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La Vie éternelle

Jack VANCE

Titre original : To Live Forerver / Clarges
Traduction de Françoise MAILLET
Illustration de Georges RAIMONDO
LIBRAIRIE DES CHAMPS-ÉLYSÉES, coll. Le Masque Science-Fiction n° 103
1er trimestre 1980
256 pages
ISBN : 2-7024-1044-8   
Genre : Science Fiction 


Autres éditions
   in Emphyrio et autres aventures, DENOËL, 2004
   GALLIMARD, 2009
   POCKET, 1987, 1991

    Quatrième de couverture    
     DANS LA DERNIERE CITE DU MONDE... Clarges la splendide, à la sombre beauté, ultime bastion de l'art et de la science, les hommes vivent selon un strict système de castes. Ils sont Couvée, Coin, Tiers, Seuil et enfin... Immortels. Car l'immortalité est l'achèvement absolu. Dans Clarges, il y a Carnevalle, le lieu de tous les rêves, de toutes les folies nocturnes. Et c'est dans Carnevalle que vint une nuit la belle Jacinthe Martin. C'est dans Carnevalle, à la Maison de la Vie, qu'elle rencontra celui qu'elle savait être le Grayven Warlock, le monstre qui avait été jugé pour ses crimes et livré aux Assassins...


    Cité dans les listes thématiques des oeuvres suivantes :     
 
    Critiques    
 
[ critique commune de « la vie eternelle » de Jack Vance et de « Le monde Lavalite » de Philip José Farmer
note nooSFere ]


     Philip José Farmer et Jack Vance ont au moins en commun le fait d'être tous deux des « faiseurs » d'histoires. D'habiles artisans de l'écriture, qui ne leur pose guère de problème.
     Prenons-en pour preuve ces deux romans qu'a priori tout différencie : le Vance date de 56, le Farmer de 77 ; Farmer est un écrivain qui a produit quelques chefs-d'œuvre, ou tout au moins des œuvres littéraires importantes pour l'évolution du genre (Le monde du Fleuve, et tout le cycle qui s'y rattache 1, Les amants étrangers, etc.), tandis que Vance est un auteur plus mineur et moins « progressiste ». On pourrait ainsi multiplier les différences. Nous ne le ferons pas, car il y a un point sur lequel l'un et l'autre se retrouvent : lorsqu'ils manquent d'inspiration, ils reprennent de vieux thèmes et tissent un nouvel ouvrage autour ; le métier fait le reste.
     Vance a choisi de peupler son monde de « la vie éternelle » à l'aide de cinq « classes » d'hommes, pour lesquels passer dans le « phyle » supérieur est l'unique préoccupation, jusqu'à la dernière, celle des Immortels, l'aboutissement. Un homme qui a été rejeté par la dernière classe fera éclater le système et obligera tout le monde à regarder vers les étoiles.
     Farmer, quant à lui, préfère reprendre une fois de plus son univers des « Cosmos privés », fabriqués par la race des Seigneurs à leur seul profit. Après être revenus des « murs de la Terre » 2, Kickaha et sa compagne arrivent sur le monde Lavalite, au relief changeant et aux curieuses propriétés. Chacun des aspects de cette planète va être analysé, et sera l'occasion d'un rebondissement, jusqu'à ce que tous les ressorts de l'intrigue aient servi, ce qui nous amène à la fin du roman.
     Malgré de fréquents coups de théâtre, et une lecture aisée, on sort de ces deux livres avec l'impression d'avoir été floué.

Notes :

1. Le Fleuve de l'éternité (Laffont, « Ailleurs et Demain »).
2. Cf. Les murs de la Terre (Opta, « Galaxie-bis » 28). Titres précédents dans la même série : Le faiseur d'univers. Les portes de la création et Cosmos privé.


Jean-Pierre VERNAY
Première parution : 1/6/1980 dans Fiction 309
Mise en ligne le : 1/5/2009

 
    Critiques des autres éditions ou de la série    
Edition POCKET, Science-Fiction / Fantasy (1987)


     Encore une reprise de la collection Masque S.F., qui nous aide à nous souvenir que Vance n'a pas écrit que des fantaisies, comme Les Baladins de la Planète géante (présenté dans Fiction 388), mais aussi pas mal de textes dont le ton sérieux nous tient en haleine. Ainsi de ce roman, qu'on peut rapprocher d'Emphyrio, et qui bénéficie d'une intrigue plutôt noire. L'auteur met une nouvelle fois en scène une micro-société, un de ces modèles concentrés d'humanité qu'il se délecte à disséquer, parfois simplistes car simplifiés à l'extrême, mais toujours attachants car ils vont à l'essentiel du propos de Vance.
     Dans Clarges, « la dernière métropole du monde », la carrière d'un homme est une affaire d'importance ; car celui qui décide de grimper les échelons, Couvée, puis Coin, puis Troisième, puis Seuil, accède enfin par l'intérêt de son travail à la plus haute récompense qui se puisse désirer ; l'immortalité, autorisée par le clonage de son individu physique conforté par la mise à jour régulière des souvenirs du clone depuis l'expérience vécue de l'original.
     L'effet pour devenir le pair de ces demi-dieux au comportement aristocratique crée de telles tensions dans la population qu'un défoulement est indispensable afin d'éviter l'explosion : c'est Carnevalle, le lieu de plaisirs, la fête de la nuit. C'est en ce bal masqué où tout est possible que la Jacinthe Martin, immortelle de fraîche date, va rencontrer Gavin Waylock, un gluron, c'est à dire un de ceux qui ne se soucient pas de gravir la pente. Mais, les masques mis bas, la Jacinthe a la désagréable impression de reconnaître Le Grayven Warlock, le Monstre que la société de Clarges a privé de son immortalité sous l'accusation de meurtre que l'assassin a payé très cher, en comparaison.
     Existe-t-il des revenants ? Et si oui, sous quelque forme que ce soit, quelle peut être leur motivation, sinon la vengeance ?

Alain GARGUIR
Première parution : 1/12/1987
dans Fiction 392
Mise en ligne le : 19/11/2002


Edition POCKET, Science-Fiction / Fantasy (1987)


     Dans le monde d'après le vingtième siècle, la vie a bien changé. Pour certains, elle est même devenue éternelle. La société est divisée en « phyles » dont l'appartenance détermine une certaine longévité, voire parfois un raccourcissement de la vie, l'éternité étant réservée aux Amarante, l'élite du mérite social. Bien sûr, quand l'âge fatidique est atteint, quand vos capacités ne vous ont pas permis d'appartenir à un phyle supérieur, un Assassin vous rend visite. C'est là votre dernier rendez-vous.
     Gavin Waylock n'est qu'un gluron, c'est-à-dire un être qui ne s'est pas encore inscrit dans la compétition pour monter en phyle. Pourtant, la Jacinthe Martin, une Amarante, reconnaît en lui le Grayven Waylock, ce Monstre, cet Amarante qui a osé donner la mort à l'un de ses semblables. Les Assassins se sont occupés de lui mais il se pourrait qu'il leur ait échappé. Et le revoilà, peut-être. Quelles sont ses intentions ?
     Jack Vance exhibe une nouvelle fois dans ce roman original son imagination fertile, sa verve et son art de créer des mondes autres. La société qu'il décrit est pleine d'inégalités, comme la nôtre. Mais ces inégalités ne sont pas liées à la fortune. Même un gluron peut être riche, plus riche qu'un Amarante. Le véritable privilégié est celui qui possède le plus grand capital-vie. L'abondance ne se compte pas en millions, mais en années à vivre, ou en immortalité.
     L'équilibre est fragile. Ce que gagnent les Amarante, d'autres le payent, ceux qui végètent au bas de l'échelle des phyles. Ils doivent mourir avant l'avènement de leur mort naturelle pour que soit préservé l'équilibre démographique. Si on ajoute à cela les mouvements de plus en plus nombreux qui remettent en cause le système, la multiplication des Déviants, la généralisation du syndrome catatonie/folie furieuse et la frustration/tension/amertume des gens qui voient stagner la pente de leur vie et l'espoir d'atteindre un jour un phyle supérieur, on peut comprendre qu'il suffisait d'un petit catalyseur pour tout dérégler.
     Gavin Waylock fut ce catalyseur.
     Voilà. Jack Vance a prouvé que ce monde qui ressemblait par bien des aspects à une utopie n'était en fait qu'un univers aussi imparfait que les autres. Il a sur le nôtre l'avantage de ne pas exister. Tout cela pour en arriver à un départ vers les étoiles qui n'a aujourd'hui plus rien d'utopique.
     La Science-Fiction ne serait-elle devenue qu'une extrapolation scientifique ? Non, bien sûr, car cette extrapolation scientifique n'est pas une fin mais un moyen pour explorer la vie, l'avenir et l'imaginaire.

Éric SANVOISIN
Première parution : 1/11/1987
dans Fiction 391
Mise en ligne le : 7/4/2003


 

 
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