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Sur licence


Su licenza


par Marco Passarello

Vers la version originale

          La première à partir fut la stéréo. Elle s'interrompit au milieu d'une chanson avec un glapissement, suivi par le seul bourdonnement du disque dur qui était en train de s'effacer. Dans le silence presque irréel, le docteur Landi perçut un bruissement qui parcourait sa maison, pendant qu'un à un les appareils électroménagers recevaient l'ordre de s'éteindre, se transformant en blocs inertes de plastique, métal et silicium.
          Du moins, c'est ce qui advint aux appareils fixes. En revanche, ceux qui étaient mobiles s'enfuyaient. Landi vit trop tard Spolverino, le robot aspirateur, passer par la porte grande ouverte et descendre précipitamment l'escalier. Il ferma la porte.
          « Ordinateur, ordonna-t-il. Ne permets pas aux appareils électroménagers de quitter la maison ».
          — Ordre non exécutable. La licence d'utilisation de ces appareils n'a pas été renouvelée.
          — J'en avais assez de payer pour des objets que je possède depuis toujours. Que cela te plaise ou non, empêche-les de s'en aller.
          — Ordre non exécutable. Le logiciel de contrôle du Copyright m'impose de ne pas m'opposer.
          — Je n'ai pas autorisé l'installation de ce logiciel !
          — Le contrat relatif à ma licence autorise la maison productrice à installer de sa propre initiative tout le logiciel nécessaire à la sauvegarde de ses inter... »
          Il ne termina pas la phrase. Landi avait détaché la fiche. De toute façon l'ordinateur se serait éteint tout seul. Il n'avait pas non plus payé sa licence.
          Il regarda autour de lui. Il ne pouvait pas en croire ses yeux : ils l'avaient fait pour de vrai. Ils avaient été jusqu'à la dernière ligne du code du logiciel qui permettait le bon fonctionnement de sa maison. Arrêter de payer la licence avait été un geste stupide, dicté par la colère de constater l'énième « petite » actualisation des prix. Mais maintenant il était allé trop loin. Chaque objet, de la cafetière à la couverture chauffante, possédait une puce à présent inerte. Même les ampoules ne fonctionnaient plus. Et encore moins la porte, maintenant bloquée. Il devait sortir de là.

          Le lierre rampant était suffisamment solide pour supporter son poids. Poussé par une impulsion imprévue, plutôt que de descendre, il commença à monter. D'ailleurs, où pouvait-il aller ? Il n'avait qu'à grimper sur le toit et crier son histoire jusqu'à ce que son cas devienne national. A mi-chemin il rencontra un voisin sur le balcon. Situation embarrassante.
          « Monsieur Landi, mais que faites-vous ?
          — Je monte sur le toit.
          — Excusez-moi, mais pourquoi ?
          — En signe de protestation. Je veux défendre mon droit à la propriété privée. »
          Le voisin eut du mal à comprendre son but. Il fronça pensivement les sourcils et murmura : « Je ne savais vraiment pas que vous étiez communiste, vous ! »
          Landi le laissa continuer. Il n'avait pas le temps de s'expliquer, ses bras étaient déjà fatigués. Il reprit sa progression. Quand il arriva au sommet, un hélicoptère vrombissait à quelques mètres au-dessus du toit de l'édifice. « Est-il possible qu'ils soient déjà intervenus ? » se demanda-t-il. Ils ne lui donnaient pas le temps d'attirer l'attention. Il fit un pas et s'approcha du rebord du toit, tout en agitant les bras pour qu'on le remarque. Y avait-il quelqu'un là en bas ? Il n'en était pas certain : sa vue s'était soudain brouillée. Un vertige ? Et pourtant il n'était pas sujet aux vertiges. Il tomba lourdement en arrière, roula sur la tôle qui recouvrait le toit. Ses forces l'avaient abandonné. Il se mit sur son flanc pour contempler l'hélicoptère qui entre-temps avait atterri derrière lui. Deux personnes en blanc en étaient sorties. Il ne s'agissait pas de policiers. « Docteur Landi ? » demanda l'un d'eux. La voix semblait venir de très loin.
          « Confirmez-vous être né voici 42 ans, par fécondation artificielle, avec un patrimoine génétique amélioré par l'utilisation des gênes sur licence de la Human Genetics Corp. ? » Il ne parvenait pas à comprendre le sens de la question et l'obscurité tombait.
          « Puisqu'il en est ainsi, vous n'avez plus le droit d'utiliser ce corps, monsieur... »

(traduction de Cécile Vermeiren revue par Bruno Para)

          Marco Passarello est né à Trévise en 1965, et vit à Milan. Il a fait des études d'ingénieur en aéronautique pour voyager dans l'espace mais, toujours en attente d'astronefs, il est passé au journalisme. Il fait partie de la revue d'informatique Computer Idea. Il est aussi collaborateur de Urania et du webzine Delos ; il a publiés des récits dans diverses revues et anthologies.
          Son récit « Technologie obsolète » a remporté le Prix Douglas Adams en 2002. « Sur licence » a été publié dans Fictioneer de DEV numéro 110 du septembre 2003).



Vers la version française

          Il primo ad andarsene fu lo stereo. Si interruppe a metà di una canzone con un gracidio, cui seguì solo il ronzio dell'hard disk che veniva cancellato. Nel silenzio quasi irreale, il dottor Landi sentì un fremito percorrere la propria casa, mentre ad uno ad uno gli elettrodomestici ricevevano l'ordine di spegnersi, trasformandosi in blocchi inerti di plastica, metallo e silicio.
          Questo accade agli apparecchi fissi. Quelli mobili, invece, si diedero alla fuga. Troppo tardi Landi vide Spolverino, il robot aspirapolvere, imboccare la porta spalancata e precipitarsi giù per le scale.
          Chiuse la porta. « Computer », ordinò. « Non permettere agli elettrodomestici di uscire di casa. »
          « Ordine ineseguibile. La licenza d'uso per gli elettrodomestici non è stata rinnovata. »
          « Ero stanco di pagare per oggetti che possiedo da una vita. Impediscigli di andarsene comunque ! »
          « Ordine ineseguibile. Il software per il Controllo del Copyright mi impone di non oppormi. »
          « Non ho autorizzato l'installazione di questo software ! »
          « Il contratto relativo alla mia licenza consente alla ditta produttrice di installare di propria iniziativa tutto il software necessario alla salvaguardia dei propri interes... » Non finì la frase, perché Landi aveva staccato la spina. Tanto, presto si sarebbe spento da solo. Non aveva pagato nemmeno la sua, di licenza.
          Si guardò intorno. Non poteva crederci : l'avevano fatto sul serio. Si erano ripresi fino all'ultima riga di codice software che faceva funzionare casa sua. Smettere di pagare le licenze era stato un gesto stupido, dettato dall'ira per l'ennesimo « piccolo » ritocco dei prezzi. Ma ormai era andato troppo oltre. Ogni oggetto, dalla caffettiera alla termocoperta, aveva un chip contenente del software, che ora era inerte. Neppure le lampadine funzionavano. E tantomeno la porta, ora bloccata. Doveva uscire di lì.

          Il sostegno dell'edera rampicante era abbastanza solido da reggere il suo peso. Spinto da un impulso improvviso, invece di scendere cominciò a salire. Del resto, dove poteva andare ? Sarebbe salito sul tetto, e avrebbe gridato la sua storia finché il suo non fosse diventato un caso nazionale.
          A metà strada incontrò un vicino sul balcone. Imbarazzante.
          « Signor Landi, cosa fa ? »
          « Salgo sul tetto. »
          « Perché, scusi ? »
          « Per protesta. Voglio difendere il mio diritto alla proprietà privata. »
          Il termine risultò ostico al vicino, che aggrottò pensosamente la fronte e mormorò : « Non sapevo mica che era comunista, lei. »
          Lo lasciò perdere. Non aveva tempo di spiegare, le sue braccia erano già stanche. Proseguì.
          Quando arrivò in cima, c'era un elicottero che rombava a pochi metri dal tetto dell'edificio. « Possibile che siano già intervenuti ? », si chiese. Non gli stavano lasciando il tempo di attirare l'attenzione. Fece un passo e si avvicinò all'orlo del tetto, agitando le braccia per farsi notare. C'era qualcuno laggiù ? Non ne era sicuro : la vista gli si era improvvisamente appannata. Un capogiro ? Eppure non soffriva di vertigini. Cadde pesantemente all'indietro. Rotolò sulla lamiera che ricopriva il tetto, cercando di non precipitare. Le forze lo avevano abbandonato. Si fermò su un fianco, a contemplare l'elicottero che nel frattempo era atterrato alle sue spalle. Ne erano scese due persone vestite di bianco. Non erano poliziotti.
          « Il dottor Landi ? » chiese uno dei due. La voce sembrava provenire da lontanissimo.
          « Ci conferma di essere nato 42 anni fa, da fecondazione artificiale, con patrimonio genetico migliorato utilizzando geni su licenza della Human Genetics Corp ? ». Non riusciva a capire il senso della domanda, e si stava facendo buio.
          « In tal caso, lei non ha più il diritto di usare questo corpo, signore... »


          Marco Passarello è nato a Treviso nel 1965.Vive a Milano. Si è laureato in ingegneria aeronautica per poter visitare lo spazio ma, perdurando l'assenza di astronavi a velocità ultraluce, è passato al giornalismo. Fa parte della redazione di Computer Idea. Collabora con Urania e con la webzine Delos, e ha pubblicato racconti su riviste e antologie. Col racconto « Tecnologia Obsoleta », già pubblicato su Computer Idea si è classificato primo al premio Douglas Adams 2002 ed impreziosirà il libro relativo, in via di pubblicazione.

Première parution :
Date de mise en ligne : 15/12/2003

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