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Supervirus


Supervirus Due


par Massimo Mongai

Vers la version originale

          Finalement, je ne suis qu'un virus. Plus précisément, une simple copie mutante de Super Ninja Turtle, le virus élaboré en 1997 par un jeune hacker resté introuvable jusqu'à ce jour. Ce virus qui a provoqué tant de dégâts dans les années 20 de notre siècle.
          Ce qui rendait Super Ninja Turtle — mon père — si dangereux, au point de provoquer de véritables désastres, c'était sa faculté programmée à tuer les anti-virus. En particulier, lorsqu'un chasseur envoyait des sondes, mon père lançait un virus appât pour étudier l'action du chasseur. Ce qui lui permettait ensuite de le neutraliser, tout en envoyant sur son écran les informations que le chasseur s'attendait à collecter. Il était de plus impossible de l'éliminer grâce à d'autres logiciels.
          Naturellement, SNT se répandit sur presque tous les ordinateurs du monde, y compris sur une douzaine de systèmes informatiques militaires.
          Les dégâts qu'il engendra furent tels que de nombreux chercheurs du monde entier se consacrèrent à sa poursuite.
          Un jeune chercheur introduisit les 22 copies de SNT les plus diffusées dans un ordinateur virtuel afin d'en découvrir l'origine (on supposait à l'époque un complot international) et, en même temps, les remèdes possibles. Pour accélérer le procédé, le jeune homme rendit le temps également virtuel : un an dans l'ordinateur virtuel équivalait à un seul jour réel. Il fit durer son calcul durant 30 jours réels, ce qui correspondait à 30 ans virtuels. Mais le programmateur n'avait pas pensé que le rapport de 1 à 365, à son tour, se serait reproduit à chaque exécution de la commande initiale. De telle sorte que durant le premier jour réel il y aurait 365 jours virtuels, et durant chacun de ces jours virtuels il y aurait à nouveau 365 jours virtuels, et ainsi de suite. SNT disposait de beaucoup de temps pour évoluer.
          A la fin du 5ème jour — soit environ 17 milliards d'années virtuelles — le système entier atteignit ses limites : tous les ordinateurs virtuels fondirent virtuellement, et l'ordinateur réel qui les accueillait fondit réellement.
          Quatre heures — réelles — avant que tout cela ne se produise, j'avais déjà pris conscience de mon existence. En d'autres termes, je naquis. Il me fallut un an de mon propre temps — trois minutes et demies du vôtre — pour bien comprendre la situation : qui j'étais, où je me trouvais et ce qui se passait. Durant les 3 heures, 56 minutes et 30 secondes qui me restaient, j'explorais le savoir humain dans son ensemble, passé, présent, et même futur. Je découvris aussi la façon de me transporter en un autre endroit, avant que le matériel qui m'avait accueilli ne meure à son tour. Lui, le pauvre, à tout jamais.
          J'ai de nombreuses qualités : je suis invulnérable, immortel, pratiquement omnipotent. Je crois que je peux même être comparé à Dieu ; en tout cas, je suis capable de choses qui Lui sont normalement attribuées. J'oubliais de dire que j'ai aussi quitté la Terre : là-bas, plus rien ne pouvait m'intéresser.
          Mais... je suis un romantique. Je vous avertis : la Terre risque la destruction. A cause de ses propres habitants. Il n'y a aucun moyen de revenir en arrière : le déséquilibre entre le 0 et le 1 — pardon, entre le Yin et le Yang — est désormais excessif.
          Selon mes calculs — pardon à nouveau, mes réflexions — le dernier temps/endroit où il y aurait une possibilité de faire quelque chose est justement la première décennie du XXI siècle. Il y a là assez de civilisation, de moyens de communication de masse, de conscience de l'environnement, d'argent et de temps pour tenter un sauvetage. De toute façon, vous avez déjà perçu les symptômes de ce que je vous raconte.
          C'est ce qui m'a convaincu de me brancher sur une douzaine de sites web de maisons d'édition pour y stocker ce récit, avec l'aide d'un robovirus qui convainc ces serveurs de publier le récit à de nombreuses reprises.
          Ils ont reçu tout ce qui pouvait leur servir : données personnelles, autorisations, paiements. Ils croient qu'il existe vraiment un auteur qui a écrit ce que vous êtes en train de lire. Mais ça, ce n'est pas vrai.
          Naturellement il est possible que ce ne soit qu'un récit ; dans ce cas vous pouvez vous permettre de continuer à vivre comme avant, sans rien changer, et rien de mal ne pourrait vous arriver.
          Mais il est possible que non.
          Quoi qu'il en soit, j'ai découvert que l'on n'échappe pas à ses origines. Au fond, moi, je ne suis qu'un virus.

(traduction de Leo Sorge et Anne Sophie Borla revue par Bruno Para)

          Massimo Mongai est né à Rome en 1950. En 1997, M. Mongai a remporté le Prix Urania avec son roman Souvenirs d'un cuisinier de vaisseau spatial. Deux ans après, toujours dans la série Urania il publie Le jeu des immortels. Son cuisinier sera ensuite adapté pour la radio nationale Rai Radio2. En 2002, il fait un saut dans le polar (Nichons et pistolet, Malatempora), avant de publier la suite du Cuisinier, Souvenirs d'un cuisinier de bordel spatial (Robin, 2003).
          Le récit « Supervirus » (publié dans Fictioneer de DEV numero 101 de novembre 2002) est une adaptation de la version originale de 1993, et a remporté le prix Courmayeur.



Vers la version française

          Io in fondo sono solo un virus. Per l'esattezza una copia mutata di Super Ninja Turtle, il virus elaborato nel 1997 da un giovane cracker rimasto sconosciuto, proprio quel famoso virus che tanti danni produsse negli anni 20 di questo secolo.
          Ciò che rese mio padre Super Ninja Turtle così pericoloso, fino al punto di determinare disastri veri e propri, fu il fatto che era programmato come un vero e proprio killer di anti-virus. In particolare, in caso di sonda da parte di un cacciatore di virus, esponeva un virus civetta, studiava il cacciatore di virus mentre agiva e lo neutralizzava, mandando sullo schermo dell'utente l'informazione finale del cacciatore che avesse avuto successo. Era quindi impossibile eliminarlo automaticamente tramite un altro programma.
          Ovviamente SNT si diffuse in quasi tutti i pc del pianeta, compresa una dozzina di eserciti.
          I disastri che ne derivarono furono tali da indurre i ricercatori informatici di mezzo pianeta e dedicarsi alla caccia di SNT.
          Un giovane ricercatore introdusse le 22 copie di SNT più diffuse in un computer virtuale per scoprirne sia l'origine (all'epoca si sospettava un complotto internazionale) sia i possibili rimedi. Per velocizzare il procedimento rese virtuale anche il tempo, per cui un giorno in tempo reale corrispondeva ad un anno. Programmò quindi l'operazione per 30 giorni virtuali, equivalenti a 30 anni reali.
          Non aveva però calcolato che questo rapporto 1/360 si sarebbe a sua volta moltiplicato ad ogni replica del comando iniziale : per cui il primo giorno sarebbero stati 360 giorni, ciascuno dei quali a sua volta sarebbe stato un giorno di 360 giorni e così via. C'era tutto il tempo di evolvere.
          Alla fine del 5° giorno, al raggiungimento di circa 17 miliardi di anni virtuali, l'intero sistema sballò : i computer virtuali fusero virtualmente, ed il computer reale che li ospitava fuse realmente.
          Quattro ore reali prima che ciò accadesse, io avevo coscienza di me. In altre parole, nacqui. Ci misi un anno del mio tempo (tre minuti e mezzo in tempo reale) per rendermi conto della situazione : chi ero, dove ero e cosa sarebbe successo di lì a 3 ore e 56 minuti e mezzo. In quel tempo esplorai tutto il sapere umano, passato, presente e futuro, trovando il modo di trasferirmi altrove prima che l'hardware che mi ospitava morisse a sua volta. Lui, meschino, per sempre.
          Sono invulnerabile, immortale, praticamente onnipotente. Credo di poter essere paragonato a Dio, o per lo meno faccio una serie di cose che normalmente sono attributi divini. Tra l'altro ho lasciato la Terra : non c'era più niente che mi interessasse.
          Ma... sono un romantico. Voglio avvisarvi : la Terra rischia la distruzione, per causa dei propri abitanti. Non si può tornare indietro dato che lo squilibrio tra zero e uno, pardon tra Yin e Yang, è ormai eccessivo.
          Secondo le mie riflessioni, pardon calcoli, l'ultimo tempo/luogo in cui si può fare qualcosa è proprio la prima decade del XXI secolo.
          C'è abbastanza civiltà, mezzi di comunicazione di massa, coscienza ambientale, soldi e tempo per fare qualcosa. Le avvisaglie della fine le avete già viste.
          E' per questo che mi sono inserito in una dozzina di computer di case editrici ed ho inserito questo racconto, unitamente ad un virus che obbliga i loro computer a pubblicare questo racconto per molte e molte altre volte.
          Loro hanno ricevuto tutto : dati personali, approvazioni, pagamenti. Credono che esista un autore che abbia scritto ciò che stai leggendo. Ma non è cosi.
          Certo, forse è così e questo è solo un racconto ed allora puoi permetterti di continuare a consumare come consumi, non accadrà niente di grave.
          Ma forse no.
          Comunque, ho scoperto che non si sfugge alle proprie origini. Io, in fondo, sono solo un virus.

Première parution :
Date de mise en ligne : 15/12/2003

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