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Redshirts. Au mépris du danger

John SCALZI

Titre original : Redshirts, 2012

Traduction de Mikael CABON
Illustration de LERAF

L'ATALANTE (Nantes, France), coll. La Dentelle du Cygne n° (327)
Dépôt légal : février 2013
336 pages, catégorie / prix : 5
ISBN : 978-2-84172-626-4   
Genre : Science-Fiction



    Quatrième de couverture    
     Années 2460. L'enseigne Andrew Dahl vient d'être affecté à bord de l'Intrépide, le prestigieux vaisseau amiral de l'Union universelle. Génial !
     Pas tout à fait. Les jeunes recrues de l'équipage ne tardent pas à s'en apercevoir, les sans-grade comme eux ont une fâcheuse propension à trouver une mort spectaculaire au cours des missions d'exploration alors que leurs supérieurs – le commandant, le premier officier scientifique et l'héroïque lieutenant Kerensky – s'en tirent toujours à bon compte. Il faut bien l'admettre : les « redshirts » sont éminemment périssables.
     Compris. S'ils tiennent à survivre en dépit de la couleur de leur tenue, Andrew et ses compagnons sont condamnés à résoudre le mystère et à trouver une parade.

     Une farce éblouissante à se tordre de rire. Croyez-m'en, j'ai réglé leur compte moi aussi à un certain nombre de Redshirts.
Melinda Snodgrass,
scénariste en chef de Star Trek : The Next Generation.

    Prix obtenus    
Hugo, roman, 2013
Locus, roman de Science-Fiction, 2013
 
    Critiques    
     Ayant raté les premiers livres de John Scalzi (la série du Vieil Homme et la guerre), dont on m'avait plutôt dit du bien, j'essaye de ne pas reproduire la même erreur sur les suivants. Aussi avais-je lu Deus in machina, que j'avais trouvé sympa mais largement dispensable. Le scénario de ce Redshirts. Au mépris du danger me semblait intéressant : une parodie de série télévisée à la Star Trek, où l'on s'intéresserait non pas à Kirk, Spock, McCoy et les autres principaux membres d'équipage, mais à tous les anonymes, figurants lambda, qui peuplent les coursives de l'Enterprise, ceux dont on ne sait rien. Ici, le vaisseau s'appelle l'Intrépide, et lorsqu'il est muté à bord, Andrew Dahl ne sait pas ce qui l'attend. Il se rend très vite compte qu'un nombre anormalement élevé d'enseignes meurent dans les missions successives, alors que le commandant, le lieutenant, l'officier scientifique et les leurs ne périssent jamais. Cette anomalie lui met la puce à l'oreille, et la rencontre avec un fantôme qui se cache dans les coursives le confortera dans son hypothèse : et si son monde n'était pas exactement ce qu'il paraît être ? Et si son avenir était tout tracé, comme celui... d'un personnage de série ?
     L'humour, on le sait, n'est pas un art facile. Il faut un certain sens du rythme pour que les gags marchent, que les dialogues soient bien ciselés pour déclencher l'hilarité. Scalzi a ici choisi d'aborder de front le problème : ce roman n'est quasiment qu'un dialogue ininterrompu, où l'on est censé se bidonner en permanence des réparties des personnages, tout en admirant le côté astucieux de l'intrigue. Bon. Encore faudrait-il que les dialogues fonctionnent ; las, tout cela est navrant de bout en bout. Qu'on en juge par ce court extrait :
     « — On part en permission à terre. C'est le moment d'aller boire un coup !
     — Et d'en tirer un, ajouta Finn.
     — L'un n'empêche pas l'autre, fit remarquer Duvall. Mais pas nécessairement dans cet ordre.
     — Non pas que cet ordre pose problème. »
     Certes, tout n'est pas de cette eau, mais il faut savoir que Redshirts, c'est avant tout cet-humour-. Un humour pipi-caca, mâtiné d'allusions grivoises en quasi permanence, sans queue ni tête, asséné sans discernement, bref de l'humour potache dans son expression la plus crue. Je n'ai rien contre l'humour potache, mais à haute dose sur la longueur d'un roman-dialogue, on atteint l'indigestion bien avant le tiers du roman. C'est dommage, quelques scénettes auraient pu faire mouche, mais en l'état elles retombent à plat.
     Même sur son aspect parodique, Redshirts n'atteint pas son but. Certes, avoir l'idée de faire des seconds rôles les personnages principaux est intéressant. Mais... Galaxy Quest est déjà passé par là. Et s'en sortait bien mieux que le roman de Scalzi. Sans oublier la bonne parodie, le film avec Sigourney Weaver et Alan Rickman (entre autres) était d'une autre subtilité dans son intrigue. Dans Redshirts, tout semble bien approximatif, bien poussif, et surtout la plupart des idées semblent piquées de Galaxy Quest : le personnage secondaire qui se rend compte de son statut et sait qu'il va périr rapidement selon le bon vouloir des scénaristes ; les enseignes qui retournent dans le passé pour demander au scénariste de la série de ne pas les sacrifier font irrémédiablement penser aux extra-terrestres du film qui reviennent voir les acteurs pour que ces derniers les aident... L'impression de lire une mauvaise novélisation de Galaxy Quest ne m'a pas quitté une seconde tandis que je lisais ce Redshirts. Bref, plutôt que de lire ce livre, plutôt que de vous fader cette (bien pâle) imitation, optez pour l'original, visionnez et revisionnez Galaxy Quest !
     Dans sa postface, Scalzi s'adresse à ses lecteurs en ces termes : « Je suis heureux que vous en demandiez sans cesse davantage. Tant que vous en réclamerez, j'en écrirai. Je vous le promets. ». Désolé, John, mais si c'est pour écrire ce genre de navet, tu peux te les garder, tes romans.

Bruno PARA (lui écrire)
Première parution : 19/2/2013 nooSFere


     Parmi les nouvelles recrues du vaisseau amiral L'Intrépide embarquent Maia Duvall, belle femme volontaire, Jimmy Hanson, riche héritier, et Andrew Dahl, qui ne tarde pas à remarquer le comportement étrange de l'équipage, dissimulé dans un placard ou occupé à d'autres taches chaque fois que le capitaine Abernathy décide d'une mission, surtout si y participent certains des officiers comme R'hwa, le scientifique du bord, ou l'increvable lieutenant Kerensky, baroudeur souvent blessé, toujours vainqueur. A cela il faut ajouter une mystérieuse boîte qui analyse n'importe quel problème impossible à résoudre pour le solutionner juste à temps avant la catastrophe. L'Intrépide accumule les succès au sein de l'Union Universelle, mais a aussi le plus fort taux de mortalité de la flotte. Et pour cause ! Les combats un peu stupides que mènent les « redshirts » sont en fait issus de l'imagination d'un scénariste hollywoodien pour une série de science-fiction particulièrement calamiteuse, qui ignore que ses créations prennent vie dans un univers parallèle. Forcément, les figurants meurent en nombre et les seconds rôles ne prennent de l'importance que pour décéder dans des circonstances tragiques.
     Cette satire de Star Trek et assimilés (l'auteur ayant travaillé sur Stargate : Universe) est une sorte de Galaxy Quest à l'envers, la finesse en moins, où l'on voyait les acteurs d'une série de ce type appelés par des extraterrestres pour sauver l'univers. En effet, par un tour de passe-passe temporel à l'époque de rédaction des épisodes, les « redshirts » tentent de convaincre les auteurs de la série de les épargner.
     On comprend mieux, du coup, les intrigues convenues et les insipides dialogues à tire-larigot mâtinés d'un humour potache, parfois graveleux : ils sont à mettre au crédit du scénariste et non de l'auteur, qui n'en profite pas moins pour se laisser à la facilité. Une série de codas comme autant d'emboîtages narratifs permettent de sauver, un peu, cette impression d'une resucée de SF parodique à la Sheckley, voire des années quarante quand on songe à L'Univers en folie de Fredric Brown. Scalzi reste un auteur intéressant, mais inégal. Redshirts se rapproche davantage de l'aimable divertissement, vite lu, vite oublié. Dommage.

Claude ECKEN (lui écrire)
Première parution : 1/7/2013 dans Bifrost 71
Mise en ligne le : 1/4/2018


 

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