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Persistance


Persistenza della memoria


par Massimo Pietroselli

Vers la version originale

          En apparence, il n'existe aucun rapport entre une caille japonaise, un poussin et la mémoire de l'eau. En même temps, je dois forcément démarrer de là pour expliquer à nos lecteurs de quoi la société MolCom (Molecular Computing) doit répondre au monde entier.
          Il y a plus de cinquante ans, des savants de l'Université de Harvard et de l'Institut de Neurosciences de San Diego ont transplanté des cellules du cerveau d'un embryon de caille dans celui d'un embryon de poussin. Après l'éclosion de l'oeuf, le poussin se conduisait comme un poussin normal, sauf qu'il pépiait et bougeait la tête exactement comme une caille japonaise ! Cette expérience engendra un intérêt nouveau pour les témoignages bizarres de personnes qui, ayant subi une transplantation d'organe, percevaient des modifications dans leur métabolisme, voire dans leurs goûts alimentaires ; cela a conduit quelques savants à envisager que notre « moi », en réalité, serait codé dans chacune de nos cellules.
          Je vous rappelle que la MolCom est devenue un colosse mondial grâce à la production d'ordinateurs moléculaires très répandus : à la différence des vieux modèles, ils n'utilisent pas le silicium mais des molécules. Ces molécules synthétiques sont enchâssées à l'intérieur de cellules de protection, comme notre ADN. Les cellules sont à leur tour organisées en stacks reliés comme des structures neurales. En termes de dimensions et de vitesse, les avantages se sont révélés si exceptionnels que les vieux PC fondés sur le silicium sont aujourd'hui considérés comme des antiquités.
          Mais les molordinateurs posent un petit problème, lorsque l'on passe un reconstructeur de mémoire sur un support complètement effacé : inexplicablement, des morceaux de fichiers réapparaissent alors même s'ils ont été théoriquement effacés. Pourquoi donc ?
          C'est à cette occasion que les techniciens de la MolCom ont ressorti la théorie de la mémoire de l'eau, en s'appuyant sur les hypothèses avancées par les homéopathes. Selon ces derniers en effet, l'eau conserverait un souvenir des dilutions qu'elle a vécues ; et ce souvenir expliquerait justement les propriétés curatives de certaines substances indiscernables dans l'eau. La MolCom assure que la disposition des molécules dans le stack engendre une persistance fortuite dans la mémoire du molordinateur de morceaux des fichiers déjà effacés.
          Mais ce n'est pas de cela qu'est accusée la MolCom. Malheureusement.
          Nous ne saurons jamais pourquoi il est venu à l'esprit de ces gamins de passer le reconstructeur sur un molordinateur flambant neuf... Mais ils l'ont fait, et le résultat de ce jeu a été publié sur un site Internet, et à partir de ce jour là de nombreux molordinateurs, également flambants neufs, ont subi le même sort.
          La MolCom n'a pu invoquer la théorie de la mémoire de l'eau pour expliquer comment un molordinateur jamais utilisé auparavant conserve également des morceaux de souvenirs. Souvenirs de plages au coucher du soleil, du visage d'un enfant ou d'une femme, d'un premier jour de l'an à Paris, d'un vieux film, d'un lit d'hôpital... souvenirs que l'on pourrait, à bon droit, définir « humains ».
          La MolCom ne peut invoquer la théorie de la mémoire de l'eau, mais peut être pouvons-nous utiliser l'histoire de la caille et du poussin et nous rappeler cette étrange propriété qu'ont les simples cellules de refléter la totalité de l'individu. On peut envisager, alors, que le reconstructeur de mémoire fasse remonter à la surface les souvenirs d'une entité préexistante au molordinateur, qu'il a, d'une façon ou d'une autre, conservée en lui. Mais conservée  ? Certainement pas dans les molécules synthétiques. Et sinon, dans quel autre composant ?
          Avez-vous compris de quoi la MolCom doit-elle répondre ?

(traduction de Leo Sorge et Anne Sophie Borla revue par Bruno Para)

          Massimo Pietroselli (Rome 1964) est ingénieur dans une entreprise de télécommunications. Prix Urania 1995 avec son Mirage de silicium. Il ne fréquente pas le fandom italien. Sa « Persistance de la mémoire » est apparu dans Fictioneer de DEV numero 108 de juin 2003.



Vers la version française

          In apparenza, non esiste alcuna relazione tra una quaglia giapponese, un pulcino e la memoria dell'acqua. Eppure devo partire proprio da qui per spiegare ai nostri lettori di cosa deve rispondere al mondo la società MolCom (Molecular Computing).
          Oltre cinquant'anni fa alcuni scienziati della Harward University e del Neurosciences Institute di San Diego hanno trapiantato cellule del cervello di un embrione di quaglia nel cervello di un embrione di pulcino. Dopo la schiusa dell'uovo, il pulcino si comportava come un pulcino, tranne per il fatto che pigolava e muoveva la testa esattamente come una quaglia giapponese ! Questo esperimento ha generato un nuovo interesse verso quelle strambe testimonianze di persone che, avendo subito il trapiano di un organo, avvertivano in sé delle modificazioni di comportamento, perfino dei gusti alimentari, e ha portato alcuni scienziati a ipotizzare che il nostro « sé » sia in realtà cablato in ogni nostra più piccola componente.
          Vi ricordo che la MolCom è diventata un colosso mondiale producendo i diffusissimi computer molecolari, che a differenza dei vecchi modelli non utilizzano silicio bensì molecole. Queste molecole sintetiche sono ospitate in cellule per la loro protezione, un po' come il nostro DNA. Le cellule sono organizzate in stack connessi in modo simile alle strutture neurali. I vantaggi in termini di compattezza e velocità si sono rivelati eccezionali, tanto che i vecchi PC basati sul silicio sono roba da modernariato, oggigiorno.
          Un piccolo problema con i molcomputer nasce quando si passa un ricostruttore di memoria su un drive completamente cancellato : capita inspiegabilmente che spuntino pezzi di file « conservati » nonostante l'erase completo. Perché ?
          Qui, i tecnici della MolCom hanno tirato fuori la teoria della memoria dell'acqua. Secondo gli omeopati, l'acqua conserverebbe memoria delle diluizioni da lei sopportate, e questo « ricordo » spiegherebbe le proprietà curative di sostanze non distinguibili, scientificamente, appunto dall'acqua. La MolCom asserisce che la disposizione delle molecole nello stack causa la casuale persistenza nella memoria del molcomputer di quei brani di files cancellati.
          Ma non è per questo che la MolCom è sotto accusa. Magari.
          Non sapremo mai come sia venuto in mente a dei ragazzini di passare il ricostruttore di memoria su un molcomputer nuovo di zecca. Ma lo hanno fatto, i risultati di questo giochetto sono finiti su un sito e da allora moltissimi molcomputer nuovi hanno subito lo stesso procedimento.
          La MolCom non ha potuto usare la teoria della memoria dell'acqua per spiegare come mai un molcomputer mai usato prima conservi anche lui dei frammenti di ricordi. Ricordi di spiagge al tramonto, del volto di un bambino o di una donna, di un capodanno a Parigi, di un vecchio film, di un letto d'ospedale... ricordi che potremmo a buon diritto chiamare « umani ».
          La MolCom non può usare la teoria della memoria dell'acqua, ma noi possiamo usare forse la storia della quaglia e del pulcino e ricordare quella strana proprietà per cui nelle singole cellule può essere in qualche modo riflesso l'intero « sé » di una persona. Possiamo ipotizzare che il ricostruttore di memoria faccia tornare a galla ricordi di un'entità che pre-esisteva al molcomputer, e che sia in qualche modo conservata in lui. Ma conservata dove ? Non certo nelle molecole sintetiche. Ma se non in quelle, in quale altro costituente ?
          Capite adesso di cosa deve rispondere la MolCom ?

Première parution :
Date de mise en ligne : 15/12/2003

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