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Les Danseurs de la fin des temps

(titre original : The Dancers at the End of Time)

Michael MOORCOCK

 
    Omnibus    
(omn) /    Les Danseurs de la fin des temps
 
    Volumes de la série    
1 /    Une chaleur venue d'ailleurs
2 /    Les Terres creuses
3 /    La Fin de tous les chants
4 /    Légendes de la fin des temps

    Critiques    
     Ambiance décadente à souhait dans cette comédie épique en trois tomes (avec en prime un 4ème tome contenant trois nouvelles rattachées au même cycle), qui se situe sur une Terre agonisante plus de mille millénaires après notre époque. Les habitants mènent pourtant une existence idyllique et entièrement oisive, en jouissant de l'immortalité ainsi que de pouvoirs quasiment divins grâce à la technologie, enfouie dans leurs anciennes Cités, qui capte l'énergie de tous les systèmes stellaires avoisinants. Reste le problème de l'ennui, qu'ils trompent en rivalisant entre eux pour monter de vastes fêtes spectaculaires à coups de remodelages de l'environnement et de leurs propres corps, le plus souvent à l'occasion de « reconstitutions » historiques assez approximatives dans les détails (car même les banques de données des Cités sont frappées par une sénilité généralisée), et en collectionnant dans leurs « ménageries » des voyageurs spatiaux (extraterrestres) de passage sur la Terre ou des voyageurs temporels (humains) venus du passé.

     Cependant, Jherek Carnelian, jeune homme qui a la particularité d'avoir été mis au monde selon la vieille méthode, va introduire une certaine dose de passion dans ce monde insouciant et désabusé. Amateur du XIXe siècle (mais en privilégiant lui aussi « l'imaginaire » plutôt que les faits), il se met en tête de vouloir éprouver l'amour à l'ancienne. Encouragé dans ce sens par son vieil ami, Lord Jagged, l'objet de son affection sera la très respectable Mrs. Amelia Underwood, exemple même de la rectitude victorienne, enlevée de façon mystérieuse d'une vie paisible avec son mari dans la banlieue londonienne de l'an 1896, et transportée dans ce lointain avenir. Libérée d'une ménagerie et courtisée assidûment par Jherek, la dame se montre d'abord tout à fait scandalisée par les mœurs débridées du jeune homme. Elle va néanmoins consentir à entamer son « éducation morale ». Ce qui deviendra inéluctablement une éducation sentimentale pour l'un comme pour l'autre. Hélas, juste quand Jherek semble avoir enfin obtenu gain de cause, une histoire de petite vengeance va faire renvoyer la belle à son point de départ.

     Jherek, séducteur piégé à son propre jeu, connaît maintenant toutes les affres de l'état amoureux et doit trouver à tout prix un moyen de remonter dans le temps jusqu'à Londres en 1896. En fait, ce n'est que le début d'un chassé-croisé assez complexe à travers les trois tomes, qui le mènera non seulement à l'époque victorienne mais aussi à l'ère paléozoïque. Son chemin sera semé d'embûches : des paradoxes temporels qui risquent à tout moment de l'expulser du passé, des démêlés avec la justice anglaise qui met un inspecteur zélé de Scotland Yard avec toute une escouade de « bobbies » à ses trousses, des rencontres avec une bande d'extraterrestres maraudeurs, une gouvernante robotique passablement bornée et des scorpions géants. Plus un Mr. Underwood décidément pas commode. Puis il y a les manigances de Jagged, qui réapparaît sous divers noms tout au long de l'histoire. Le tout sur fond d'une mort annoncée de la Terre, voire de tout l'univers, pour très bientôt. Heureusement, l'entraide parmi les voyageurs temporels fonctionne bien et Jherek sera dépanné aux moments critiques par Oswald Bastable et Una Persson (voir « Le Nomade du temps », autre cycle de Moorcock), par l'anonyme mais très célèbre « homme à la veste de tweed Norfolk », ainsi que par le créateur de ce dernier, un certain monsieur Wells.

     Tous ces éléments se mélangent bien pour donner un récit fort plaisant à lire. Les allées et venues des personnages entre l'époque victorienne et celle du lointain avenir et le décalage entre les deux cultures produisent des malentendus et des mises en perspective propices aux effets comiques. Comme d'habitude chez Moorcock, il s'agit d'une fiction très théâtrale, avec maints rebondissements et dialogues scintillants, ainsi qu'une abondance de clins d'oeil pour public averti. Mais il y a aussi une vraie histoire d'amour là-dedans, avec deux êtres très différents qui se découvrent, révisent leurs idées et trouvent enfin un terrain d'entente. Et il y a également une véritable réflexion historique sur le cours des civilisations, dans ce contraste entre une société vigoureuse mais très rigide et l'autre sur le déclin, mais sophistiquée et tolérante. Alors, une oeuvre décadente, peut-être, mais qui ressemble étrangement à la sagesse...

Tom CLEGG (lui écrire)
Première parution : 1/9/2004
dans Galaxies 34
Mise en ligne le : 5/1/2009

 
Base mise à jour le 19 février 2017.
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