Moreau !

     Origine de la première loi de Purnath est quant à elle une sympathique fantasy animalière, dans laquelle Serge Lehman raconte l'histoire d'une société porcine vivant sous terre à l'insu des hommes. Dans Le plombier pie de Haemlin, de Brian Stableford, hommes et cochons font également monde à part, et même planète à part puisque les premiers ont laissé la Terre aux seconds, préférant s'installer à l'intérieur de la Lune et former un unique super-organisme. Mais le jour où le corps de l'humanité est infesté par des rats, il faut bien faire appel à un cochon plombier de la Terre...

     Si ces trois textes sont plutôt réussis, ma préférence va toutefois à celui de Eugene Byrne, Cyril le cybercochon. Tout va pour le mieux pour Cyril, cochon amélioré par la cybernétique et l'intelligence artificielle, attraction vedette d'un parc de loisir et héros de cinéma. Jusqu'au jour où il provoque la mort de plusieurs touristes, déchaînant les passions et déclenchant le débat : faut-il ou non abattre Cyril ? Non content d'être bourré d'humour, se moquant gentiment des relations franco-anglaises et un peu moins gentiment des américains, ce texte dresse de surcroît le portrait de deux personnages bien sympathiques : Cyril le cybercochon, et le narrateur, son créateur dépassé par les événements.

     Si tout est bon dans le cochon, ce n'est malheureusement pas le cas de cette anthologie. La palme d'or de l'ennui revient à Un tour de cochon. Nombre de lecteurs se perdront plus sûrement qu'Alice dans le Pays des Merveilles dans l'intrigue décousue de cette nouvelle d'Esther Friesner qui multiplie les références à Lewis Carroll.

     Des cochons, pour la plupart de Ian Lee et Le goût du feu de Thomas Day, sont deux nouvelles sérieuses, ce qui n'est pas en un défaut, loin de là. Mais ce sont des nouvelles sérieuses qui ne font qu'effleurer leur sujet, ce qui est déjà plus embêtant. Ainsi le texte de Lee évoque la possibilité de faire porter des enfants par des truies, tandis que celle de Day imagine les terribles expériences génétiques menées en secret sous le règne des Ceaucescu. Flirtant avec la hard-science, ces deux textes courts ont hélas pour autre point commun de s'arrêter au moment où ils commencent à devenir intéressants.

     Mais malgré ces deux déceptions et un franc ratage, Histoires de cochons et de science-fiction mérite tout de même le détour, et plaira à ceux qui n'ont pas envie de se prendre au sérieux. Car en vérité je vous le dis, la SF du vingt et unième siècle sera porcine, ou ne sera pas. 1

Notes :

1. Cette chronique est également parue dans le no 18 (sept. 2000) de Dragon & Microchips.


Philippe HEURTEL
Première parution : 1/7/1999 Slash Papivore 3
Mise en ligne le : 21/10/2003


 

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