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Continent perdu

Norman SPINRAD

Titre original : Lost Continent, 1970

Traduction de Nathalie DUDON
Illustration de Xavier SEBILLOTTE

Le PASSAGER CLANDESTIN , coll. Dyschroniques n° (7)
Dépôt légal : 4ème trimestre 2013
128 pages, catégorie / prix : 7 €
ISBN : 978-2-916952-98-7
Format : 11,0 x 17,0 cm  
Genre : Science-Fiction

     [texte de présentation du livre sur le site de l'éditeur]

     États-Unis, XXIIe siècle. 200 ans après « La grande panique », l’Amérique n’est plus que l’ombre d’elle-même. La nation qui avait mené l’homme sur la lune est aujourd’hui un pays sous-développé livré à l’industrie touristique. Les immenses mégalopoles, qui symbolisaient autrefois la grandeur et la puissance du pays, ne sont plus que ruines livrées à une pollution mortelle. Mike Ryan, guide et pilote indigène, s’apprête à mener son groupe de touristes – des représentants de l’élite africaine – dans ce qu’il reste de New York.
     Publiée aux États-Unis en 1970 dans le recueil Science Against Man (« La science contre l’homme »), cette nouvelle s’enracine profondément dans l’Amérique de l’époque – celle de la conquête lunaire, du mouvement des droits civiques, de la guerre du Vietnam... – et offre un renversement de situation dont seule la science-fiction semble capable. Pourtant, 40 ans plus tard, alors que le monde occidental vit une crise économique sans précédent, que les États-Unis voient leur hégémonie fortement contestée, notamment par la Chine, et que le pays est devenu de très loin le premier producteur de CO2 par habitant de la planète, la réalité semble en passe de rejoindre le scénario de Norman Spinrad.



Autres éditions
   in Futur année zéro, CASTERMAN, 1975
   in Le Livre d'Or de la science-fiction : Norman Spinrad, POCKET, 1978

    Quatrième de couverture    
     En 1970, Norman Spinrad imagine un voyage dans les abîmes de la civilisation américaine défunte.
 
    Critiques    

            En réaction aux dérives autocratiques de son époque, Jean-Jacques Rousseau (1712-1778), propose dans sa philosophie que l’homme touche au bonheur en retrouvant « l’état de nature » de ses lointains ancêtres, car « ses premiers mouvements [ceux de la nature] sont toujours droits ». Un peu plus tard, dans Walden ou la vie dans les bois, l’Américain Henry David Thoreau (1817-1862) explore sa « révolte solitaire » en s’éloignant de la société du milieu du XIXe siècle, esclavagiste, et en s’installant donc dans « des bois ». Nous avons peut-être là les racines de la pensée écologique (si tant est qu’une telle pensée existe, ce dont on peut douter, tant il y a de courants dans l’écologie contemporaine, qui va du terrorisme mâtiné de deep ecology jusqu’aux partisans d’un nucléaire maîtrisé, surveillé, mais absolument nécessaire au progrès social).

            En 1955, Marion Zimmer Bradley écrit le texte anti-écologique parfait (façon de parler), « La Vague montante », dans lequel des centaines d’années après le premier voyage interstellaire, l’humanité a régressé et vit en petites communautés agricoles (genre Amish, le poids religieux en moins). Une description frontale d’une Terre maoïste ayant totalement renoncé à l’industrie légère (les deux jambes du maoïsme sont la paysannerie et l’industrie légère), et au confort moderne qui va de pair. N’y allons pas par quatre chemins : aujourd’hui, à cause de sa naïveté politique, naïveté qui ne frôle pas l’idiotie mais se roule dedans, « La Vague montante » est un texte ridicule et, pour tout arranger, farci de détails techniques obsolètes qui amplifient son côté daté. Rien n’y tient debout, que ce soit l’intrigue, les personnages ou le monde décrit. Quant au style, c’est simple, il n’y en a aucun. Certains textes de Clifford D. Simak, dans la même veine, ont beaucoup mieux résisté au travail de sape du temps (et c’est sans doute ce qui sépare un grand écrivain d’un auteur médiocre). Texte probablement marquant en 1955, « La Vague montante » a quand même une qualité : nous montrer à quel point notre regard sur la problématique environnementale a changé en un peu plus d’un demi-siècle. Remontez le temps plus en amont, lisez plutôt Walden ou la vie dans les bois ou La Désobéissance civile de Thoreau.

            On reste un peu dans la même veine « écologique » avec « Continent perdu » de Norman Spinrad, une novella de 1970 où de riches Africains viennent visiter les ruines des USA et notamment le métro de New York dans lequel on trouve encore, en état de marche, des machines à bonheur. « Continent perdu » a un peu le même défaut que Rêve de fer, les meilleures blagues sont les plus courtes, et une fois le postulat de départ énoncé, le texte patine un peu dans la semoule, mais il est si bien écrit (à défaut d’être bien rythmé) qu’on l’avale d’une traite avec un vrai plaisir. Paradis artificiels, racisme, pollution, devenir des sociétés modernes, ici celle de l’âge de l’espace, « Continent perdu » est un texte malin, riche et ambitieux. À l’exception de sa « machine à bonheur » très datée années 70, il aurait pu être écrit de nos jours. Une fois de plus, Norman Spinrad nous séduit par son espièglerie et son sens de la provocation « payante ».

            Avec ses livres-objets agréables à lire, son choix de textes très divers, la collection « Dyschroniques » est une jolie entreprise à soutenir.


Thomas DAY
Première parution : 1/1/2014 dans Bifrost 73
Mise en ligne le : 21/4/2019


 
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