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L'Abominable ver télépathe

Piers ANTHONY & Robert E. MARGROFF

Titre original : The ESP worm, 1970
Science Fiction  - Traduction de Jacques MARTINACHE
Illustration de D. SIRE
PRESSES DE LA CITÉ, coll. Futurama 2e série n° 15, 1er trimestre 1978
192 pages, catégorie / prix : nd, ISBN : 2-258-00373-3

Couverture

    Quatrième de couverture    
     Quand on est ministre des Affaires galactiques et que la galaxie demeure inconquise, on passe ses journées à jouer au billard solaire et à rêvasser au temps où les filles montraient leurs chevilles...
     Jusqu'au jour où débarque sur Terre un extra-ordinaire extra-terrestre doté de pouvoirs extra-sensoriels, un bébé-ver énorme, espiègle et mal élevé, qui traite les Terriens comme les derniers des abrutis.
     Dans cet opéra-bouffe de l'espace, parodie des aventures de Jeff Hawks, R. Margroff et P. Anthony font défiler une cocasse ménagerie de créatures sidérales et sidérantes : affriolantes guenons à la cuisse légère, phoques esclavagistes, pirates frankesteiniens grands amateurs de scrotch et de gravicastagne...

 
    Critiques    
 
     [ note nooSFere : critique commune de — L'abominable Ver Télépathe, de R. Margroff et P. Anthony. — Le loup des étoiles, de F. Brown. — L'esprit de la chose, de F. Brown. ]


     LE PREMIER DE NOUS DEUX QUI FUTURAMA AURA UNE MANCHETTE...

     Oh, je sais. J'aurais pu trouver un autre titre. C'est pas du meilleur cru. Dans le genre calembour et gag intellectuel, on pouvait certainement faire mieux. Je sais, je sais... Seulement voilà : plus ils sont débiles, meilleurs je les trouve (les calembours). C'est le défaut de ma cuirasse, ma faille, mon irrésistible penchant, ma pente savonneuse.
     Ça n'empêche que, rechaussant mes lunettes et arrêtant de rigoler bêtement, je voudrais dire, comme ça, en passant, que la collection FUTURAMA, dirigée par J.P. Manchette, est, à tout prendre, une bonne et honnête collection de SF populaire. Pour le moins aussi bonne que SF Le Masque ou encore Albin Michel, et d'autres, et que ce ne serait pas plus mal d'en parler un peu de temps à autre. L'illustration des couvertures est tout à fait du genre à faire grincer les dents de certains, à en ravir d'autres. Je ne grince pas, ni ne me pâme. Mises les unes à côté des autres, ça fait une belle mosaïque. Quant au contenu, eh bien c'est plutôt bon. Ça se lit en trois heures, ça n'a pas la prétention de vous filer des maux de crâne (ce que j'aime parfois, néanmoins, pauvre maso que je suis) et c'est, à tout prendre, bien ficelé. Ça ferait plutôt dans le space-opera, ou le polar-fiction. C'est signé par des gens qui, habituellement, ne déçoivent pas : Brunner, Priest, Brown et d'autres que personnellement je connais moins mais qui m'ont donné de belles surprises. Laissant de côté la production Brunner (Polimath, Le dramaturge, Virus, L'homme total, Les anges de l'ombre) sur laquelle vous pouvez vous jeter de confiance (ils valent bien, ces titres, A l'ouest du temps récemment paru chez Laffont), ainsi que Le rat blanc de Christopher Priest, ainsi que Cycle de feu de Hal Clément, le détour du côté de la Cavalière des étoiles, de Doris Piserchia ou de Maître du réseau d'Octavia Butler, vaut le coup, paraît-il — c'est un détour que je n'ai pas encore fait (mais ça ne va pas tarder après ces lignes que je viens de lire) et qui ma été suggéré par des copains pas trop cinglés. On verra si je les garde dans mes relations.
     Par contre, je conseillerai sans hésiter la lecture de L'abominable ver télépathe de Robert Margroff et Pierre Anthony. Ceux qui aimant bien rigoler un brin ne m'en voudront pas : quant aux pisse-froid, s'ils vont jusqu'au bout de l'ouvrage, je leur aurai fait une bonne blague. Margroff et Anthony. Je ne connaissais pas. Ils se sont mis à deux pour écrire les aventures de Harold prodkins, ministre des affaires galactiques, aux prises, un beau matin, avec ce foutu garnement en fugue extra-terrestre : un gros ver, une espèce de chenille chiante et effrontée comme cela n'est guère permis sur ce monde puritain où les jolies madames sont obligées de se cacher dans des robes-boudins, et télépathe de surcroît — la chenille. L'emmerdant, pour notre ministre, c'est qu'il doit s'occuper un brin de la fameuse chenille, s'il veut éviter les représailles de toutes sortes (du papa chenille notamment) et accessoirement mériter son titre. L'ennui, encore, c'est que Prodkins préfère jouer au billard galactique...et que Nancy, sa belle compagne (évidemment) passe son temps è rassembler les morceaux de sa robe-boudin déchirée dès les premières pages du livre. Le reste, c'est plein de pirates strums, de pin-ups simiesques au sang chaud, de cuites au scrotch et de tournois de gravicastagne. Les romans de SF qui ne se prennent pas au sérieux, ça ne court pas les astroports : il faut en profiter. Dans un autre registre, deux titres de Frédéric Brown : Le loup des étoiles et L'esprit de la chose. Le premier : un space-opera-espionnage-roman-d'aventures-fiction. Avec un personnage central méchant comme tout, misogyne comme personne parce qu'il a eu beaucoup à souffrir, le pauvre, c'est la vie. Il s'appelle Crag et c'est un sacré dur, je ne vous dis que ça, on lui confie des missions, on l'entourloupe, il se bagarre, ne fait confiance à personne, sauf dans de rares occasions, pour se rendre compta qu'il aurait plutôt dû ne pas. A la fin, c'est un gentil. Sacré Frédéric. Il avait du talent, pour nous tirer sans mal jusqu'au bout d'une histoire comme celle-là. L'esprit de la chose, il a toujours du talent. Le déclic provocateur du roman est une fois de plus un de ces machins extra-terrestres comme F. Brown les affectionnait particulièrement. Là, c'est une « chose » avec son « esprit ». C'est tombé comme ça, sur notre planète qui n'en finit pas d'aimanter les catastrophes à la dérive dans les cieux des auteurs de SF. C'est tombé par hasard et ça s'est fait virer de chez soi. Ça veut y retourner, chez soi. Mais voilà : c'est un esprit. Pas matériel, ni rien. Ou plutôt si : ça ressemble à un caillou, physiquement. Un caillou vous pouvez toujours le lancer en l'air : il n'atteindra que très improbablement une autre galaxie. Ce qu'il lui faut, c'est un vaisseau porteur, un gadget quelconque. Et c'est pour cela que l'esprit de la chose-caillou doit s'évader régulièrement et prendre possession des vivants de ce monde, pour apprendre, apprendre, et trouver un moyen de se faire faire construire the vaisseau. L'ennui, c'est que ce satané esprit doit procéder par bond au hasard, et qu'il tombe souvent dans des créatures-hôtes qui sont bien en peine de lui servir. Ce qui nous vaut une jolie galerie de portraits, tendrement brossée par l'auteur qui avait le secret, ce qui nous vaut aussi de bien beaux moments de suspens distillé avec art — voir l'esprit dans le chat-hôte, ha ! ha !... J'ai oublié de dire que quand l'esprit quitte un hôte, cela signifie la mort pour ce dernier. Finalement, c'est pathétique, cette course de la pauvre chose. Ouais. Bref, un bon bouquin, plein d'atmosphère et toute ces sortes de choses qui font qu'on a du mal à éteindre la lampe de chevet avant d'avoir terminé. Je crois qu'il va faire beau demain, tiens.

Pierre PELOT
Première parution : 1/10/1978
dans Fiction 294
Mise en ligne le : 9/5/2010


 
Base mise à jour le 6 mai 2017.
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