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Lazaret 3

G.-J. ARNAUD


Cycle : La Grande séparation  vol. 3


Illustration de Gaston DE SAINTE-CROIX

FLEUVE NOIR / FLEUVE Éditions (Paris, France), coll. Anticipation n° 538
Dépôt légal : 1er trimestre 1973
240 pages, catégorie / prix : nd
ISBN : néant
Format : 11 x 17 cm  
Genre : Science-Fiction 


Autres éditions
   FLEUVE NOIR / FLEUVE Éditions, 1984, 1989
   in La Grande séparation, 2000

    Quatrième de couverture    
     Dans ce troisième et dernier volet de la chronique de la GRANDE SEPARATION, Laur le Négociateur et Jea atteignent enfin la civilisation de la Fédération galactique. Ils se retrouvent immédiatement mis en quarantaine dans un satellite artificiel, LAZARET 3, en compagnie de dizaines d'autres suspects de toutes races et de toutes origines, apprennent qu'on ne sort plus de cet endroit depuis que la révolte grignote l'immense empire. Dans ce microcosme hallucinant où violence et instinct se libèrent en toute liberté, ils découvrent l'image de la véritable civilisation terrienne telle qu'elle existe maintenant sur des dizaines de planètes. Et lorsqu'ils apprennent que la Terre n'est plus qu'un « crâne envahi par les moisissures » ils décident de retourner sur Mara, leur monde d'origine.
 
    Critiques    
 
     Je l'ai déjà signalé dans mes précédentes notices consacrées au Fleuve Noir Anticipation, les deux meilleurs auteurs à être apparus depuis un an ou deux dans la série sont Pierre Suragne et G. J. Arnaud. Mais, alors que l'un et l'autre en sont (à l'heure où j'écris ces lignes) à égalité avec trois romans chacun, une même baisse de qualité est sensible chez les deux auteurs. Suragne, parti très fort avec La septième saison, n'a donné qu'un roman tout à fait moyen avec L'enfant qui marchait sur le ciel. Même profil chez Arnaud, qui nous donna un excellent ouvrage inspiré peut-être de Leigh Brackett (Les croisés de Mara) et atterrit dans la moyenne avec Lazaret 3, qui fait l'objet de la présente notice.
     Il s'agit du troisième (et dernier, nous annonce-t-on) volet de la chronique de La Grande Séparation, où nous avons suivi Laur-le-Négociateur quittant Mara avec sa compagne Jea, pour une recherche éperdue de la mythique Terre. Cette fois, les Marasiens se retrouvent captifs sur Lazaret 3 (dans des circonstances peu claires qui donnent l'impression que le roman commence amputé de son premier chapitre !), sorte de satellite pénitentiaire formé d'un conglomérat incroyable de vaisseaux stellaires hors d'usage soudés par la gravité artificielle, et où sont rassemblés les révoltés de toutes les races de la galaxie, que l'Administration Centrale terrienne a choisi de laisser mourir à petit feu dans cette prison d'un nouveau genre. Dans Lazaret 3, une microsociété basée sur le troc, le vol, le meurtre, le viol, le chantage, la prostitution, s'est développée, et fait de ce monde métallique un véritable enfer. Le récit d'Arnaud est basé sur les efforts de Laur pour s'échapper de ce piège et regagner Mara, puisqu'il a appris que, rongée par la radioactivité, la Terre n'est plus que « ...de la merde, et encore de la merde ».
     Le décor est étonnant, et c'est le meilleur du livre, encore qu'il soit évoqué de façon assez floue, comme si l'auteur avait écrit son roman plus rapidement que les deux précédents. On se prend d'ailleurs à rêver de la peinture de Lazaret 3 par un Stefan Wul... Cependant, ce qui est surtout insatisfaisant, ce sont les monotones allées et venues de Laur à travers ponts et poutrelles, à la recherche d'une aide pour s'échapper, de Jea qui s'est fait enlever, de médicaments, de renseignements, etc. Je ne doute pas qu'Arnaud ait voulu donner à ses lecteurs une impression écrasante de monotonie et d'incohérence à travers l'errance sans fin de son héros, mais il n'en reste pas moins vrai que son roman n'a pas été composé avec assez de soin et de vigueur, et qu'on a plutôt l'impression en le lisant de se trouver devant une série de sketches assez mal liés.
     Pourtant, la qualité dominante d'Arnaud demeure l'invention dans le détail, et la galerie de portraits (groupes ou individus) hauts en couleurs et en pittoresque qu'il nous présente restera dans les mémoires... pour un temps : les Stomks, oiseaux gigantesques qui servent de « taxis » autour du satellite en logeant les voyageurs dans une cavité de leur corps ; les Brums qui vivent dans des scaphandres et de qui on n'aperçoit qu'un masque à l'apparence humaine ; les Acteurs, humains d'une troupe théâtrale égarée qui vivent selon les règles d'un poète oublié nommé Shakespeare ; les Songus, sortes de champignons moisis qui font le trafic des ordures ; les Shemolynes qui ressemblent à des « poufs déformables » et mangent de la chair humaine : tout cela forme une abhumanité étonnante, sur le fond de laquelle se détachent quelques silhouettes remarquables, comme Loni l'homme-garou ou Van, vieille sorcière qui vient d'une autre galaxie...
     Et on se dit que dessinés par un Forest ou un Giraud... Décidément, Lazaret 3 fait peut-être plus rêver qu'il ne nous donne de satisfactions ! Mais il n'est pas question de l'écraser, car il reste tout de même très honorable en face de la plupart de ses frères de collection. Souhaitons cependant que pour son prochain ouvrage, G.J. Arnaud retrouve le souffle des Croisés de Mara.

Denis PHILIPPE
Première parution : 1/4/1973 dans Fiction 232
Mise en ligne le : 11/3/2018


 

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