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Hier, les oiseaux

Kate WILHELM

Titre original : Where late the sweet birds sang, 1976
Première parution : Harper & Row, janvier 1976

Traduction de Sylvie AUDOLY
Illustration de Stéphane DUMONT

DENOËL (Paris, France), coll. Présence du futur n° 234
Dépôt légal : 2ème trimestre 1977
256 pages, catégorie / prix : 2
ISBN : néant
Format : 11 x 18 cm  
Genre : Science-Fiction



    Quatrième de couverture    
     Riches propriétaires terriens, les Sumner, pressentant que la pollution et la guerre vont tout ravager autour d'eux, ont construit, dans leur domaine de Virginie, un centre de recherches scientifiques qui leur permet de survivre en économie fermée. Et quand, au lendemain du cataclysme, on s'aperçoit qu'hommes et femmes sont devenus stériles, la solution est là, toute prête : produire des bébés par cloning. Mais, à mesure que les générations se succèdent, une question se pose, terrifiante : ces clones, sont-ils encore des hommes ?
     Interrogation angoissée sur les capacités de survie de l'espèce humaine, ce roman d'une grande force dramatique offre une vision déchirante d'un avenir possible.

    Prix obtenus    
Hugo, roman, 1977
Jupiter, roman, 1977
Locus, roman, 1977

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Association Infini : Infini (2 - liste secondaire) (liste parue en 1998)

 
    Critiques    
     Condamnée par ses propres excès, l'humanité semble promise à une fin prochaine. Mais les Sumner, riche famille de Virginie, refusent de capituler. Ils décident donc de créer un centre de recherches biologiques sur leur vaste domaine, et c'est le jeune et brillant David qui sera chargé de superviser les travaux. Le but est simple : leur permettre de survivre — et avec eux, le genre humain — par tous les moyens possibles. David se consacre alors corps et âme à sa tâche, malgré la douleur d'être séparé de la jeune femme qu'il aime, sa cousine Celia, qui choisit de partir en Amérique latine pour aider les populations locales...

     Bien sûr, Hier, les oiseaux traite de sujets extrêmement préoccupants : l'autodestruction inéluctable de l'humanité dans un monde saturé de pollution, ravagé par la guerre et les épidémies, et ruiné par les inégalités nord-sud (notons au passage que rien dans le texte ne laisse supposer que l'histoire se déroule dans un futur lointain, bien au contraire). Frappés de stérilité, les hommes espèrent vaincre leur disparition programmée par la généralisation du clonage. Mais un clone reste-t-il un être humain ? La question, on s'en doute, ne saurait être tranchée aussi facilement. Certes, le clone ressemble physiquement à son modèle, il s'exprime comme lui et obéit aux mêmes besoins naturels. Mais les mécanismes sociaux, eux, diffèrent complètement. Si l'on devait trouver un système comparable, ce serait peut-être celui des sociétés d'insectes tels que les abeilles ou les fourmis. Leur population se divise en catégories bien distinctes (reproductrices, ouvrières, exploratrices...) ; l'individu, dont l'existence est dénuée de sens en tant que tel, œuvre uniquement pour assurer la survie du groupe social dans son ensemble. L'apparition inopinée de l'individualisme dans un tel contexte n'est d'ailleurs pas sans évoquer un temps des changements à la Silverberg, dans un registre toutefois moins violent.

     La narration, non linéaire (le roman se compose de trois parties, séparées chacune par plusieurs années), sert parfaitement le propos de l'auteur. Par une démarche qui rappelle celle de la microhistoire 1, Kate Wilhelm préfère rester au contact permanent d'une poignée de personnages, pour laisser le lecteur en déduire le futur possible de l'humanité dans sa globalité. On pourrait reprocher à Kate Wilhelm de s'être facilité la tâche en choisissant un microcosme remarquable entre tous, voire exceptionnel. C'est possible. Mais dans le monde qu'elle imagine, où les télécommunications de masse ont disparu, rien n'indique qu'un scénario comparable au sien n'est pas survenu en un autre endroit de la planète. D'une certaine manière, la réalité effroyable de l'avenir envisagé par l'auteur n'est pas directement perceptible dans la description méthodique des cataclysmes engendrés par la folie des hommes, mais plutôt par la façon dont ceux-ci vont affecter douloureusement la vie de quelques personnages isolés : amoureux déchirés, mère séparée de son enfant, inadaptation sociale d'un individu.

     Texte sensible, Hier, les oiseaux n'assène donc pas les questionnements éthiques avec lourdeur ou agressivité, mais les laisse subtilement s'insinuer dans l'esprit du lecteur. Ce dernier retiendra-t-il de sa lecture la sombre vision d'avenir de Kate Wilhelm, ou la note d'optimisme apportée par l'épilogue ? Au moment où le clonage humain devient une éventualité scientifique concrète, ce roman, lauréat des prix Hugo et Locus en 1977, prend une dimension supplémentaire qu'il appartient à chacun de (re)découvrir.

Notes :

1. L'école microhistorique s'attache à l'étude d'un groupe social réduit, dans une période limitée, pour en tirer le cas échéant des conclusions générales sur un groupe social plus étendu dans une période historique plus large.


Julien RAYMOND (lui écrire)
Première parution : 10/10/2004 nooSFere


 

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