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Le Monde du lignus

Michel JEURY


Illustration de Serge CLERC

Robert LAFFONT (Paris, France), coll. L'Âge des étoiles n° 9
Dépôt légal : 3ème trimestre 1978
Première édition
208 pages, catégorie / prix : nd
ISBN : 2-221-00052-8
Genre : Science-Fiction



Quatrième de couverture
     Lorek Nalan, à bord du Centaurus, participe à la première expédition interstellaire qui promette d'aboutir au contact  : une civilisation étrangère a fixé à l'homme un rendez-vous. Mais pour Lorek, ce sera une étrange rencontre  : après un bref contact mental, il se retrouve seul et nu sur un monde inconnu où s'affrontent cinq espèces humanoïdes. Le rôle qui lui est imparti par Nérel est-il de les amener à vivre en paix  ? Et quelle est la fonction du Lignus dans ce plan  ?
Critiques

     SUPERSTAR

     On aurait attendu la suite du Sablier Vert, mais non, c'est d'un autre monde qu'il s'agit, celui de la planète Lignus, vaste excroissance d'écorce où poussent des fleurs incroyables, des fruits merveilleux et des champignons de rêve. Mais qui se dégrade en désert, sans que les divers groupes ethniques dont les guerres, les razzias et les récoltes constituent l'histoire quotidienne s'en rendent très bien compte. Pour saisir le problème, pour envisager une solution il est nécessaire de venir d'« ailleurs ». Et toute la première partie nous narre cette venue : Jeury accumule les allusions aux grands Space-opera d'antan : des Extraterrestres qui manient le temps et l'espace, des vaisseaux de 80 km de diamètre, des forces psychiques, des aventures etc. Et puis c'est la prise de contact avec le monde de Lignus, les ruses pour se faire reconnaître, pour se faire aider, la découverte de la mission et, pour terminer, la solution « il serait le premier paysan de ce monde ». Comme le Strougatzky de Il est difficile d'être un Dieu (Denoël), Jeury utilise à des fins de rénovation, le cadre du S.O. tout en le subvertissant : ici rien ne sert plus de tremplin à une idéologie impérialiste, liée à un refus de l'histoire et à la seule présence du « chef » : le tout pour se présenter une hagiographie de la colonisation. Ici, c'est un néo-S.O., avec les prestiges de l'ancien (le sens de l'épique, de l'énorme, du spontané) ce qu'on nommait le « sense of wonder », mais il n'en est pas l'esclave idéologique. Le héros reste un homme, il fait partie d'un groupe et ses rapports ne sont pas de domination : tout un arrière fond démystificateur, tout autant que le fait que le héros mange, boit et va aux toilettes — comme vous et moi. Par malice, Jeury nous laisse patauger dans de fausses pistes qui sont celles d'une mémoire de lecteur : il existe des esclaves ? On s'attend évidemment à un remake de Spartacus. Rien à faire ! Des races différentes sur une planète ? Lutte pour la suprématie, voir Ce monde est Notre de Carsac par exemple. Vous n'y êtes pas. Arène de F. Brown ? Encore moins. Et de leurre en leurre, le récit propose son originalité, et sa morale, ambiguë mais présente. Je sais bien que c'est très mal vu de parler de morale : on est tout de suite suspect. Comme seront suspectes les allusions à Wul (Noo), à Vance, à Le Guin dont la présence est soulignée. Livre plein d'inventions et de trouvailles, parfois un peu embourbé, qui n'est pas un « Jeury mineur » mais bien une veine spécifique, où il se montre capable de rivaliser avec les meilleurs, sur leur propre terrain, tout en gardant un sourire et une couleur très personnelle. Pour lecteurs de 15 à 95 ans.

Roger BOZZETTO
Première parution : 1/11/1978 dans Fiction 295
Mise en ligne le : 18/4/2010

Critiques des autres éditions ou de la série
Edition POCKET, Science-Fiction / Fantasy (1984)

     Ça fait drôle de retrouver Jeury dans un roman d'aventures écrit à une époque où il n'en produisait pas encore treize à la douzaine. Celui-ci préfigure en un certain sens les Fleuve Noir qui allaient suivre, avec sans doute plus de maestria. Remarquons que nous ne retrouvons pas exactement la version destinée aux jeunes de chez Laffont, « L'Age des Etoiles » : Jeury a modifié l'intrigue (et profondément changé le sens du roman) par l'adjonction d'une scène finale qui reprend la situation laissée en suspens au début. Il s'en explique dans un avant-propos.
     Le début, c'est du Van Vogt à l'état pur : le vaisseau spatial géant immobilisé dans l'espace, à la merci des extraterrestres beaucoup plus avancés à qui les Terriens sont venus demander audience... Très vite, le protagoniste, Lorek, se retrouve transporté sur une planète relativement primitive, dominée par des régimes esclavagistes « malgré » un niveau technologique proche de celui du XIXe siècle (après tout, le sud des Etats-Unis...). Il lui faudra montrer ce qu'il sait faire face aux oppresseurs.
     Une fois sur la planète, le monde du fameux lignus, l'atmosphère est vancienne — au point que l'auteur se paye le luxe de baptiser « vances » un des peuples autochtones. L'intrigue est simple, il y a de l'action, mais on ne dirait pas spécialement un livre pour jeunes : Lorek a même une vie sexuelle...
     J'ai pris un réel plaisir aux paysages et aux sociétés, complètement jeuryiens dans leurs couleurs bariolées. Comme toujours, l'art jeuryien pour le choix des noms. L'élément de SF à proprement parler, et peut-être le vrai héros du livre, comme le lignus, cet arbre qui couvre la planète entière, dispensateur de vie pour ses locataires. Mais il reste trop en coulisses, faisant du livre plus un divertissement qu'une œuvre de SF fouillée.

Pascal J. THOMAS (lui écrire)
Première parution : 1/2/1984
dans Fiction 348
Mise en ligne le : 1/12/2005

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