Site clair (Changer
 
  Critiques  
 
  Livres  
 
  Intervenants  
 
  Prix littéraires  
 
  Adaptations  
    Fiche livre     Connexion adhérent
Le Village des damnés suivi de Chocky

John WYNDHAM


Traduction de Michelle CHARRIER & Adrien VEILLON
Illustration de LASTH

DENOËL (Paris, France), coll. Lunes d'Encre n° (144)
Dépôt légal : mai 2013
432 pages, catégorie / prix : 20,50 €
ISBN : 978-2-207-26159-0   
Genre : Science-Fiction 



    Quatrième de couverture    
     Pendant toute une nuit, la paisible bourgade de Midwich se trouve coupée du monde par un champ de force invisible. Tout ce qui y respire perd conscience et le lendemain, comme si rien ne s'était passé, Midwich retrouve son calme... Jusqu'au jour où toutes les femmes du village, même les jeunes fille, découvrent qu'elles sont enceintes. Neuf mois plus tard, elles donnent naissance à trente garçons et trente filles aux yeux dorés. Qui sont-ils exactement ? Représentent-ils un danger ?

     John Wyndham (1903 — 1969), grand nom de la science-fiction anglaise, a beaucoup écrit sur les invasions extraterrestres. Sont réunis dans ce volume son roman le plus célèbre, adapté deux fois à l'écran, Le Village des damnés (aussi connu sous le titre Les Coucous de Midwich), et Chocky, adapté en série télévisée. Roman moins connu mais tout aussi saisissant, Chocky raconte la relation d'un jeune garçon avec son maie imaginaire. Steven Spielberg en a récemment acquis les droits d'adaptation cinématographique.

    Sommaire    
1 - Gilles DUMAY, Avant-propos, pages 7 à 8, Introduction
2 - Le Village des damnés (The Midwich Cuckoos / Village of the Damned), pages 9 à 251, Roman, trad. Adrien VEILLON
3 - Chocky (Chocky), pages 253 à 414, Roman, trad. Michelle CHARRIER

    Adaptations (cinéma, télévision, BD, théâtre, radio, jeu vidéo, ....)    
Chocky , 1984 (d'après le texte : Chocky), (Mini Série TV)
Chocky's Children , 1985, Peter Duguid & Vic Hughe (d'après le texte : Chocky), (Mini Série TV)
Chocky's Challenge , 1986, Bob Blagden (d'après le texte : Chocky), (Mini Série TV)
 
    Critiques    
     Le Village des damnés et Chocky sont deux romans de l'anglais John Wyndham, publiés il y a un peu plus d'un demi-siècle pour l'un, et un peu moins pour l'autre. « Lunes d'encre » a aujourd'hui la bonne idée de les rééditer en les réunissant, en raison de la proximité des thèmes qui y sont abordés (on précisera par ailleurs que la présente édition propose Chocky dans une traduction nouvelle).
     Le Village des damnés : Dans le petit village paisible de Midwich, toutes les femmes en âge de procréer se retrouvent enceintes après qu'un événement inexpliqué a provoqué l'endormissement de toute la population pour trente-six heures. Arrivées à terme, elles accouchent toutes d'enfants apparemment normaux, n'étaient leurs yeux dorés. Rapidement, ces enfants « coucous » font montre de capacités mentales étendues et d'une amoralité qui les rendent pour le moins inquiétants. Que faire ?
     Chocky : Dans une famille tranquille de la middle class anglaise, le fils ainé, Matthew, se met à converser avec ce qui semble être un ami imaginaire, Chocky. D'abord indulgents, ses parents deviennent de plus en plus inquiets et désemparés. Ce qu'ils avaient commencé par interpréter comme une phase régressive transitoire semble s'éterniser, et de plus, les discussions de Matthew avec Chocky, les questions qu'elles l'amènent à poser, et les réalisations qu'elles lui permettent, rendent de moins en moins vraisemblable l'hypothèse de la pure invention. Comment réagir ?
     Dans les deux cas, il est question d'invasion, d'étrangers s'insérant subrepticement dans un lieu auxquels ils n'appartiennent pas — et pour quel sombre dessein ? Dans les deux cas, les vecteurs sont des enfants. On imagine sans peine le malaise que purent susciter ces histoires de cinquième colonne dans un monde en pleine Guerre froide, et ces atteintes aux enfants du baby-boom — les premiers dans l'Histoire à être parés de toutes les qualités, à commencer par l'innocence...
     Leurs tenants et aboutissants éloignent ces deux histoires, leur base contextuelle les rapproche.
     Ce qui leur est commun aussi, c'est la manière dont Wyndham les traite. Il y a quelque chose dans ces deux romans d'un bon épisode de Twilight Zone. L'incursion inexplicable d'une réalité autre dans notre univers prosaïque intrigue ceux qui la vivent avant de leur imposer de la prendre en compte, ce qu'ils font de la seule manière civilisée qu'ils connaissent.
     Tolkien a dit un jour que ses hobbits étaient les Anglais paisibles de la campagne. C'est de ces mêmes Anglais que parle Wyndham. Face à l'extraordinaire, des gens ordinaires, dans un lieu qui ne l'est pas moins, doivent s'adapter et réagir, si possible. Ils le font, parfois difficilement, en tentant de préserver au maximum ce qui fait leur mode de vie habituel. L'inconnu est traité dans les deux histoires avec un flegme typiquement britannique et une volonté affichée de préserver décence, discrétion, et dignité.
     Si Le Village des damnés pose explicitement la passionnante question des mesures que doit prendre une civilisation pour survivre, s'interrogeant sur le conflit entre rationalité machiavélienne et morale judéo-chrétienne (Wyndham y répond comme il le faisait dans Le jour des triffides), Chocky creuse plutôt la notion de vérité, et les accommodements qu'on doit faire avec celle-ci quand trop de transparence serait néfaste. Dans les deux histoires en tout cas, Wyndham montre qu'il est difficile d'accepter une vérité qui dérange, et comment déni et délusion sont souvent préférés.
     Divertissantes, intelligentes, reposantes pour le lecteur, ces deux histoires méritent qu'on leur accorde de l'attention. Elles offrent un vrai bon moment d'é(in)vasion.
     A noter : Le Village des damnés a été adapté au cinéma en 1960 et 1995. Chocky l'a été en série télé en 1984.
     A noter aussi : écrits avant le féminisme, ces deux romans portent les préjugés de leur époque, notamment sur la psychologie des femmes et leur rapport aux enfants. Drôle.
     A noter enfin : Wyndham semble s'intéresser beaucoup à l'origine, innée ou acquise, de l'instinct maternel. On ne peut que lui conseiller L'Amour en plus, d'Elisabeth Badinter.

Éric JENTILE
Première parution : 1/7/2013 dans Bifrost 71
Mise en ligne le : 2/4/2018


 

Dans la nooSFere : 60701 livres, 54792 photos de couvertures, 54602 quatrièmes.
7936 critiques, 32903 intervenant·e·s, 1126 photographies, 3638 Adaptations.
 
Écrire aux webmestres       © nooSFere, 1999-2018. Tous droits réservés.

NooSFere est une encyclopédie et une base de données bibliographique.
Nous ne sommes ni libraire ni éditeur, nous ne vendons pas de livres.
Vie privée et cookies