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Lumière des jours enfuis

Stephen BAXTER & Arthur C. CLARKE

Titre original : The Light of Other Days, 2000
Première parution : Tor book, New York, 2000

Traduction de Guy ABADIA
Illustration de Christian VOLCKMAN

J'AI LU (Paris, France), coll. Science-Fiction (2001 - 2007) n° 6708
Dépôt légal : juin 2003
448 pages, catégorie / prix : M
ISBN : 2-290-32562-7   
Genre : Science-Fiction



    Quatrième de couverture    
     2033. L'humanité entière apprend avec consternation que la fin du monde se produira cinq cents ans plus tard, lorsqu'un astéroïde géant percutera la Terre. Cependant, une découverte majeure va transformer ces cinq siècles d'attentisme forcé en une expérience passionnante : la « Camver », un procédé technologique révolutionnaire qui permet de visionner n'importe quel endroit du monde, voire même de devenir témoin privilégié du passé. Les fondements mêmes de la civilisation résisteront-ils une fois confrontés à la réalité de l'histoire ? Mais peut-être les générations futures réussiront-elles surtout à utiliser leurs nouvelles connaissances pour sauver l'avenir...

     Arthur C. Clarke et S. Baxter
     Né en 1917 en Angleterre, membre de l'Académie astronautique, Arthur C. Clarke, est « l'un des génies de notre temps » (Ray Bradbury). Né à Liverpool en 1957, ingénieur en mathématiques de l'université de Cambridge, docteur en aéronautique de l'université de Southampton, Stephen Baxter, l'auteur de Voyage et Titan, peut être considéré comme son fils spirituel.
 
    Critiques    

 

     Ce livre est mauvais.
     Ce livre est excellent.
     Si tant Arthur C. Clarke que Stephen Baxter étaient de brillants stylistes, ça se saurait ! Chez ces éminents britanniques représentants du courant hard science, l'intérêt est ailleurs. Clarke, que l'on a toujours préféré nouvelliste que romancier — peut-être cela tient-il au fait qu'il a été un auteur de l' « Age d'or » — , et Baxter, dont on a jusqu'à présent peu lu les nouvelles en français, n'ont jamais proposé des récits particulièrement rythmés. Plus courts, les premiers romans de Baxter, Gravité et Singularité, souffraient moins de ce manque que des œuvres plus récentes telles que Titan ou Déluge, par exemple. Rendez-vous avec Rama, roman pourtant peu volumineux jouissant d'une réputation exceptionnelle et justifiée qui le hisse au rang des chefs-d'œuvre d'Arthur C. Clarke, souffre du même défaut. Peut-être est-ce dû aux options résolument réalistes qu'ils choisissent l'un et l'autre ? Quoiqu'il en soit, ils ont tous deux assez à offrir pour que ce défaut, bien que majeur et récurrent, ne soit pas rédhibitoire.
     Cette collaboration entre ces deux auteurs proches, tant par leur manière que par leur intérêt pour les extrapolations scientifiques de hautes volées, a achevé d'établir la réputation de Stephen Baxter comme héritier d'Arthur C. Clarke.
     L'histoire ? Elle tient dans les histoires de famille d'Hiram Patterson et les coups de pute auxquels il se croit autorisé en tant que patriarche fondateur d'un empire technologique. Les victimes : son fils Billy ; son autre fils David, qu'il utilise bien qu'il le méprise parce qu'il est catholique fervent comme sa mère ; Heather, la mère (porteuse de Billy) ; la fille de celle-ci, Marie ; et plus que tout autre, Kate Manzoni, l'amour de Billy. Outre cette famille plus décomposée que recomposée, on ne croisera guère que l'agent du FBI Michael Mavens et Mae Wilson, aussi cinglée que sa fille. Hiram Patterson n'aime personne et tout le monde le déteste. Les auteurs ont utilisé là le matériel minimum pour faire de leur livre un roman.
     Tout le reste n'est que spéculations de hautes volée et c'est bien ce qui passionne !
     Spéculations qui tournent autour de la camver, une caméra high-tech qui possède la formidable capacité de voir le passé ! Par cet aspect, ce roman est à rapprocher de La Rédemption de Christophe Colomb d'Orson Scott Card, et des Yeux du temps de Bob Shaw. Du coup, des légions de cadavres sortent des placards où on les avait planqués à tout jamais, pensait-on. Les cadavres de la vie privée de tout un chacun, parfois au sens propre (il faut bien quelques éléments pour alimenter une narration un peu pauvre), tout aussi bien que ceux de l'Histoire avec un grand « H ». Des millions de gens avec des millions de camver scrutent le passé des grands et des moins grands. De l'origine d'une célèbre chanson des Beatles à un discours de Lincoln, tandis que le Roi Arthur s'évapore dans les limbes du temps, Jésus se révèle d'une classe sociale bien supérieure à ce à quoi on pourrait s'attendre : point de pauvre charpentier mais un maître artisan de première bourre ; le Frank Lloyd Wright de son époque ! De là, les auteurs interrogent la mythographie qui constitue notre vérité historique. Une vérité plus vraie, la réalité, chasse des mensonges dont il était pourtant bien plus facile de s'accommoder.
     Tandis que l'ancien monde vole en éclats, la jeunesse s'adapte au monde de la camver et le pousse dans ses derniers retranchements. L'information passe par les trous de ver minuscules à travers l'espace et/ou le temps, et bientôt la technologie permet de se greffer une camver dans la cervelle pour créer un gestalt télépathique qui rappelle fort la « cohérence » du roman d'Andreas Eschbach, Black out. Muni d'un traqueur génétique, la camver peut bondir d'une génération à la précédente en remontant l'ADN mitochondrial jusqu'aux origines même de la vie dans un vertigineux plongeon à travers le temps.
     A travers La Lumière des jours enfuis, Clarke et Baxter essaient d'envisager tout le potentiel de la technologie qu'ils ont imaginée, forçant le fameux « et si » aussi loin qu'ils le peuvent. La technologie de la camver est trop spéculative pour faire l'objet d'un essai, aussi ont-ils écrit un roman. Une première collaboration qui brille davantage par les problématiques ahurissantes qu'elle soulève que par sa force narrative.

Jean-Pierre LION
Première parution : 1/4/2013 dans Bifrost 70
Mise en ligne le : 1/3/2018

 
    Critiques des autres éditions ou de la série    

 
Edition Le ROCHER, (2000)


     Arthur C. Clarke et Stephen Baxter se sont associés pour écrire ce roman basé sur l'existence d'un procédé permettant d'observer n'importe quel point de l'espace et du temps  : la Camver.
     L'idée a déjà été utilisée dans des romans de SF, notamment dans La Rédemption de Christophe Colomb de Orson Scott Card, et surtout Les Yeux du temps de Bob Shaw, à qui ce roman est d'ailleurs dédié. Si le concept n'est donc pas nouveau, il n'en est pas moins fascinant et offre bien des possibilités que les deux auteurs se sont efforcés de traiter.

     La première partie raconte la naissance des Camvers. Né de l'imagination d'un magnat de l'industrie dans les années 2030, il s'agit d'abord d'un simple moyen de communication utilisant les propriétés physiques des « trous de ver  » pour relier instantanément deux points de l'espace. Les explications techniques sont d'ailleurs plutôt convaincantes, du moins pour le profane, et rendent particulièrement crédible le reste du roman. Lorsque le système permet de transmettre l'image, la Camver devient d'abord un parfait moyen d'information permettant d'être immédiatement sur les lieux d'un événement, avant les concurrents et à moindres frais. Mais bien sûr, les possibilités d'une telle invention sont immenses et propices à toutes les dérives. Ainsi, les journalistes qui ont accès à cette technologie s'en servent aussi bien pour dénoncer des magouilles politiques ou financières que pour épier l'intimité des célébrités. Alors que l'utilisation des Camvers est encore restreinte à un petit nombre de personnes, le respect de la vie privée vole déjà complètement en éclats  : à tout moment de sa vie, chacun peut désormais être observé à son insu.

     Bientôt, les Camvers se perfectionnent et deviennent de plus en plus accessibles au grand public. Elles permettent désormais d'atteindre des distances inouïes (et ainsi d'explorer de lointaines planètes), et même d'observer les images du passé. A une période où l'humanité ne croit plus en son avenir (un gigantesque astéroïde menace de détruire la Terre dans 500 ans), un grand nombre de gens se réfugient dans l'exploration de l'histoire. Ainsi, on peut enfin élucider bien des mystères historiques, on connaît enfin la vérité sur la naissance des religions, ce qui ne va pas sans provoquer d'importants remous. La Camver bouleverse inévitablement un grand nombre de certitudes. Les grands hommes du passé ne sont pas exempts de défauts que la mémoire collective a oubliés. La justice a commis des erreurs qui se révèlent d'autant plus tragiques lorsque chacun peut désormais les reconnaître. Certains se réfugient dans le passé en revivant inlassablement les meilleurs moments de leur vie ou ceux passé avec des êtres chers qui ont disparu. D'autres refusent d'être constamment épiés et essayent d'échapper à l'œil impitoyable des Camvers, mais tout le monde voit sa vie changée par cette invention.

     Lumière des jours enfuis est un roman de facture très classique rendu passionnant par l'exhaustivité de la description de la Camver, depuis sa création jusqu'à l'exploitation de ses innombrables possibilités et conséquences sur la société humaine. La fascination des personnages du roman pour les images de la Camver évoque bien sûr des échos de notre monde où l'image prend une place de plus en plus importante. Il est facile de se laisser envoûter par les évènements du passé, et les épisodes où les auteurs s'amusent à revisiter l'histoire à leur manière sont parmi les meilleurs du roman. On y apprend la véritable origine du sourire de la Joconde, on assiste à la vie de Jésus ou encore au dernier instant d'un homme préhistorique dont le corps sera retrouvé des siècles plus tard dans les glaces et étudié pas des paléoanthropologues... Autant de moments surprenants, amusants ou tragiques. Mais à trop explorer le passé, on en néglige de se tourner vers l'avenir. C'est la leçon que tireront les personnages du roman qui incarnent les diverses réactions possibles face à la Camver. Le récit se poursuit donc jusqu'à ce que l'humanité digère cette invention à la fois si utile et si dangereuse. Le lecteur peut alors refermer le livre ébloui par les talents d'Arthur C. Clarke et de Stephen Baxter qui se sont conjugués ici pour le meilleur.

Frédéric BEURG (lui écrire)
Première parution : 21/10/2000
nooSFere


 

Edition Le ROCHER, (2001)


     Ce roman emprunte son titre à une nouvelle où l'écrivain irlandais Bob Shaw inventait le verre lent, un type de verre polarisé de telle sorte que la lumière mettait un temps important à le traverser. Dans « Les yeux du temps », la version romanesque de cette nouvelle, Shaw décrivait un certain nombre d'applications à son verre lent, comme par exemple l'utilisation comme écran mural paysager. C'est une idée du même type qui est à l'origine de Lumière des jours enfuis. Cette fois-ci, ce sont les trous de vers qui sont au centre du roman. Un jour, Hiram Patterson, un richissime patron de média, aidé de son fils, réussit à stabiliser l'un d'entre eux, permettant de visionner en temps réel tout ce qui se passe dans le monde. Une fois le phénomène totalement maîtrisé, Patterson peut s'en servir pour accroître le pouvoir de ses chaînes de télévision, par le biais du procédé Camver. Mais, si puissant et éclairé qu'il soit, il n'a pas anticipé la révolte de ses deux fils David et Bobby, brimés depuis leur enfance par ce père qui a laissé tomber l'un et « apprivoisé » l'autre grâce à un implant neurologique. Ni les problèmes récurrents posés par une journaliste, Kate, qui tombe fortuitement amoureuse de Bobby, lequel n'a pas de sensations à cause des expériences de son père. L'invention de Patterson va peu à peu lui échapper des mains, pour tomber dans celles du gouvernement, puis du grand public.
     On voit tout le côté rationnel des deux auteurs dans la description des conséquences logiques de l'invention de la Camver. Celle-ci a bien évidemment de profonds effets sur la société, puisque toute intimité familiale est bannie, (l'exhibitionnisme, banalisé, devient monnaie courante), tout secret économique impossible (comment traiter des affaires dans ces conditions  ?), tout acte délictueux exclu. Et quand on découvre qu'en plus de projeter dans l'espace, la Camver projette dans le passé, tout est bouleversé...
     Même si l'histoire de la famille Patterson est un moteur de l'intrigue peu crédible, les supputations des deux auteurs sont convaincantes. Ce roman se lit avec plaisir, et l'on se prend au jeu d'essayer de trouver une implication à laquelle les auteurs n'ont pas pensé. Certes, quelques inventions ultérieures, comme le couplage d'une Camver avec un moteur de recherche de séquences ADN, ou le procédé qui permet à Bobby de toucher Kate, semblent arriver un peu comme un cheveu sur la soupe. Mais qu'importe, puisque les auteurs nous régalent finalement de deux scènes d'anthologie, sortes de voyages à rebrousse-temps dans la destinée de l'Homme et de la Terre, à rapprocher de la scène célèbre de 2001 où se succédaient en contrepoint l'image du singe lançant un os en l'air et la vue de la station spatiale. En bref : du Clarke classique.

Bruno PARA (lui écrire)
Première parution : 2/5/2001
nooSFere


 

Edition Le ROCHER, (2000)


     En ce milieu de XXIe siècle, un procédé technique révolutionnaire, la « camver », permet à n'importe qui d'observer n'importe quoi, en temps réel, en tout point de la planète, et sans restriction aucune. Les impacts sur la société ne tardent pas à se faire sentir ; la notion de vie privée n'existe plus, et chaque citoyen se transforme en Big Brother potentiel. Les changements deviennent un véritable bouleversement lorsqu'il devient possible de visionner à sa guise, non seulement le présent, mais aussi le passé, avec une totale impartialité. Alors que toute vie terrestre est menacée par une collision avec un immense astéroïde, l'Humanité saura-t-elle faire bon usage de cet immense et nouveau pouvoir, ou bien se cantonnera-t-elle à d'égoïstes plaisirs de voyeurisme ? A moins que le futur ne soit sauvé par les jeunes générations.
     Pour reprendre un slogan à la mode, notre société est en mutation. La relative instantanéité des communications actuelles et la vitesse des transports contribuent à rendre notre planète plus petite, et nous nous acheminons peu à peu vers ce village planétaire décrit par McLuhan. Lumière des jours enfuis surfe sur cette vague, et extrapole à partir des connaissances physiques actuelles pour nous proposer une audacieuse vision des communications du futur proche, en étudiant leur impact sur la société.
     En particulier, cette société se retrouve confrontée sans ménagement à ce qui a fait sa petitesse ou sa grandeur ; aux qualités et aux défauts des individus qui la composent ; et à ses choix, bons ou mauvais, pris au cours des âges. Lumière des jours enfuis est donc, avant tout, un roman profondément humaniste. Le sense of wonder est au rendez-vous ; les auteurs nous entraînent, sans longueurs inutiles, tantôt vers des lointains radieux, tantôt vers des possibles effrayants, tout au long d'un récit bien ficelé. Mais si bien ficelé parfois, que l'on aurait presque envie de dire « trop bien léché » ; les auteurs tiennent parfois un peu trop le lecteur par la main, et les personnages sont un tantinet prévisibles.
     Néanmoins, la découverte de cette Humanité déstabilisée, à la recherche d'un nouvel équilibre, est certainement digne d'intérêt ; Lumière des jours enfuis anticipe une société future de manière tout à fait pertinente, et pose une nouvelle fois la question de la place de l'Homme dans l'ordre des choses. N'est-ce pas là l'une des plus grandes questions que pose la SF ?

Lionel DAVOUST (lui écrire)
Première parution : 1/12/2000
dans Galaxies 19
Mise en ligne le : 1/3/2002


 

Edition Le ROCHER, (2000)


     La technologie des trous de ver offre la possibilité de relier deux espaces très éloi­gnés l'un de l'autre. Si l'énergie qu'elle réclame ne permet pas encore de franchir des distances cosmi­ques, encore moins d'y expédier des humains, elle autorise par contre l'emploi de caméras capables de filmer ce qui se déroule à l'autre bout du monde. Tout le monde peut donc être espionné à son insu, et les journalistes ne s'en privent pas. Cette dé­couverte intervient au moment où un astéroï­de géant, Absinthe, contre lequel le monde est impuissant, annon­ce l'éradication prochaine de l'espèce hu­maine. Il n'y a plus de secret pour person­ne. Les révélations tant politiques que privées changent la donne.
     Pire : la Camver permet de filmer le passé et de révéler les mensonges des siècles révolus, sur lesquels s'est bâtie la civilisation. Les hauts faits héroïques, la naissance du christianisme, la conquête des libertés sont autant de cinglantes désillusions quand la légende est démolie par la réalité des faits. L'impact de ces révélations, s'il génère des troubles dans un premier temps, finit par faire émerger une nouvelle humanité, plus humble et plus sin­cère, car n'ayant rien à cacher.
     On songe aux Enfants d'Icare, où la venue d'extraterrestres est porteuse d'une nouvelle humanité. Sauf que dans le cas présent, l'apocalypse annoncée tue tout espoir dans l'œuf.
     Les protagonistes de cette ultime aven­ture lui donnent le relief humain nécessaire : l'inventeur de la Camver, Hiram Patterson, richissime conquérant industriel illustrant les temps anciens, ses deux fils Bobby et David — le premier étant un clone que le magnat a cherché à configurer à son image aux moyens d'implants cervicaux, le second, fils d'un premier mariage, étant le réel inventeur de la Camver — , et une jour­naliste, Kate, aussi radicale que critique face à Hiram, qui s'éprendra de Bobby et lui rendra sa liberté, sont autant de per­sonnages attachants parce que bien cam­pés.
     Une telle fresque narrant un changement radical de la société, malgré la justesse de certains comportements, n'est pas exemp­te de naïvetés ni d'erreurs de jugement qui prêtent à sourire, comme quand la jeune génération, se sachant espionnée par les invisibles Camvers, se promène nue et fait l'amour en public. A ces défauts s'ajoutent quelques lourdeurs stylistiques heureuse­ment éparses, probablement dues au souci de précision des auteurs, qui décrivent une personne affligée d'épithélium avec une figure « tavelée de multiples cratères de car­cinomes basocellulaires ».
     Le propos des auteurs n'est cependant pas la peinture sociale dans une période de crise, même si elle occupe une large place — et l'on regrette d'ailleurs que la construc­tion du roman soit bancale sur ce point. Après avoir montré comment la civilisation s'est bâtie sur des mensonges, ils opèrent une poétique rétrospective à travers les âges, remontant le temps jusqu'à l'origine de l'homme puis des espèces qui lui ont donné naissance, pour démontrer que la vie de notre espèce n'est qu'un chanceux hasard, favorisée par de nombreux acci­dents antérieurs qui auraient pu générer des voies différentes. Cette perspective très humble donne, sur la fin, la véritable tonali­té du roman, qui oppose le principe de vie à l'univers, la tragédie de Sisyphe dépas­sant sa condition humaine pour devenir celle de toute vie qui n'a rien à « attendre de plus de l'univers qu'un coup de massue régulier sur la vie et l'esprit d'évolution parce que l'état d'équilibre du cosmos est véritablement la mort ».
     Au final, un livre réussi, qui se perd par­fois dans les méandres de son sujet, vu son ampleur, et qui se veut, malgré tout, un message d'espoir, moins en faveur de l'hu­manité que de la vie.

Claude ECKEN (lui écrire)
Première parution : 1/12/2000
dans Bifrost 21
Mise en ligne le : 12/10/2002




 

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