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À la rescousse

Edmond HAMILTON

Titre original : Calling Captain Future, 1940
Première parution : Captain Future, printemps 1940
Cycle : Capitaine Futur  vol. 2 

Traduction de Pierre-Paul DURASTANTI
Illustration de Philippe GADY

BÉLIAL' , coll. Pulps
Achevé d'imprimer : mars 2017
Première édition
Roman, 240 pages, catégorie / prix : 15,90 €
ISBN : 978-2-84344-917-8
Format : 13,0 x 20,0 cm
Genre : Science-Fiction

Pas de DL ("à parution").



Ressources externes sur cette œuvre : quarante-deux.org
Ressources externes sur cette édition de l'œuvre : quarante-deux.org

Quatrième de couverture
Il y a Simon Wright, dit le Cerveau, ce qu’il est, littéralement, et dans un bocal de sérum : un scientifique exceptionnel. Et puis Grag, la montagne de fer indestructible dotée d’outils intégrés étonnants. Sans oublier Otho, l’androïde synthétique, spécialiste du combat rapproché, de l’infiltration et du camouflage. Ils sont les Futuristes, la plus stupéfiante association qui puisse s’imaginer. Et enfin il y a celui qu’ils ont élevé, celui qu’ils ont juré de protéger, celui qui est devenu leur leader : Curt Newton, le géant roux, le sorcier de la science doté d’un esprit hors normes, infatigable justicier connu des peuples du Système sous le nom de capitaine Futur.
Tous quatre veillent sur les neuf mondes et au-delà, attentifs, depuis leur base lunaire à l’emplacement secret.
Or l’infâme Dr Zarro ourdit un plan abominable afin d’asseoir son pouvoir sur l’ensemble des mondes connus, un stratagème à l’échelle du Système solaire relayé par sa Légion de l’apocalypse. Une mission pour le Capitaine Futur, en somme, qui pourrait bien le conduire jusqu’aux terribles plaines glacées de Pluton et leurs Montagnes qui marchent...
 
Figure centrale de l’Âge d’or de la science-fiction américaine, scénariste de quantité de comics, dont Superman et Batman, Edmond Hamilton (1904-1977) est considéré comme l’un des inventeurs du space opera. Avec la série du Capitaine Futur, développée entre 1940 et 1951, traduite dans le monde entier mais plus connue en francophonie sous le nom de Capitaine Flam suite à son adaptation en dessin animé par la Tôei Animation dès 1978, il jette les bases d’une sous-culture populaire appelée à connaître un succès planétaire sous ses incarnations cinématographiques modernes — Star Wars, Battlestar Galactica et autre Star Trek.
Critiques

[Critique commune de :

Note nooSFere]

 

    Plus de soixante-quinze ans après sa création, presque quarante ans après son adaptation en anime, il est enfin possible de lire en français dans le texte les aventures du capitaine Flam Futur, du moins pour l’instant les deux premières d’entre elles. Il était temps, on a failli s’impatienter…

    Si son adaptation japonaise a marqué toute une génération de téléspectateurs, le capitaine Flam Futur a connu une vie éditoriale somme toute assez brève, de 1940 à 1946, avant de faire une courte réapparition au tout début des années 50, le temps de quelques nouvelles. Néanmoins, durant cette période, ce sont pas moins de vingt romans qui paraîtront, dans son propre magazine puis dans les pages de Startling Stories, la plupart écrits par Edmond Hamilton.

    En France, on ne mesure sans doute pas assez l’importance de cet auteur, dont seule une petite partie de l’œuvre a été traduite, et notamment le rôle crucial qu’il a joué dans le développement du space opera aux États-Unis. On pourra s’en faire une petite idée en observant son évolution depuis Hors de l’Univers (1929), roman frénétique frôlant l’hystérie et empilant des scènes d’action de plus en plus spectaculaires, jusqu’aux Rois des Étoiles (1949), qui s’amuse de tous ces stéréotypes qu’il a participé à mettre en place, et enfin et surtout Les Loups des Étoiles (1967-68), œuvre majeure qui participe à la réinvention du genre, quarante ans après sa naissance.

    Les premières aventures du capitaine Flam Futur sont plutôt à ranger dans la première catégorie, à la fois dans la manière dont les péripéties s’enchaînent, dans l’absence de second degré dans le traitement des personnages et dans l’écriture. Edmond Hamilton ne recule devant aucun superlatif lorsqu’il s’agit de décrire son héros, « l’aventurier légendaire aux poings véloces, au sourire ravageur et au savoir illimité » (À la Rescousse, p. 205). Le personnage apparaît comme le produit d’une autre époque, ne serait-ce que par ses origines : orphelin dès son plus jeune âge, après le meurtre de ses parents, il est élevé sur la Lune par ceux qui deviendraient plus tard ses assistants : le robot Grag, l’androïde Otho, et le professeur Simon Wright, un scientifique dont seul le cerveau subsiste, maintenu en vie dans un cube translucide. De nos jours, l’idée qu’un environnement à ce point déshumanisé ait pu donner naissance au plus grand défenseur de l’humanité laisse pour le moins perplexe… On retrouve chez Hamilton comme chez nombre de ses contemporains une foi en la science qui, de fait, constitue l’un des enjeux principaux de ces récits. Car les premiers ennemis du capitaine Flam Futur, ce sont les « criminels qui [désirent] utiliser les bienfaits de la science à de tristes fins (…) qui voudraient pervertir la science pour nourrir leurs sinistres ambitions. » (L’Empereur de l’espace, p.33). Dans ces premières aventures, l’un se fait appeler l’Empereur de l’espace et utilise une technologie inconnue pour faire régresser ses adversaires à un stade primitif de l’évolution  ; l’autre se nomme le Docteur Zarro et demande qu’on lui confie les pleins pouvoirs afin d’empêcher qu’une étoile noire ne détruise le système solaire. Découvrir la véritable identité de ces individus constitue un autre enjeu, plus anecdotique, de ces histoires, qui pour l’occasion empruntent au roman de détection certaines de ses techniques.

    On sourit beaucoup à la lecture des aventures du capitaine Flam Futur. D’abord parce qu’Edmond Hamilton propose régulièrement quelques séquences humoristiques, notamment lors des sempiternelles bisbilles opposant Grag à Otho, puis dès le second tome lorsqu’il introduit Ik, le chiot de lune, bestiole ayant la fâcheuse habitude de boulotter tout métal qui lui passe à portée de canines. Mais c’est surtout par sa candeur, sa sincérité jusqu’à l’excès, sa succession de dangers plus mortels les uns que les autres dont nos héros échappent systématiquement indemnes, que ces romans distillent au fil des pages une bonne humeur assez irrésistible. On aura dû attendre soixante-quinze ans, mais ça valait le coup.

Philippe BOULIER
Première parution : 1/7/2017 dans Bifrost 87
Mise en ligne le : 8/1/2023

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