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Les Lames du Cardinal

Pierre PEVEL


Cycle : Les Lames du Cardinal  vol.


Illustration de Hervé LEBLAN

GALLIMARD (Paris, France), coll. Folio SF n° 444
Dépôt légal : janvier 2013
400 pages, catégorie / prix : F8
ISBN : 978-2-07-044853-1   
Genre : Fantasy 


Autres éditions
   BRAGELONNE, 2007, 2008, 2009
   in Les Lames du Cardinal – L'Intégrale de la trilogie, 2012

    Quatrième de couverture    
     Texte de quatrième de couverture :

     1633, sons le règne de Louis XIII. Le cardinal de Richelieu veille à la bonne marche du royaume de France, de plus en plus menacé par l'Espagne et ses nouveaux alliés : les dragons. Or, à situation exceptionnelle, moyens exceptionnels : le Cardinal se voit contraint de faire appel à une compagnie d'élite qu'il avait lui-même dissoute. Sous le commandement du capitaine La Fargue, les bretteurs les plus vaillants et les plus intrépides que possède le royaume sont ainsi réunis pour former à nouveau les redoutables Lames du Cardinal.

     Premier tome d'une série qui rend brillamment hommage aux meilleurs romans de cape et d'épée, Les Lames du Cardinal est une œuvre de fantasy historique remarqquable, justement récompensée par le prix Imaginales des lycéens 2009 en France et le Morningstar Award 2010 du meilleur nouvel auteur en Grande-Bretagne, puisque le livre a déjà été traduit en anglais ainsi que dans neuf autres langues.

     Né en 1968, Pierre Pevel débute l'écriture dans les années 1990. Il a, depuis, publié une douzaine de romans, dont La trilogie de Wiehtadt et, aux Éditions Bragelonne, Les Lames du Cardinal.

     Texte de jaquette :

     1633, sons le règne de Louis XIII. Le cardinal de Richelieu veille à la bonne marche du royaume de France, de plus en plus menacé par l'Espagne et ses nouveaux alliés : les dragons. Or, à situation exceptionnelle, moyens exceptionnels : le Cardinal se voit contraint de faire appel à une compagnie d'élite qu'il avait lui-même dissoute. Sous le commandement du capitaine La Fargue, les bretteurs les plus vaillants et les plus intrépides que possède le royaume sont ainsi réunis pour former à nouveau les redoutables Lames du Cardinal.

     « La fantasy emprunte parfois les voies du roman de cape et d'épée. Mais il fallait un passionné d'Alexandre Dumas pour réussir à la perfection — c'est-à-dire avec panache — cet hybride cavalcadant. »
Le Monde des livres

     Né en 1968, Pierre Pevel débute l'écriture dans les années 1990. Il a, depuis, publié une douzaine de romans, dont La trilogie de Wielstadt et, aux Éditions Bragelonne, Les Lames du Cardinal, déjà traduit en dix langues.

    Prix obtenus    
David Gemmell Legend, nouvel auteur, 2010
 
    Critiques    
     En cette année de disgrâce 1633, durant le règne de Louis XIII qui apparaît comme un monarque falot, Armand Jean du Plessis, cardinal de Richelieu, veille sur le devenir de la France. Intriguant, calculateur mais âme droite dévouée à sa nation, le cardinal mène dans l'ombre des négociations politiques avec le royaume d'Espagne. Pour ne pas mettre en péril ces délicates tractations, Richelieu accepte d'honorer une demande non officielle de l'ambassadeur castillan. Une mission des plus difficiles, qui ne pourrait être menée à bien que par Etienne La Fargue et ses Lames, organisation d'exception n'ayant de compte à rendre qu'au prélat. Las, depuis l'échec du siège de la Rochelle, devenue république protestante, les Lames ont été dispersées et chacun de ses membres voué à l'opprobre. Il y a eu un mort et un traître. Rancune, nostalgie ou raison d'Etat, les mobiles ne manqueront pourtant pas pour précipiter à nouveau La Fargue et les siens dans l'action, comme l'on plonge une rapière en plein cœur.
     S'il est en France une tradition du récit d'aventures, c'est bien celle du roman de cape et d'épée. Celle des Alexandre Dumas, Théophile Gauthier ou Michel Zévaco. Pierre Pevel s'inscrit dans la continuité directe de ses illustres prédécesseurs avec un bonheur complet. Car tout y est ! Félons, complots forcément « ourdis », reîtres, fille de salle au corsage à large encolure, l'auteur a le talent de nous restituer les images obligées qui ont fait la fortune du genre, en ayant l'intelligence de ne pas tomber dans le cynisme postmoderniste.
     Pevel éprouve un respect qui n'a rien de servile pour ce genre, l'aime et parvient à réveiller chez le lecteur cette affection. On goûte les moments d'anthologie — le combat de Leprat dans l'auberge (p. 100 sq) ; l'attaque de Saint-Lucq contre les corbins (p. 171 sq). On se réjouit des apparitions d'Athos ou de Rochefort, meilleurs ennemis unis pour la bonne cause. Tout cela a la fraîcheur et la spontanéité des romans feuilletons ou des films avec Jean Marais. La vicomtesse de Malicorne finit peu ou prou comme Milady la marquise de Merteuil, Almadès le bretteur andalou porte beau, Ballardieu le colosse et Marciac le Gascon évoquent d'immortels mousquetaires...
     Le tout s'appuie sur une documentation sans faille et un apport de merveilleux, pour l'essentiel l'existence de dragons déclinés en trois variétés. Dont un petit spécimen qui ici prend la place du chat dans l'affection de Richelieu. Sans compter la ranse, terrible maladie qui frappe les humains trop longtemps exposés au contact des reptiles. Le tout soigneusement rangé comme corps de mousquetaires à la parade, sous une magnifique (double) couverture d'Hervé Leblan.
     Pevel joue sans faute sa partition, reprend à son compte une part attendue du livret : « Aubergiste ! Du vin pour le chevalier et moi. Et du meilleur ! » La pièce est à ce point bonne que l'on en redemande. Fort heureusement, il ne s'agit que du premier des trois actes. Les Lames du Cardinal est ce qui s'est écrit de mieux en récit de cape et d'épée français ces dix dernières années. Mordious !

Xavier MAUMÉJEAN
Première parution : 1/7/2013 dans Bifrost 71
Mise en ligne le : 1/4/2018

 
    Critiques des autres éditions ou de la série    
Edition BRAGELONNE, (2008)


     Nous sommes en 1633. Richelieu gouverne la France d'une main de fer et tient ses nombreux ennemis en respect. Pour démêler les fils d'intrigues toujours plus tortueuses, le Cardinal dispose d'un réseau d'espions qui étend ses rets sur toute l'Europe. Mais il arrive que cela ne suffise pas, et qu'il faille prendre des mesures à tout le moins contestées. Reformer la compagnie des Lames du Cardinal, dissoute quelques années plus tôt après le désastre de La Rochelle, est de celles-ci. L'incorruptible capitaine La Fargue reprend donc du service et reçoit pour mission de sonner le rappel de ses maigres troupes : une poignée d'hommes et de femmes passés maîtres dans les arts de l'escrime, de la dissimulation et de la répartie qui fait mouche.

     Il faudra bien cela pour contrecarrer les plans des dragons qui menacent le royaume... Car le XVIIe siècle de Pierre Pevel diffère très légèrement de celui d'Alexandre Dumas. Ici, une race de dragons depuis longtemps éteinte a laissé trois types de descendants : les wyvernes, des créatures ailées domestiquées qui servent de moyen de transport longue distance ; les dragonnets, des animaux de compagnie ni plus gros ni plus dangereux que des chats ; et surtout une espèce à forme humaine, qui, organisée en société secrète pratiquant la sorcellerie et tirant les ficelles des plus noires intrigues, a déjà pris le contrôle de la cour d'Espagne et cherche à étendre son influence sur l'Europe.

     On n'en dira pas plus de l'histoire, au risque d'en trop révéler. En tout cas, Les Lames du Cardinal confirme ce que l'on savait déjà : Pierre Pevel est épatant, au sens premier de l'adjectif. Comme les romans de cape et d'épée dont il s'inspire et auquel il rend un bel hommage, sa prose nous en met plein la vue. Sa maîtrise de la langue classique pourrait confiner à la préciosité si elle n'était pas comme ici au service de l'action et des dialogues, conférant aux deux une remarquable précision et soulignant son talent de metteur en scène : chaque combat est millimétré, chaque réplique est jouée... Le passage du mot à l'image est immédiat, et la construction de l'ensemble le dispute en efficacité aux meilleures productions hollywoodiennes. D'ailleurs, les chapitres ont beau s'enchaîner à une vitesse étourdissante et les espions, se multiplier comme les pains en Judée, on ne perd jamais le fil de l'histoire.

     Alors qu'importe si les personnages sont déjà vus et revus, qu'importe si l'auteur a tendance à souvent digresser pour faire étalage de sa connaissance du Paris de Louis XIII, et qu'importe si le thème des dragons aurait pu être un peu plus creusé... Cela n'empêche pas l'ensemble de se dévorer sans modération.

Nicolas KANDINSKY
Première parution : 1/1/2008
dans Bifrost 49
Mise en ligne le : 30/1/2009


 

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