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Les Nefs de Pangée

Christian CHAVASSIEUX



Illustration de John MARTIN

MNÉMOS , coll. Dédales n° (41)
Dépôt légal : août 2015
Roman, 496 pages, catégorie / prix : 23 €
ISBN : 978-2-35408-327-4   
Genre : Fantasy



    Quatrième de couverture    
« Une flambée d’émotions, un récit de batailles, d’aventures et de perdition,
une véritable fantasy opéra. »

Pangée, terre immense au milieu de l’océan unique, continent de terre sèche et d’embruns où vit le peuple de Ghiom, dont l’histoire, en ce jour de la dixième chasse à l’Odalim, bascule.

Les Grands de Pangée ont parlé : le monstre marin doit mourir. Pour la paix. Pour l’ordre. Pour la promesse d’une nouvelle ère faste à venir, dans ce monde rongé par les mésalliances et les guerres fratricides.

Pourtant, quand les Nefs s’engagent sur l’Océan, une seule question demeure : si la traque échoue, si l’Odalim survit, si l’union faillit, les enfants de Pangée se dévoreront-ils ? Cette dixième chasse ne serait-elle alors qu’un chant du cygne ?

Récit de guerre, légende, chronique d’un peuple, Les Nefs de Pangée traversent les genres et emportent avec elles le goût des explorations, des combats et des drames à grande échelle. Avec sa plume vive et sensuelle, dans des décors aux dimensions hallucinantes, Christian Chavassieux nous propose un lyrisme nouveau et un voyage, sur terre et sur mer, à la dimension d’une fantasy opéra.

    Prix obtenus    
Prix Planète-SF des Blogueurs, [sans catégorie], 2016
 
    Critiques    
          Dans un futur lointain, les continents terrestres ont suffisamment bougé pour reformer la Pangée, le continent géant des origines, entouré d’un gigantesque océan, l’Unique. Cette terre est habitée par un peuple peu évolué, les Ghioms, dont la principale compétence est la construction d’immenses bateaux pour chasser tous les cycles (environ 25 ans) un monstre marin colossal, l’Odalim, et accessoirement exterminer les Flottants, un peuple lacustre menaçant. Mais la dernière chasse a échoué et les dirigeants de Basal, la plus grande ville de Pangée, décident de bâtir une flotte énorme pour la prochaine chasse afin de garantir le résultat.

          Deux ans après un premier roman de science-fiction chez Mnémos (Mausolée) qui développait une intrigue intimiste dans le futur proche, Christian Chavassieux nous revient chez le même éditeur après un détour par le roman historique (l’excellent Affaire des vivants aux éditions Phébus). Cette fois, il nous emmène loin, très loin, sur une Terre n’ayant que peu de points communs avec la notre. Sur cette Pangée à l’allure baroque, l’auteur nous décrit minutieusement les préparatifs de cette dixième chasse, préparant un récit d’aventures épique. Mais, petit à petit, il introduit de nouveaux éléments, politiques et religieux, ou en omet certains pour se permettre de modifier radicalement le cours de l’histoire en chemin. Après un début somme toute tranquille voire longuet pour les lecteurs les plus impatients, Chavassieux déroule des pages magnifiques, alternant des scènes d’actions brutales avec des moments plus réfléchis, rapprochant ces personnages lointains du lecteur, renouant avec les thèmes éternels de la lutte pour le pouvoir, de la guerre et de la paix. On ne s’étonnera pas que dans les remerciements l’écrivain cite Flaubert, Hugo ou Melville : il s’inscrit dans leur lignée, n’hésitant pas à passer de l’épopée flamboyante aux relations sociales et personnelles sans que cela ne dénote.

          Les nefs de Pangée confirme tout le bien que l’on pensait de Christian Chavassieux. A l’aise dans tous les domaines, il emprunte les codes de la fantasy et du roman d’aventure pour en faire autre chose, une fresque d’un mythe futur, bruyant et barbare, soutenue par une écriture belle et riche.


René-Marc DOLHEN
Première parution : 13/9/2015 nooSFere


                Même si l’œuvre de Christian Chavassieux entretient des rapports avec l’Imaginaire depuis longtemps (Le Baiser de la nourrice), il s’était fait remarquer des lecteurs du genre avec le très bon Mausolées (Mnémos – critique par Éric Jentile dans le Bifrost n° 73), qui oscillait entre atmosphère kafkaïenne et anticipation politique. Le voici de retour avec Les Nefs de Pangée, ambitieux pavé de fantasy.

                Le Pangée du titre, c’est bien ce continent unique que nous connaissons, mais peuplé de gheém aux femelles ayant besoin, pour procréer, de plusieurs mâles afin que chacun façonne une facette de la personnalité du futur enfant. Mais surtout, le peuple de Ghiom tente depuis des lustres de vaincre l’Odalim, cette créature mythique qui vit dans le gigantesque océan ceignant Pangée, victoire qui permettrait de garantir la prospérité du continent. Aussi, quand la neuvième chasse revient non seulement bredouille, mais en grande partie anéantie par le monstre marin, le mot d’ordre est donné : la dixième sera la plus grande expédition jamais tentée, avec un nombre énorme de nefs en provenance de toutes les parties de Pangée…

                Ce qui frappe dès les premières pages, c’est la langue de Chavassieux (dont on apprendra sans réelle surprise qu’il est également poète). Précise, puissante, envoûtante, elle sert au mieux le propos de l’auteur. Car tout le livre est centré autour de la légende et de la mythologie : pas simplement leur existence en tant que telle, mais aussi les mécanismes qui vont présider à leur création. Dès lors, le roman dépasse le stade de « simple » roman d’aventure pour acquérir une envergure autrement plus intéressante, sans pour autant jamais renier ce prime aspect : en témoignent quelques scènes dantesques de combat maritime entre créature gigantesque et flotte monumentale. L’auteur déroule ainsi la légende sous nos yeux, mais aussi ceux d’Hammassi, jeune femme chargée d’accompagner la chasse pour en décrire les aspects, historienne à qui il est également demandé d’embellir les faits à destination des générations futures. Un personnage important, certes, mais comme tant d’autres au sein d’une distribution proprement impressionnante – sans que Chavassieux n’en néglige aucun : un tour de force.

                Roman héroïque, Les Nefs de Pangée n’oublie pas non plus les intrigues de cour à mesure que les représentants des différentes régions tentent de pousser leur pion sur l’échiquier politique. Certains joueront d’ailleurs leur carte personnelle, pressentant que cette dixième chasse va marquer le monde qu’ils connaissent. Ils n’auront pas tort, car aux deux tiers le roman change radicalement d’orientation, une bascule qui, quand bien même l’auteur a pris soin de semer çà et là les germes de ce qui advient (et trouve un étrange écho dans l’actualité de notre propre année 2015), apparaît un peu trop brutale. Constat assez rare dans le cas d’un livre pesant déjà cinq cents pages bien tassées, mais on aurait aimé que Chavassieux consacre un peu plus de temps à préparer ce dernier tiers.

                Roman épique, mais aussi politique, chronique d’un monde en changement, Les Nefs de Pangée confirme de manière éclatante le talent de Christian Chavassieux.


Bruno PARA (lui écrire)
Première parution : 1/1/2016 dans Bifrost 81
Mise en ligne le : 25/10/2020


 
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