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Le Voyage fantastique

Isaac ASIMOV

Titre original : Fantastic Voyage, 1966

Traduction de Robert LATOUR
Illustration de Pierre FAUCHEUX

ALBIN MICHEL (Paris, France), coll. SF (2ème série) n° 10
Dépôt légal : 4ème trimestre 1972
256 pages, catégorie / prix : nd
ISBN : néant
Format : 11 x 18 cm  
Genre : Science-Fiction 



    Quatrième de couverture    
     Le plus extraordinaire voyage jamais réalisé par des êtres humains : un sous-marin réduit aux dimensions d'un dé à coudre avec ses passagers réduits dans la même proportion, voyagent à travers les veines et les artères d'un être humain.
     C'est la première expédition de ce genre et c'est une course contre la montre : il s'agit de sauver la vie d'un malade dont peut dépendre la paix du monde elle-même.
     Aventures extraordinaires, lutte entre les services secrets, et en même temps science exacte, voilà le plus récent ouvrage d'Isaac Asimov.

     Isaac Asimov, qui en est à son 115e livre, est professeur d'université ; il enseigne la biologie et il est le co-auteur d'un manuel pour étudiants de première année de médecine. Il a écrit de très nombreux ouvrages de vulgarisation et de science-fiction. C'est également un humoriste connu.

    Adaptations (cinéma, télévision, BD, théâtre, radio, jeu vidéo, ....)    
Le Voyage fantastique , 1966, Richard Fleischer
 
    Critiques    
 
     The fantastic voyage est un livre curieux et original par au moins trois de ses aspects : sa place dans l'œuvre d'Isaac Asimov, son existence au sein de la science-fiction actuelle et les modalités de sa création. C'est donc sous ce triple aspect que je me propose d'en parler avec une brièveté relative qui, elle, tient à un quatrième aspect important sans être primordial : Le voyage fantastique est un livre fort médiocre.
     Ses modalités de création méritent d'être soulignées, car elles se rencontrent assez rarement en littérature, et bien plus rarement encore en SF. Alors qu'il ne manque pas d'adaptations d'œuvres littéraires au cinéma, nous avons là l'adaptation écrite d'un film. Ce film, The fantastic voyage (sorti aux USA en 1966), fut réalisé par Richard Fleischer, sur un scénario d'Harry Kleiner tiré d'une « idée originale » de Jay Lewis Bixby et Otto Klement. Et c'est de cette œuvre aux beaux décors et au sujet bien rebattu que le grand Isaac a tiré, la même année, le roman que nous pouvons lire aujourd'hui grâce à la sollicitude de MM. Bergier et Gallet. On peut se demander pourquoi un auteur de cette renommée, qui avait d'ailleurs abandonné l'exercice romanesque depuis pas loin de dix ans (pour produire à la chaîne des vulgarisations scientifiques) a subitement repris la plume afin d'illustrer un sujet qui n'était pas de lui — ni de première fraîcheur... Argent, amitié ou amusement de traiter une histoire qui n'était qu'une version romancée de certains de ses travaux scientifiques ? On peut se le demander un moment... et n'y plus penser la minute d'après, car ce n'est pas essentiel.
     Pour en finir avec l'« essence », II est quand même nécessaire de spécifier (car la comparaison viendra tout naturellement à l'esprit) que le travail d'Asimov sur The fantastic voyage n'est pas de même nature que celui de Clarke sur 2001, car ce dernier travailla au scénario en étroite collaboration avec Stanley Kubrick, lequel fit ensuite son film comme il l'entendait, tandis qu'Arthur C. écrivait son roman de son côté. Je connais par contre au moins un autre exemple de roman de SF écrit d'après un film, c'est Planète interdite (jadis paru au Rayon Fantastique), qu'un certain W.J. Stuart commit d'après le beau film de Fred McLeod Wilcox.
     En ce qui concerne la place de ce roman dans l'œuvre d'Asimov, j'en ai déjà dit le principal en soulignant qu'il arrivait comme un cheveu sur la soupe au milieu d'une interruption d'une quinzaine d'années dans son activité romanesque. Cette dernière semble avoir repris en 1972, puisque Asimov a entrepris l'an dernier The gods themselves, dont la parution s'est déroulée simultanément sur If et sur Galaxy. Mais entre-temps, il s'est livré tout entier à la rédaction d'ouvrages scientifiques et même, paraît-il, depuis quelques années, à la lutte écologique, plus exactement la propagande pour le mouvement « croissance zéro » et la dénatalité.
     Le voyage fantastique peut donc au choix être considéré comme une parenthèse dans l'œuvre vulgarisatrice d'Asimov, à laquelle il aurait emprunté le matériau de base, ou comme une étape de son œuvre romanesque, où se retrouveraient, appauvries, ses qualités de rigueur et de logique interne. Si l'on considère le premier cas, il est tout naturel qu'on en vienne à comparer Le voyage fantastique à un véritable ouvrage de vulgarisation d'Asimov traduit en français, à savoir Le corps, tome 1 de The human body, its structure and operation, paru en 1965 dans « Marabout-Université ».
     Dans l'un de ces deux ouvrages, Asimov écrit ceci : « On rencontre, à certains endroits des vaisseaux lymphatiques, comme les plis du coude, du genou, de l'aisselle et de l'aine, de petites masses en forme de haricots dans lesquelles pénètrent plusieurs petits vaisseaux venant de l'extrémité distale du membre. (... ) Ce sont les ganglions lymphatiques. (...) C'est dans les ganglions lymphatiques que se forment les leucocytes mononucléaires (petits et grands lymphocytes) ; quoique la lymphe ne contienne pour ainsi dire ni globules rouges ni plaquettes, elle est très riche en lymphocytes, particulièrement au niveau des ganglions. »
     Dans l'autre, Asimov écrit ça : «  — Ce vaisseau lymphatique est l'un des quelques vaisseaux qui pénètrent dans le ganglion, lequel est une masse spongieuse de membranes et de couloirs tortueux. L'endroit est plein de lymphocytes...
     — Plein de quoi ?
     — D'un type de globules blancs. Ils ne nous gêneront pas, j'espère. Toute bactérie dans l'appareil circulatoire finit par atteindre un ganglion lymphatique. »
     Je n'irai pas jusqu'à vous demander de deviner quel passage est tiré de l'ouvrage de vulgarisation et lequel du roman. Vous aurez tout de suite trouvé : dans le premier il n'y a pas de dialogue, dans le second il y en a ! Il y en a même un peu trop, ce qui peut, à la limite, donner cela :
     « Non, mais les anticorps ont l'air tellement méchants, quand ils livrent leurs assauts ! »
     J'ajoute pour l'éclaircissement de la démonstration que c'est « Cora » qui parle, l'assistante du grand savant. Assistante comme on le voit délicieusement féminine, je veux dire bébête jusqu'au bout des ongles, les militantes du MLF seront bien contentes.
     On voit donc tout de suite où le bât blesse, dans le roman d'Asimov : la jonction entre l'aspect « vulgarisation » et l'aspect dramatique ne se fait pas, ou se fait mal, à coups de naïvetés désarmantes servies par des héros plus stéréotypés que nature. Il y a trop d'informations biologiques, ou alors pas assez, ou alors elles ne sont pas assez bien intégrées, et surtout pas assez « visualisées ». Un corps humain vu du dedans, c'est riche à l'infini : ceux qui ont vu le court métrage documentaire Corps profond, de Laloux et Barrère, me comprendront. Eh bien, dans Le voyage fantastique, on patauge dans une bouillie informe et sans couleur ; Asimov n'a jamais été un grand styliste, cela se sent ici plus que partout ailleurs.
     Quant à l'aspect purement dramatique du roman, il se heurte (et je veux plus particulièrement parler ici de sa traduction chez nous en 1972) au fait que, le film ayant été largement antérieur, l'histoire en est connue, archi-connue, ce qui désamorce tout le suspens, fait « tomber » toutes les situations. L'auteur a beau découper son ouvrage en paragraphes « vus de l'intérieur » (du corps) et « vus de l'extérieur » (la salle d'opération), il a beau faire s'interroger ses personnages quant à la finalité de la mission (arriverons-nous à temps ?), et son héros principal quant à l'identité du traître, le lecteur qui a vu le film s'en fiche éperdument. (Et je suis prêt à croire que celui qui ne l'aurait pas vu et ne connaîtrait pas l'histoire s'en moquerait tout autant.)
     Enfin (et nos lecteurs auront compris que je considère maintenant Le voyage fantastique comme un roman à part entière d'Asimov) les essais de particularisations sont particulièrement maladroits, qu'il s'agisse du background ou de la psychologie des personnages. D'un côté le contexte de guerre froide où se déroule le récit est complètement éventé (et le fait de ne pas nommer de pays mais d'écrire : Notre Camp, l'Autre Camp, avec des majuscules s'il vous plaît, est ridicule) ; de l'autre nous avons droit, pendant tout le « voyage », aux efforts palpitants que fait Grant (le James Bond de l'histoire) pour conquérir Cora, la froide et stupide assistante qui trouve les anticorps méchants. Il y parvient naturellement, dans l'heure du voyage (mais il faut dire que pour les participants miniaturisés la perception du temps se ralentit !), et au sortir du corps de Bénès, Grant et Cora s'engagent dans la voie rayonnante d'un amour qu'on devine éternel...
     Bref, Le voyage fantastique n'apportera rien à la gloire d'Asimov, qui s'est peut-être bien amusé en écrivant ce livre mais a donné tête baissée dans tous les pièges prévisibles, plus quelques autres, inédits. Il n'est pas question de lui en tenir rigueur et, pour ma part, je continue de considérer Isaac Asimov comme un des très grands de la SF classique, non pas d'ailleurs à cause du cycle des Fondation, mais bien pour ce fabuleux doublé socio-écologique que sont Les cavernes d'acier et Face aux feux du soleil. Cependant, et j'en arrive là à la position du Voyage fantastique dans la SF actuelle, il faut bien convenir que cet ouvrage marque, chez son auteur, une régression complète. A l'heure où, grâce aux efforts des jeunes auteurs, la SF en vient enfin à parler de l'Homme, Asimov ne nous sert, en guise de personnages, que les plus éculés des stéréotypes ; et à l'heure où la SF s'évade par l'esprit (Philip K. Dick), Asimov nous enferme dans un corps, à l'occasion d'une épopée réduite à la plus plate des mésaventures scientistes, ce qui nous ramène à Hal Clément, l'immortel auteur du Microbe détective, ou à certains récits de Murray Leinster.
     C'est donc loupé, et comme vulgarisation, et comme science-fiction. Et au moment d'en terminer, je ne peux que me souvenir avec émotion de ces ouvrages de vulgarisation (des vrais, ceux-là) que publiaient les Editions Dunod au début des années 50, et où le physicien George Gamow savait nous promener avec humour et science dans l'infiniment grand et l'infiniment petit, dans le passé et dans l'avenir. Cela s'appelait M. Tomkins explore l'atome, Biographie de la Terre, et bien sûr M. Tomkins s'explora lui-même où, sans emprunt au douteux arsenal de l'espionnite et de la guerre froide, tout Le voyage fantastique était déjà là, en bien plus vivant, en bien plus vrai...
     « Leur érythrocyte se comportait maintenant à la manière d'un canoë dans les grands rapides du Colorado, et M. Tomkins eut quelque mal à éviter d'être projeté dans les tourbillons du plasma. Ils s'engouffrèrent par un orifice étroit dans l'oreillette gauche, l'antichambre du cœur, puis passèrent par une autre soupape dans le ventricule gauche lui-même. Une seconde après, le cœur se contracta et leur érythrocyte fut expulsé par la soupape d'échappement de la pompe cardiaque.
     — Bon, dit le docteur, s'installant confortablement sur le tapis de velours de l'érythrocyte, maintenant on a le temps de bavarder tranquillement. Et qu'est-ce que vous aimeriez savoir en particulier ?
     — Je voudrais bien savoir, dit M. Tomkins, si ce truc sur lequel nous nous baladons est une chose vivante ?... »
     Oh ! Isaac... Copier avec talent, c'est pardonnable. Mais le faire si platement, on ne vous reconnaît plus. Et vous reconnaissez-vous vous-même ?

Jean-Patrick EBSTEIN
Première parution : 1/4/1973 dans Fiction 232
Mise en ligne le : 11/3/2018

 
    Critiques des autres éditions ou de la série    
Edition J'AI LU, Science-Fiction (2001 - 2007) (2012)


[Critique commune au Voyage fantastique et à Destination cerveau]

     Tout commence par une histoire d'Otto Klement et de Jay L. Bixby (plus connu par chez nous sous son prénom de Jerome), dont le potentiel visuel attire un producteur hollywoodien. Un film est ainsi mis en chantier pour une sortie en août 1966 aux Etats-Unis (le 13 janvier en France) ; le scénario est signé Harry Kleiner, et Richard Fleischer le réalise, avec dans les rôles principaux Stephen Boyd, Raquel Welch et Donald Pleasence. L'industrie cinématographique en ayant fait une habitude, un roman (une novelisation) en est tiré pour exploiter au maximum l'idée. Comme il s'agit d'une thématique SF à fort contenu scientifique, il faut un auteur de premier plan ayant la crédibilité nécessaire. Le choix des producteurs se tourne donc vers Isaac Asimov, biochimiste de formation. Ce dernier est assez réticent, car il déteste le fait d'être obligé d'écrire sur une idée qui n'émane pas de lui. Néanmoins, le scénario lui semble intéressant, aussi s'exécute-t-il tout en reconnaissant dans sa dédicace « s'être fait forcer la main par Mark [Jaffe, directeur de Bantam Books] et Marcia ». Asimov étant un grand professionnel, il s'acquitte si bien de la tâche que son roman, rédigé en six semaines, paraît en librairie six mois avant que le film ne sorte ! Le Voyage fantastique obtint deux Oscars mérités, pour les effets spéciaux (signés Art Cruickshank) et les décors (réalisés par Jack Martin Smith, Dale Hennesy, Walter M. Scott et Stuart A. Reiss), et fut nominé dans trois autres catégories.

     Mais revenons un peu à l'histoire : un scientifique travaillant pour les Russes décide de passer à l'Ouest ; à son arrivée sur le territoire américain, il est victime d'une tentative d'assassinat. S'il ne meurt pas, il sombre néanmoins dans le coma suite à la formation d'un caillot dans son cerveau. Pour le résorber, une seule possibilité : le traiter de l'intérieur. L'intrigue se déroulant dans un futur indéterminé dans lequel la miniaturisation est devenue possible, y compris pour des êtres vivants, un vaisseau avec à son bord plusieurs scientifiques et un agent secret va être miniaturisé à une taille microscopique, puis envoyé dans le corps du malade depuis la base du cou. La mission de l'équipage tombe sous le sens : se rendre jusqu'au cerveau pour réduire le caillot à l'aide d'un laser. On s'en doute, le voyage ne sera pas de tout repos, alternant passages de pur émerveillement (quand les explorateurs croisent la route des globules rouges ou de plaquettes) et instants de tension extrême (lorsqu'ils sont victimes de réactions normales du corps humain, qui prennent par la force des choses des dimensions invraisemblables pour nos minuscules héros). Ajoutez à cela le contexte de Guerre froide qui imprègne tout le roman, et qui se traduit par la présence d'un traître parmi les passagers du vaisseau, et vous obtiendrez un divertissement plaisant. Bien qu'il ait bénéficié de l'appui de plusieurs médecins pour garantir l'exactitude scientifique des aventures, le film vaut surtout pour les visions splendides, exotiques, surréalistes et poétiques qu'il procure, un peu moins pour ses personnages assez caricaturaux et certaines invraisemblances dans le scénario.

     Du fait de son caractère très rationnel, Asimov note ces défauts, et va donc tenter de les corriger dans son roman. Bien évidemment, ce sont les explications scientifiques qui ont sa faveur : là où le film ne donnait que quelques repères au spectateur, l'auteur va nous décrire nettement plus précisément ce qui se passe, sans toutefois verser dans l'exposé magistral qui aurait plombé le rythme. Il comble aussi certains passages incorrects ou parfois obscurs : l'excursion involontaire de Grant dans les poumons, incompréhensible dans le film, est bien mieux rendue par Asimov. Au rang des autres améliorations notables du roman par rapport à son matériau d'origine : le traitement de la paranoïa liée à la Guerre froide ; omniprésente dans le livre, elle participe de la tension qui règne crescendo, là où dans le film la montée de l'angoisse est fort peu maîtrisée et tombe comme un cheveu sur la soupe.

     En revanche, Asimov a beau brosser des portraits de ses personnages plus complets qu'au cinéma, il échoue à en faire des créatures de chair et de sang : tous restent caricaturaux, et il n'est qu'à voir la relation de Grant avec Cora, par moments ridicule, pour comprendre qu'Asimov ne sait pas gérer correctement le rapport homme-femme.

     Le Voyage fantastique reste ainsi au final un livre sympathique, pas déshonorant, mais loin des chefs-d'œuvre de l'auteur, et qui pâtit de son statut de novélisation.

     Malgré un succès certain, qui se traduit par des ventes assez substantielles (le roman continuait à se vendre en grand format vingt-cinq ans après sa sortie, quand l'auteur rédigeait sa seconde autobiographie), l'expérience laisse néanmoins à Asimov un goût d'inachevé. Cette histoire n'était pas de lui, le roman ne lui appartient donc pas vraiment, il lui manquera toujours quelque chose. Asimov confesse même ne pas l'aimer. Aussi, lorsque des producteurs le contactent en 1984, en vue de faire un deuxième film, il saisit l'occasion de donner une nouvelle chance à cette histoire. Il exige néanmoins d'être le seul maître à bord, et rejette d'emblée le synopsis initial qui lui semble idiot — le récit de deux mini-sous-marins, l'un soviétique, l'autre américain, se livrant un combat des plus âpres débouchant sur une Troisième Guerre mondiale. Asimov propose donc sa propre vision des choses. Mais il n'est pas maître en son monde : suite à un imbroglio entre son agent et différents éditeurs, dont New English Library, qui avait obtenu les droits de novélisation, et l'historique Doubleday (chez qui l'essentiel de ses livres paraissent habituellement), il se voit menacé d'un procès avant même d'avoir écrit la moindre ligne ! Heureusement, le service juridique de Doubleday fait bon office, le procès est annulé et Fantastic Voyage II retombe dans les limbes. Du moins Asimov le croit-il. Car, sans qu'il soit mis au courant, New English Library et les producteurs commandent le roman à Philip José Farmer. Ce dernier avait écrit un scénario pour Star Trek, finalement non tourné, et transformé par l'auteur en nouvelle (« The Shadow of Space », traduite en France dans son « Livre d'Or » chez Pocket sous le titre « L'Ombre de l'espace »), dans laquelle un vaisseau spatial était miniaturisé du fait de lois physiques aberrantes, et finissait par pénétrer par la bouche dans le corps d'une femme qui s'était éjectée précédemment du même vaisseau. Cet antécédent a-t-il joué dans le choix de Farmer comme auteur pour reprendre le flambeau ? On l'ignore, mais toujours est-il que Farmer s'acquitte de la tâche ; toutefois, le livre ainsi écrit n'a pas le bonheur de plaire à ses commanditaires, qui décident donc de revenir vers Asimov. Echaudé par ses démêlés précédents, celui-ci pose ses conditions — comme, par exemple, que Farmer soit payé pour son travail, qu'Asimov juge correct. Ces dernières sont acceptées, et début février 1986 Asimov commence l'écriture de ce deuxième livre, intitulé Fantastic Voyage II : Destination Brain, qui paraîtra en 1987.

     [...] 1

     Au final, le diptyque Le Voyage fantastique/Destination cerveau reste largement mineur dans l'œuvre du bon docteur, chaque roman souffrant de défauts (statut d'œuvre de commande pour le premier, livre perclus de mauvais tics pour le second). Finalement, ils sont plus intéressants dans ce qu'ils révèlent du rapport d'Asimov auteur avec son œuvre, et par la façon de l'écrivain de concevoir une même histoire à vingt ans d'intervalle.

Notes :

1. La partie consacrée à Destination cerveau dans cette recension n'a pas été reproduite ici. [note de nooSFere]

Bruno PARA (lui écrire)
Première parution : 1/4/2012
dans Bifrost 66
Mise en ligne le : 17/5/2013


 

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