Site clair (Changer
 
  Critiques  
 
  Livres  
 
  Intervenants  
 
  Prix littéraires  
 
  Adaptations  
    Fiche livre     Connexion adhérent
Sandman Slim

Richard KADREY

Titre original : Sandman Slim, 2009

Cycle : Sandman Slim vol. 1

Traduction de Jean-Pierre PUGI

DENOËL (Paris, France), coll. Lunes d'Encre n° (141)
Dépôt légal : février 2013
382 pages, catégorie / prix : 23 €
ISBN : 978-2-207-10896-3   
Genre : Fantastique

Conception graphique : Ervin Serrano. Photographie : (c) Mark Owen / Arcangel Images.



    Quatrième de couverture    
     « La meilleure série B que j'ai lue ces vingt dernières années. Hautement satisfaisant, un chef d'œuvre d'humour et de mauvais esprit. »
WILLIAM GIBSON

     Victime de ce qu'il croyait être ses meilleurs amis, le magicien James Stark est expédié vivant aux enfers, où le général Azazel en fait un gladiateur puis un tueur à gages. Apprenant la mort de l'amour de sa vie, Alice, Stark arrache le cœur d'Azazel et revient chez lui avec trois objets magiques : une clé, un couteau et une pièce qui ne ment jamais.
     Si Stark est revenu chez les mortels, c'est évidemment pour se venger. Mais il lui faudra bien plus qu'un couteau, une clé et une pièce magique pour éliminer les membres du Cercle de magie et la véritable menace qui se cache derrière eux.

     Après deux romans de science-fiction remarqués, Richard Kadrey a changé complètement d'univers avec sa fantasy urbaine Butcher Bird (Denoël, 2012). Il se consacre désormais aux magiciens, aux vampires et aux démons de sa série à succès Sandman Slim.
 
    Critiques    
     Après Butcher Bird l'année dernière, Gilles Dumay poursuit sa redécouverte en France de Richard Kadrey, en nous proposant Sandman Slim, premier roman de la série éponyme, qui partage la thématique démonologique avec son prédécesseur.
     James Stark est de retour sur terre. Non pas qu'il soit parti sur une autre planète, non : il était tout simplement aux enfers. Depuis une douzaine d'années. Il y avait été expédié par un de ses anciens camarades, magicien comme lui, pour éviter qu'il ne lui fasse de l'ombre. Aux enfers, Stark est devenu, sous les ordres d'Azazel, gladiateur puis tueur à gages. Et le meilleur d'entre eux. Mais, assoiffé de vengeance, il réussit à s'extirper de ce monde démoniaque – il est le premier homme à accomplir pareil exploit – et à revenir dans le nôtre, afin de retrouver sur les quelques personnes auxquelles son passé est lié.
     On pourrait croire à la lecture de ce court résumé qu'on a affaire ici à un livre très sérieux, noir de fond en comble. Il n'en est pourtant rien : si bien sûr ce roman contient quelques scènes assez gore, elles sont contrebalancées par un humour omniprésent lié à la personnalité particulièrement goguenarde de son narrateur. Kadrey employait déjà la même méthode dans Butcher Bird, avec un bonheur équivalent. On se laisse ainsi porter par le sens de la répartie de Stark, qui fait mouche sans jamais faiblir, et par l'ensemble de la distribution, tous les protagonistes se révélant particulièrement réjouissants. L'histoire de vengeance est quant à elle rondement menée, alerte et qui ménage quelques scènes d'action très cinématographiques, comme la bagarre avec Parker qui détruit une bonne partie d'un quartier. Au final, Sandman Slim n'est certes pas un chef-d’œuvre, tout cela reste assez léger, mais on ne s'ennuie pas une minute à la lecture de cette série B, on rigole régulièrement, on frémit aussi, et on en redemande bien évidemment. Ça tombe bien : Richard Kadrey a déjà donné trois suites à ce tome inaugural, une quatrième devant paraître incessamment (en juillet).

Bruno PARA (lui écrire)
Première parution : 22/6/2013 nooSFere


     Envoyé aux enfers par quelques « amis », le magicien James Stark devient gladiateur. Contre toute attente, soutenu par le général Azazel, il finit par se tailler une sacrée réputation dans les arènes. Mais onze ans plus tard, il parvient à s'échapper de ce lieu sordide et revient sur Terre pour se venger. Et, le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il n'est pas content !
     Mais avant de partir à la poursuite de ses anciens meurtriers pour les faire profiter des nouvelles techniques acquises dans les bas-fonds, il va lui falloir redécouvrir Los Angeles. Retourner là où il a vécu avec Alice, assassinée elle aussi. Retrouver Eugène Vidocq (si, si ! lui-même !), un ami fidèle et plus sage, immortalité oblige. Et réapprendre à vivre parmi les humains. Et ça, ce sera le plus difficile. Régler des problèmes autrement qu'en explosant la tête de son adversaire est un concept étranger à Stark. Comme les restaurants et autres bars devenus non-fumeurs !
     Loin du cyberpunk des années 80-90, avec un Metrophage (Denoël, « Présence du futur ») déjà rempli d'aventures et d'un certain cynisme, la donne a changé. Des explosions, des bons mots (pas toujours de bon goût), des morts, des anges et des démons. Bref, le cocktail idéal pour se vider les neurones. Mais en tout bien tout honneur. Cette série B autoproclamée fonctionne à merveille. Les personnages ont beau être stéréotypés au possible, ils font mouche. Dans cet univers survitaminé et machiste, les femmes ont leur place. Pas de blonde évaporée et romantique. Des paumées, comme le héros, qui n'hésitent pas à frapper, voire à tuer quand le besoin s'en fait sentir.
     Autre atout, le rythme : trépidant du début à la fin. Pas de chapitres dans ce roman. Tout s'enchaîne sans pause : les scènes d'action se suivent sans temps mort, appuyées par des dialogues efficaces. C'est en parfaite adéquation avec le personnage principal : il prend rarement le temps de réfléchir ou d'imaginer les conséquences de ses actes. Au grand dam de ses amis, comme de ses ennemis. Et du mobilier urbain !
     L'auteur s'amuse comme un fou et convoque ses souvenirs de films. Ce n'est pas pour rien si James Stark trouve refuge dans un vidéoclub, le Max Overdrive Video ! Les anciens westerns flirtent avec les films d'action ou les films de guerre. Des choix qu'on croirait sortis de la vidéothèque de Quentin Tarantino se percutent : Le Bon, la Brute et le Truand précède Le bras armé de Wang-Yu contre la guillotine volante. Comme le héros de l'El Dorado d'Howard Hawks, celui de Sandman Slim a été blessé et des balles restent dans son corps, handicap permanent qu'il ne fera retirer que sur la fin. Clint Eastwood et autres justiciers sont régulièrement cités ou évoqués. D'ailleurs, dans une récente interview accordée au site internet ActuSF, Richard Kadrey dit lui-même que sa série « est un western spaghetti avec des gangsters ».
     Alors que Kill City Blues, le cinquième tome de la série, sort aux Etats-Unis cette année, on attend avec une certaine impatience, en France, la suite de ce volet initial. Pour voir s'étoffer ce monde à peine ébauché. Pour replonger dans un L.A. fantasmé. Pour vivre à nouveau avec ce personnage qui carbure à l'alcool, à la nicotine et à la testostérone, Sandman Slim.

Raphaël GAUDIN
Première parution : 1/7/2013 dans Bifrost 71
Mise en ligne le : 1/4/2018


 

Dans la nooSFere : 61963 livres, 57432 photos de couvertures, 56354 quatrièmes.
7958 critiques, 33878 intervenant·e·s, 1281 photographies, 3649 Adaptations.
 
Vie privée et cookies/RGPD
A propos de l'association. Nous écrire.
NooSFere est une encyclopédie et une base de données bibliographique.
Nous ne sommes ni libraire ni éditeur, nous ne vendons pas de livres. Trouver une librairie !
© nooSFere, 1999-2018. Tous droits réservés.